Des centaines de manifestants ébranlés et fâchés au lendemain de la tuerie à Buffalo

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Le président Joe Biden se rendra à Buffalo mardi.

Sous le choc, les habitants de la ville de Buffalo, dans l’État de New York, ont rendu hommage dimanche aux 10 personnes tuées la veille dans un supermarché, dont une majorité d’Afro-Américains, par un homme blanc lors d’une fusillade à caractère raciste, décrite comme un acte de « terrorisme intérieur » par les autorités.

La foule, forte de quelques centaines de personnes en fin de matinée, s’est réunie sur le lieu du drame et a scandé le mot unité.

Une autre veillée a eu lieu dans une église où le maire de Buffalo, Byron Brown, s’est dit dévasté par cette attaque raciste et violente.

Certains d’entre nous sont très en colère ce matin, a lancé le pasteur T. Anthony Bronner.

De son côté, la procureure générale de New York, Letitia James, qui s’est rendue à Buffalo pour assister à la veillée, a qualifié ces actes de terrorisme intérieur, purement et simplement.

Dix personnes sont décédées et trois autres ont été blessées lors d’une tuerie survenue au supermarché Tops. Un jeune homme de 18 ans équipé d’une arme d’assaut et d’un gilet pare-balles a fait feu samedi après-midi avant d’entrer dans le commerce et d’y commettre un carnage, a rapporté la police.

Parmi les victimes, on compte onze personnes noires et deux blanches.

L’événement s’est produit dans le quartier majoritairement afro-américain de Buffalo, dans l’État de New York.

Des gens se recueillent dans une église.
Une autre veillée a eu lieu dans une église où le maire de Buffalo s’est adressé aux gens présents sur les lieux. PHOTO : ASSOCIATED PRESS / JOSHUA BESSEX

Le drame

Le tireur, identifié comme étant Payton Gendron, 18 ans, portait une caméra et a diffusé son crime en direct sur Twitch. La plateforme a assuré avoir supprimé le contenu deux minutes après le début de sa diffusion.

L’auteur de l’attaque raciste aurait parcouru plus de 300 kilomètres pour se rendre sur le lieu du drame.

Le jeune homme avait écrit un manifeste de 180 pages à caractère raciste et l’avait diffusé sur Internet juste avant les faits, selon les médias américains.

Le suspect se serait inspiré des crimes commis par des suprémacistes blancs, notamment par le massacre en 2019 de 51 fidèles dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, a signalé le New York Times.

Le journal Buffalo News a ajouté que « le mot en N » avait été peint en blanc sur le canon de l’arme. Le suspect se serait procuré l’arme de façon légale, mais aurait procédé à des modifications illégales, a précisé la gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul.

Cet individu […] semble être venu [la veille] pour évaluer la zone et pour faire une opération de reconnaissance avant de perpétrer cet acte infâme et écœurant, a précisé dimanche le chef de la police de Buffalo, Joseph Gramaglia, sur la chaîne de télévision ABC.

L’homme a pointé son arme contre lui, au niveau de son cou, avant de finalement se rendre aux forces de l’ordre, selon le commissaire Gramaglia.

Dénégation de culpabilité

Lors d’une première comparution, le jeune homme a plaidé non-coupable aux accusations de meurtre avec préméditation, a indiqué le New York Times. Selon les autorités, le suspect est sous surveillance et demeurera en détention.

La justice fédérale américaine enquête sur ce massacre en tant que crime motivé par la haine et en tant qu’affaire d’extrémisme violent à motivation raciale, selon un communiqué diffusé samedi soir.

L’expression crime motivé par la haine désigne aux États-Unis un acte dirigé contre une personne visée en raison d’éléments de son identité comme la race, la religion, la nationalité, l’orientation sexuelle ou un handicap. Considéré comme une infraction fédérale aux circonstances aggravantes, ce type de crime entraîne des condamnations plus dures.

Dénonçant un acte raciste et une exécution de style militaire liée au suprémacisme blanc, Katy Hochul a exprimé sa colère et souligné la responsabilité des réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux permettent à cette haine de fermenter et de se répandre comme un virus, a-t-elle lancé à Buffalo, sa ville natale.

Des fleurs et des lampions sont déposés sur le sol.
Quelques centaines de personnes se sont réunies sur le lieu du drame en fin d’avant-midi. PHOTO : ASSOCIATED PRESS / MATT ROURKE

Dans un communiqué, le président américain Joe Biden avait aussi dénoncé samedi cette attaque, rappelant que tout acte de terrorisme intérieur, y compris un acte perpétré au nom d’une idéologie nationaliste blanche répugnante, est contraire à tout ce que nous défendons en Amérique.

Le président se rendra à Buffalo mardi en compagnie de sa conjointe, Jill Biden.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a aussi réagi aux événements, dimanche soir, par le biais de son porte-parole.

Le secrétaire général est consterné par le meurtre de dix personnes après un acte ignoble d’extrémisme raciste et violent à Buffalo, a précisé Farhan Haq dans un communiqué. M. Guterres a également présenté ses condoléances aux familles et aux proches des victimes, tout en exprimant l’espoir que justice soit rendue très vite.

Les fusillades et les meurtres dans les lieux publics sont quasi quotidiens aux États-Unis et la criminalité par armes à feu est en augmentation dans les grandes villes comme New York, Chicago, Miami ou San Francisco, notamment depuis la pandémie de 2020.

Plusieurs initiatives d’élus pour renforcer la législation sur les armes ont échoué au Congrès ces dernières années, le puissant lobby des armes NRA restant très influent.

Avec les informations d’Andréanne Williams

Avec les informations de Agence France-Presse

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