Aide au développement: qui aide qui au nom de quoi?

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Le Nord est-il généreux avec Le Sud ? Les montants de l’Aide publique au développement tendent à montrer une évolution positive mais l’aide n’est pas l’unique canal de relations entre pays « riches » et pays « pauvres ».

Les relations internationales sont multiples et complexes. Au quotidien, que ce soit par la presse, au détour de conversations ou de réflexions captées dans la rue, on peut rapidement se sentir dépassé par les analyses, déclarations ou autres informations chaudes de l’actualité. Les nouvelles sont souvent mauvaises, voire déprimantes. Dans nos médias, la présence des pays les plus pauvres, de ce « Sud » laissé pour compte du développement, s’apparente alors souvent à une longue énumération de maux tous plus alarmants les uns que les autres. Famines, guerres, révoltes et « yeux mouillés », l’image du monde dit en développement est souvent celle d’un gouffre qui se situe au Sud de la planète, et dans lequel peu d’avancées arrivent à combler le retard accumulé. Une telle vision, négative et caricaturale, serait risible si elle n’était si proche du ressenti des spectateurs occidentaux que nous sommes.

Pour 2 euros de financements allant du Nord vers le Sud, ce sont 3 euros qui remontent du Sud vers le Nord

Dès lors, lorsque le club des pays les plus riches, appelés pour l’occasion « pays donneurs » sort son bilan annuel, tous les commentaires se concentrent sur ces efforts de solidarité qui sont rendus encore plus difficiles en temps de crise. En 2010, les montants globaux de ce que l’on appelle l’aide publique au développement (APD) étaient à un niveau historique : 128,7 milliards de dollars. Cela représente 0,49% des richesses crées dans ces pays. Une première réaction peut être de dire que la solidarité n’est pas dans de si mauvais jours. En effet, un pays comme la Belgique est arrivé à « débloquer » quelque 3 milliards de dollars, 0,64% de son revenu national brut.

DONNEURS ET RECEVEURS

La notion d’APD fut adoptée en 1969 par les pays membres de l’OCDE, au sein de leur Comité d’aide au développement (CAD). Depuis lors, un ensemble d’instruments sont utilisés pour récolter, analyser et classifier les montants d’APD, selon les « pays bénéficiaires » et les « donateurs ». L’OCDE fixe ainsi la liste de « tous les pays et territoires éligibles à l’APD. Il s’agit de tous les pays à revenu faible ou intermédiaire à l’exclusion des membres du G8, de l’Union européenne, et de ceux dont la date d’entrée dans l’UE est fixée ». Ils sont 148. Les pays qui attribuent des financements visant à « favoriser le développement économique et l’amélioration du niveau de vie des pays en développement » sont repris dans la catégorie des donateurs, appelés depuis peu donneurs.

DES RELATIONS NORD-SUD « MULTIPLES »

Toutefois, si l’on revient un instant aux fondamentaux de ce principe de solidarité internationale pour le développement, on reste encore loin des comptes. Dans certaines situations, le tableau s’est même assombri. Il faut relativiser l’idée d’effort auquel ces pays se sont engagés depuis les années ‘60 en vue d’en finir avec la pauvreté dans le monde. En effet, l’aide n’est pas l’unique canal de relations entre pays « riches » et « pauvres ». Diplomatie et géopolitique, intérêts économiques entrent aussi en ligne de compte. Si la plupart des services en charge de la coopération au développement se retrouvent d’ailleurs logés dans les ministères des Affaires étrangères, les ministères de l’Economie et des Finances ont aussi une implication dans la gestion d’une partie de l’aide, qui est fournie sous forme de prêts ou de dons aux pays en développement. La complexité de ces « relations multiples » est d’ailleurs particulièrement bien illustrée lorsqu’on l’aborde sous les aspects économiques.

Si l’on considère l’ensemble des flux financiers qui circulent entre le « Nord » et le « Sud », in fine, pour deux euros allant du Nord vers le Sud, ce sont trois euros qui « remontent » du Sud vers le Nord. Il ne faut donc pas négliger les autres flux : les prêts, les transferts des migrants, les investissements directs étrangers (IDE) du Nord vers le Sud, mais aussi les placements illicites, le remboursement de dettes (et des intérêts), le rapatriement des profits des entreprises multinationales du Sud vers le Nord. L’APD n’est donc qu’une carte parmi d’autres, jouée avec stratégie avec une sélection de « partenaires officiels ».

UNE HISTOIRE DE CLASSIFICATIONS

Depuis ses débuts, la coopération au développement, telle qu’on la connaît aujourd’hui, s’est faite au nom de principes et valeurs fortes. L’éradication de la pauvreté ou sa diminution, la lutte contre la faim dans le monde, et bien d’autres raisons pour mobiliser la solidarité des pays riches envers « les plus démunis » de la planète. Depuis les années 1960, les interventions des États ou des acteurs non-gouvernementaux se sont construites sur une série d’engagements forts, souvent contraignants relatifs aux droits humains fondamentaux. Une nouvelle sorte d’accords internationaux est née dans la foulée de la Déclaration universelle des droits de l’homme par une communauté internationale sortie de deux guerres mondiales et ayant assisté à l’accession à l’indépendance de la plupart des États dans le monde. La plupart de ces politiques de coopération au développement se dotent d’une stratégie ou de cadres qui en fixent les objectifs principaux, et permettent ensuite de cibler des pays bénéficiaires potentiels. Partant souvent du principe de concentrer les moyens dans un nombre limité de programmes de coopération, la sélection des partenaires à soutenir relève typiquement d’arbitrages internes à chaque pays, à des choix politiques revenant à chaque gouvernement. Dégager des règles ou des normes en la matière s’avère donc hasardeux.

Ainsi, lorsque la Belgique décide de « concentrer » son APD sur 18 pays partenaires en 2004, cela va certainement dans le sens d’une amélioration de son efficacité. Moins de partenaires, c’est une certaine façon d’augmenter les « petits moyens » du petit pays, pour les programmes soutenus. Toutefois l’exercice ne résiste pas à la règle des intérêts multiples. On retrouve ainsi un poids proportionnel élevé des trois pays d’Afrique centrale dans le portefeuille : près d’1/3 des budgets sont ainsi destinés à 1/6 des partenaires. Choisir d’établir une relation de partenariat avec un pays en développement se révèle un subtil équilibrage entre l’engagement et la défense de principes d’une part et la poursuite ou l’entretien d’intérêts d’autre part. Sachant que la première destination des exportations de la République démocratique du Congo est longtemps restée l’Union européenne (30%), avec la Belgique en tête (13,7%), et que par ailleurs ces mêmes « partenaires » sont les principales origines des importations de la RDC après l’Afrique et l’Afrique du Sud en particulier (30% en provenance de l’UE et 10,4% en provenance de la Belgique), il est évident que le dialogue sur la coopération entre les deux pays dépasse le seul enjeu du montant annuel d’APD .

LES OBJECTIFS VARIÉS DE L’AIDE

Lorsqu’il existe une loi pour encadrer les interventions de la coopération au développement, c’est souvent le lieu où l’on retrouve la définition de ces principes de solidarité internationale qui animent le donateur, même si ce n’est pas le cas pour tous les pays. La Belgique par exemple a une loi sur la coopération au développement depuis mai 1999.

La réduction de la pauvreté est l’objectif le plus souvent cité et repris dans les stratégies officielles. Mais cet objectif se décline dans divers vocables et agendas. Le plus récent consensus au niveau de la communauté internationale se base sur la Déclaration du Millénaire des Nations Unies (2000) qui établit 8 objectifs à atteindre à l’horizon 2015 et 18 indicateurs concrets. Mais chaque pays reste maître de ses priorités politiques et on retrouve des objectifs variés selon les gouvernements aux commandes. Cette diversité des objectifs est bien illustrée dans le cas de la Chine, par exemple, qui n’intervient pas au nom des Objectifs du millénaire pour le développement, qu’elle juge « paternaliste et assistancialiste, mais plutôt au nom d’une solidarité Sud-Sud, gagnant-gagnant ».

La limite est ténue pour passer d’une situation de donneur à celle de receveur sur l’échiquier international

Il arrive que la coopération prenne la forme d’« actions réalisées dans leur ensemble par les acteurs publics et privés entre des pays ayant un niveau de revenus différent, afin de promouvoir le progrès économique et social.  » (Espagne), ou encore visant à remplir « l’exigence de garantir le respect de la dignité humaine à tous les habitants de la planète et d’assurer la croissance économique de tous les peuples en améliorant l’interdépendance mondiale moyennant l’élargissement des marchés. » (Italie)

Partant de ces quasi « impératifs moraux », les pays riches interviennent alors dans les politiques internes de pays pauvres, sous la forme de leur APD.

Dans le jeu global de « qui aide qui ? », un pays comme le Brésil se retrouve ainsi d’une part dans la liste des bénéficiaires, catégorie « revenus intermédiaires tranche supérieure », avec 364,46 millions de dollars d’APD reçus en 2009 et, d’autre part, donneur d’APD pour un montant de 65 millions de dollars de programmes prévus pour 2010 par l’Agence brésilienne de coopération (ABC) dans 37 pays africains. La Thaïlande se trouve également dans cette dualité donneur-receveur.

On le voit, la limite est ténue pour passer d’une situation de donneur à celle de receveur sur l’échiquier international. Il faut donc bien reconnaître que nous sommes véritablement face à des choix de classification lorsque l’on parle d’aide au développement. Et cela d’autant plus lorsque l’on considère l’ensemble des flux financiers qui font basculer ce rapport de « dons » Nord-Sud en une relation de « ponction » Sud-Nord. Plus que la défense d’une enveloppe de l’aide remplie qui aille du Nord vers le Sud, le véritable combat de la solidarité internationale doit se concentrer sur un rééquilibrage dans la répartition des richesses qui s’accumulent du Sud vers le Nord.


L’AIDE AU DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE N’EST PAS LA SOLUTION, MAIS LA CAUSE DE LA MISÈRE

__De plus en plus d’économistes, de journalistes et même d’anciens coopérants disent que l’aide au développement en Afrique n’est pas la solution, mais la cause de la misère qui règne actuellement. L’un des premiers qui a osé prendre cette position quelque peu audacieuse est Dambisa Moyo. Cette Zimbabwéenne d’origine qui a étudié l’économie à Londres a publié son livre « Stop with development aid » en 2008.__

 

D’une manière claire et pragmatique, Dambisa s’appuie sur divers faits pour expliquer pourquoi l’aide au développement n’a pas contribué à résoudre la pauvreté et la famine et a même aggravé la situation en Afrique. Au cours des 70 dernières années, environ un billion de dollars (1 000 000 000 000 000 000) a été donné à l’Afrique et le résultat est choquant.

En 1970, 10% de l’Afrique vivait dans la pauvreté, aujourd’hui la moyenne est de 70% et dans certains pays, ce chiffre est plus élevé.

Qu’est-ce qui ne va pas et pourquoi l’aide au développement telle que nous la connaissons n’est-elle pas la solution?

L’Occident détermine à tort ce qui est bon pour les pays pauvres

Dambisa n’est pas seule dans sa position. Maliha Chishti est chargée de cours et chercheuse à l’Institut Pearson pour l’étude et la résolution des conflits mondiaux. Elle se met en colère publiquement pendant les représentations et les publications sur les Occidentaux qui mettent en place des politiques injustifiées et erronées et qui s’en tirent constamment à bon compte.

Au cours d’un projet en Afghanistan, elle a demandé aux femmes locales ce dont elles avaient le plus besoin. Après une enquête menée auprès de plus de 500 femmes, il est apparu que les soins médicaux étaient le premier besoin. Elle a ensuite présenté un plan pour les postes de médecins mobiles, en veillant à ce que cela soit possible avec un budget modeste.

Les commentaires polis qu’elle a reçus sur son plan étaient qu’elle devait soumettre à nouveau sa proposition. Le budget pourrait être au moins deux fois plus élevé, mais le prochain plan doit comporter une composante droits de l’homme. Elle a soumis ce plan et s’est vu allouer le budget.

Une fois de retour en Afghanistan pour le déploiement, il s’est avéré que toutes les autres ONG faisaient exactement la même chose. Personne n’avait reçu de budget pour le faire, ce qui a été demandé à la population locale. Ils n’ont reçu de l’argent que lorsqu’ils ont repris la politique des réalisateurs de marionnettes occidentales.

Les erreurs de politique ne se produisent pas seulement à grande échelle, mais aussi à petite échelle. Les Pays-Bas sont un pays avec des vaches très productives. C’est pourquoi, il y a des années, une ONG néerlandaise a décidé de faire don d’un certain nombre de vaches néerlandaises à une communauté indienne.

La communauté était très reconnaissante envers l’ONG et a décidé de prendre soin des vaches. C’est pourquoi ils ont pris toutes leurs filles à l’école pour s’occuper des vaches. Il y a maintenant toute une génération de jeunes femmes non qualifiées au sein de cette communauté indienne, parce qu’elles n’ont pas eu ce qu’elles voulaient, mais ce que l’ONG trouvait bon.

Masako Yonekawa a fait du travail de développement au Congo. Les réfugiés qu’il y accueillit dormaient dans des cabanes simples et simples, dont le toit se composait de branches. Il a décidé de fournir de grandes voiles en plastique pour rendre les huttes à l’épreuve du vent et de la pluie. Le lendemain, toute la bâche en plastique a été volée par les rebelles et la communauté a supplié de ne plus demander d’aide de peur d’être à nouveau attaquée.

Quatre formes d’aide au développement

Il existe quatre formes d’aide au développement, à savoir : Économique, humanitaire, réforme et infrastructure. Ce sur quoi les opposants à l’aide au développement actuelle en Afrique s’entendent, c’est la résistance à l’aide au développement de gouvernement à gouvernement. Il s’agit là des immenses sommes d’argent qu’un pays donne à un autre.

Ils ne s’opposent pas aux dons privés ou aux dons des églises, par exemple, pour permettre à une jeune femme ou à un jeune homme d’aller à l’école. Ils ne sont pas non plus opposés à l’aide d’urgence. Il s’agit d’une aide destinée à la croissance et au développement, mais qui s’est avérée ne pas y contribuer.

Si on donne de l’argent à un enfant pour qu’il aille à l’école et qu’une fois qu’il l’a terminé avec succès, mais qu’il ne trouve pas d’emploi parce que le pays n’a pas du tout connu la croissance, il faut se demander ce qui ne va pas.

Le tableau de bord de l’aide au développement actuelle, en particulier en Afrique, ne survivrait pas. Si cela devait se produire dans le monde des affaires, les têtes tourneraient. Rien ne semble fonctionner, et pourtant tout a été essayé.

Thèmes de l’aide au développement au cours des 70 dernières années

Dans les années 60, le thème principal de l’aide au développement était l’infrastructure. Dans les années 1970, il s’agissait de la réduction de la pauvreté et dans les années 1980, de la stabilisation et de la participation du secteur privé. Dans les années 1990, l’accent était mis sur la démocratie et les gouvernements, et à partir de l’an 2000, il ne semblait plus y avoir de politique du tout.

Les dirigeants des pays pauvres n’assument pas la responsabilité de leur peuple

Un problème majeur qui explique pourquoi l’aide au développement ne fonctionne pas est, selon beaucoup, qu’elle encourage la corruption. L’argent libre rend les bons leaders mauvais et les mauvais leaders pires. En outre, les dirigeants se préoccupent davantage du programme de leurs donateurs que de celui de leur peuple.

Abhishek Parajuli a fait une enquête au Népal. Il a demandé à deux groupes de lire un article de journal presque identique. L’article portait sur la corruption, mais dans un article, la corruption portait sur l’argent provenant de l’aide au développement et dans l’autre, sur l’argent des contribuables.

En demandant à quel point les gens étaient en colère à ce sujet et combien de temps l’agresseur doit aller en prison, il est devenu très clair qu’il était bien pire de voler l’argent des contribuables.

La corruption de Jacob Zuma

Jacob Zuma était le président de l’Afrique du Sud. Quand il a fait construire son domaine, des dizaines de millions ont été dépensés en sécurité spéciale. Cet argent provient en partie de l’aide au développement. L’or libre, comme on l’appelait parfois.

Lorsqu’au cours de l’inspection, il est apparu que des millions du budget de sécurité avaient été utilisés pour la construction d’une piscine spacieuse et luxueuse, Zuma a pu dire sans rougir que ce n’était pas une piscine, mais un objet anti-incendie.

Nous nous soucions le plus de ce que nous avons gagné

L’argent gratuit a moins de valeur pour l’humanité que l’argent pour lequel nous avons dû travailler dur. Selon le chercheur Abhishek Parajuli, l’aide agit contre la nature humaine. Les gens se soucient le plus des choses pour lesquelles ils ont dû payer.

Dans une autre enquête auprès des travailleurs d’usine qui assemblent des calculatrices, un groupe s’est vu promettre 80 $ s’ils atteignaient un certain niveau de rendement. Le deuxième groupe recevait 80 $ à l’avance, mais on lui enlevait cette somme s’il ne gardait pas le spectacle. Le groupe qui a eu la chance de perdre ses 80 $ travaillait beaucoup plus fort.

Le modèle de profit pour l’Occident dans l’aide au développement

Bien que l’aide au développement soit de l’argent gratuit pour ceux qui sont au pouvoir et qu’il n’y ait pas de réalisations, cela ne signifie pas que l’Occident n’en bénéficie pas. Pour chaque dollar d’aide au développement, dans le meilleur des cas, seulement 0,20 dollar arrive avec les personnes auxquelles il est destiné. C’est au mieux.

Pire encore, certains pays occidentaux obtiennent entre USD 7.00 et USD 10.00 en retour sous forme d’intérêts, de bénéfices, de commerce et plus encore. De plus, l’Ouest conclut des accords commerciaux rentables qui entravent le libre-échange de nombreux agriculteurs et entrepreneurs. La perte de revenus est si importante que de nombreux pays auraient pu être autosuffisants il y a longtemps avec cette fortune.

L’arrêt complet de l’aide publique au développement est-il la solution?

Selon M. Dambisa, la solution n’est pas d’arrêter immédiatement toute aide au développement. Elle plaide en faveur d’un plan quinquennal échelonné depuis 10 ans. Les seuls à en souffrir sont les dirigeants qui, dans le pire des cas, doivent renoncer à leur grand compte bancaire à Genève.

L’avantage d’arrêter l’aide au développement est que le leader doit passer son temps libre et travailler dur pour servir les gens qu’il représente.

D’autres victimes sont les nombreuses ONG qui vivent et grandissent grâce aux dons. Là aussi, Dambisa et beaucoup d’autres ne voient pas de problème. La plupart des ONG sont basées sur un modèle de patience. Comme si l’Afrique et ses habitants ne pouvaient rien faire eux-mêmes. Ils ne sont donc pas une solution, mais une cause du problème.

L’alternative à l’aide au développement en Afrique

En réduisant l’aide au développement à court terme telle que nous la connaissons aujourd’hui, les dirigeants d’aujourd’hui sont forcés de se tourner vers l’avenir. L’argent gratuit n’est plus une certitude et ils seront tenus responsables par leur peuple.

Voici quelques-unes des choses que les dirigeants de l’Afrique devront faire:

  • Apprendre à obtenir de bonnes notes financières
  • Apprendre à faire du pitch avec des investisseurs étrangers
  • Se concentrer sur le commerce avec d’autres pays
  • Embrasser la microfinance
  • Encourager l’esprit d’entreprise

Si nous fermons le robinet de l’argent, les dirigeants se rendront compte qu’il n’est pas évident d’obtenir un autre sac d’argent l’année prochaine. Ils apprendront que si on ne tient pas ses promesses, il n’y aura pas de progrès.

Pourquoi continuons-nous à faire ce que nous faisons?

Il y a un gros problème qui explique pourquoi nous « devons » continuer à faire ce que nous faisons dans le domaine de l’aide au développement, à savoir la notation financière des donateurs occidentaux. Tout l’argent emprunté doit être remboursé. L’accord actuel est souvent que tant que les intérêts sont payés, rien ne doit être remboursé.

Tant que les intérêts sont payés, le prêt conserve sa valeur. Si cela ne fonctionne pas, alors des prêts supplémentaires sont utilisés pour payer à nouveau les intérêts et le pays n’a pas à déprécier sa valeur. Si un pays fait (doit faire) cette dépréciation, alors la notation financière du pays diminue, avec toutes les conséquences que cela implique.

Le dictateur zimbabwéen Mugabe a déjà reçu plusieurs milliards d’euros d’aide au développement. Lorsqu’il a canalisé cela directement vers son compte privé « secret », l’Occident était bien sûr le diable. Mais lorsqu’il nous a dit qu’il n’avait pas l’intention de payer des intérêts, on lui a immédiatement versé de nouveau le même montant pour l’utiliser aux fins prévues et, par conséquent, pour s’acquitter de son obligation de payer des intérêts.

Conclusion: Si chaque pays cessait de donner plus de 100 billions au total et annulait sa dette, l’Afrique redeviendrait économiquement saine, mais un certain nombre de pays feraient faillite avec effet immédiat.

Par conséquent, il importe peu qu’après 80 ans de travail de développement, l’Afrique se trouve dans une situation économique et sociale pire que lorsque nous avons commencé avec elle. Nous savons que cela ne fonctionne pas, mais nous devons continuer à le faire parce que sinon, dans l’Occident riche, nous ne serons soudainement plus aussi riches.

 

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