Jean-Yves Le Drian Et Son Fils Convoqués Par La Justice Malienne.

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Le ministre des Affaires étrangères de la France, Jean-Yves Le Drian et son fils, Thomas Le Drian, sont attendus par la justice malienne. Une plainte pèse sur eux dans une affaire de passation de marché. En effet, le Mouvement Maliko veut voir clair dans l’affaire dite « des passeports ».

Maliko déclare « porter plainte contre Jean-Yves Le Drian et Thomas Le Drian », pour « complicité de prix illégal d’intérêt et de favoritisme ». Selon le mouvement, « ces malversations ont conduit à porter atteinte aux deniers publics du Mali ». L’affaire remonte au temps de feu Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). On parle d’un marché de production de passeports confié pour une dizaine d’années à la société française Oberthur Technologies (devenue Idemia).

« Le montant de ce marché passé entre le Gouvernement et la société Imedia se chiffre à plusieurs milliards de F CFA. Il a été attribué de gré à gré à la société Idemia sans appel d’offre, ni appel à candidature et autre procédure prévue pour les contrats administratifs. Les textes n’ont pas été respectés », rappelle Zanga Goïta, le président du mouvement Maliko.

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Mali : pourquoi Jean-Yves Le Drian est convoqué par la justice

Le ministre français des Affaires étrangères est convoqué par un juge d’instruction malien le 20 juin prochain pour une affaire qui remonte à 2015.

La convocation est datée du 20 avril et signée par le juge d’instruction Mahamoudou B.Dicko qui officie au pôle économique et financier du tribunal de grande instance de la Commune III du district de Bamako. En quelques lignes, il « invite » Jean-Yves Le Drian à « se présenter à son cabinet » le 20 juin à 8 heures « pour une affaire le concernant ».

« L’affaire » en question a été ressuscitée en février dernier par une plainte du mouvement Maliko. Regroupant plusieurs organisations de la société civile, il accuse le ministre français des Affaires étrangères d’avoir porté « atteinte aux biens publics aux dépens de l’État ». Thomas, le fils de Jean-Yves Le Drian, est également visé par la plainte.

Intense lobbying

Le dossier remonte à 2015, lorsque Ibrahim Boubacar Keïta, alors au pouvoir, confie à Oberthur Technologies, aujourd’hui Idemia, la fabrication des passeports biométriques au Mali. Une décision que Maliko considère comme « illégale » car prise sans appel d’offres.

À l’époque déjà, ce choix fait polémique : pourquoi avoir choisi l’entreprise française alors que la Canadian Bank Note (CBN), la société canadienne qui détenait le marché depuis 2001, proposait des conditions financières plus avantageuses pour l’État malien ?

Dans une longue enquête de Jeune Afrique parue en juin 2021, plusieurs acteurs et témoins affirmaient que l’ancien maire de Lorient, très impliqué dans la politique de sa région, avait fait un lobbying intense auprès d’Ibrahim Boubacar Keïta pour que l’entreprise bretonne soit choisie. « Le Drian y tenait tellement qu’il a mentionné l’engagement militaire français au Mali lors des négociations », révélait alors un des proches collaborateurs d’IBK. Des accusations que le ministre français a toujours niées.

Affaire politique ?

Joint par Jeune Afrique, son service de communication affirme que le ministre « n’a jamais eu connaissance » et « n’a jamais reçu » aucune convocation de la justice malienne. Une source dans son entourage dénonce « une manœuvre politique ». « On sait de quoi est capable la junte malienne pour s’en prendre à la France », lâche-t-elle.

Fin de l’impunité ou justice aux ordres ? La convocation de Jean-Yves Le Drian intervient dans un contexte de  relations exécrables entre la France et le Mali. Près de deux ans après la chute d’IBK et l’arrivée de la junte d’Assimi Goïta au pouvoir, chaque semaine semble marquer un nouveau pas dans l’escalade. Si bien que l’ancien ministre préféré des présidents africains fait désormais figure d’ennemi public à Bamako.

Pour Jean-Yves Le Drian, ce démêlé judiciaire arrive à un moment délicat. Après la réélection d’Emmanuel Macron pour un second mandat, la place de cet élément central de la politique française dans le nouvel exécutif semble remise en jeu.

JEUNE AFRIQUE

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