Devoir de mémoire : Ladji Sidibé, le meilleur ami de Félix Houphouët-Boigny.

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Il y a 55 ans, le 11 mai 1967, Ladji Sidibé est libéré de la prison d’Assabou, à Yamoussoukro ou il a passé 37 mois. Condamné à mort le 30 décembre 1964, Il était l’un des derniers détenus du complot contre la sureté de l’État. La principale cause de son arrestation en avril 1964, était sa trop grande proximité avec Jean-Baptiste Mockey. En effet, c’est lui qui en 1956 avait donné à Houphouët le nom de Jean-Baptiste Mockey, quand celui-ci projetait d’avoir dans son futur cabinet ministériel en France, un jeune Ivoirien qu’il allait former à la gestion des affaires. Depuis la disparition en 1944, de François Konan Banny, l’ami d’enfance d’ Houphouët, personne ne pouvait se vanter d’avoir été plus étroitement lié au président que Ladji Sidibé. L’amitié entre les deux hommes est née au début des années 40.

Pour la première campagne électorale d’octobre 1945, Ladji Sidibé, transporteur à Daloa, exerçant dans le négoce de café et de cola, a mis ses deux camions au service du candidat Houphouët. Présent à ses côtés, le 18 octobre 1946, lors de la création du RDA à Bamako, il fait partie de la poignée d’hommes d’affaires qui apportent leurs soutiens financiers au PDCI-RDA. Entre 1949 et 1950, alors qu’Houphouët est à Paris, il lui confie la gestion de ses plantations. Ladji doit s’éloigner de sa plantation de café de Daloa, pour s’occuper de celles de son ami à Yamoussoukro. En plus d’être le régisseur de ses plantations, il prend l’initiative d’ajouter à ses attributions celle chauffeur et de garde du corps, lors des déplacements de son ami à l’intérieur du pays.

En 1954, Ladji rejoint son meilleur ami en France. Quelques mois après son arrivée, Houphouët lui demande de céder son appartement, aux nombreux enfants de ses amis dont il est le tuteur. Il l’invite à partager l’appartement dans lequel il est installé avec sa femme. Entre Thérèse et Ladji le courant ne passe pas. Elle ne supporte pas de vivre sous le même toit qu’un protégé de la première épouse de son mari. En effet, Ladji est très proche de Khadîdja Sow. Elle a été la tutrice, de sa fille ainée Fatou Sidibé, quand celle-ci étudiait à Paris. En juillet 1957, à cause de Ladji , Thérèse déserte le domicile conjugal. Avant de disparaitre, elle laisse une lettre dans laquelle elle demande à Houphouët de choisir entre elle et Ladji.

Dans les années 50, Ladji Sidibé va embrasser une carrière politique. Il sera conseiller général, conseiller territorial, questeur et membre du comité directeur du PDCI-RDA. À partir de 1960, il est premier adjoint au maire de Daloa. En 1975, il retrouve son siège de député de la nation. Malheureusement, Ladji Sidibé s’éteint le 23 mai 1977, à l’âge de 63 ans, à l’hôpital Mondor de Paris.

Extraits du livre « Felix Houphouët-Boigny , l’épreuve du pouvoir » de Fréderic Grah Mel.

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