Guerre en Ukraine. Trois questions autour de l’embargo sur le pétrole russe, la plus lourde sanction

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La Commission européenne tente de boucler d’ici à mercredi 4 mai 2022 un plan pour cesser toute importation et tarir le financement de la guerre de Moscou en Ukraine. Face aux multiples écueils, cet embargo, s’il voit le jour, sera forcément progressif. Toutefois, ce sixième « train de sanctions » depuis le début de l’invasion de l’Ukraine serait le plus lourd de conséquences pour la Russie.

Réunion des ministres de l’Énergie lundi 2 mai, des ambassadeurs des 27 États membres mercredi à Bruxelles… Les téléphones et les écrans de visio-conférences chauffent dans toutes les capitales de l’Union. Objectif : parvenir à un accord, obligatoirement à l’unanimité sur cette question, pour imposer un arrêt progressif des achats de produits pétroliers russes d’ici à la fin de l’année.

Si le projet de la Commission, qui doit être présenté mercredi, est validé par les États, ce sixième train de sanctions ​depuis ​le début de l’invasion de l’Ukraine le 24 février serait le plus lourd de conséquences pour la Russie. Le plus susceptible de représailles aussi. C’est pourquoi Bruxelles planche également sur une riposte russe. Le 27 avril, Poutine a coupé le robinet du gaz à la Pologne et à la Bulgarie, au motif qu’elles ne payaient pas en roubles comme il l’exige. Or, des compagnies de plusieurs pays, notamment l’Allemagne, ont des paiements à honorer à Gazprom dans les semaines à venir.

Pourquoi cet embargo est-il si important ?

Tout simplement parce que l’Union européenne met des milliards d’euros sur la table (12,3 jusqu’ici, en cumulant aides militaire, économique et humanitaire) pour aider l’Ukraine à se défendre contre un agresseur qu’elle a financé en 2021 à hauteur de… 100 milliards en lui achetant ses hydrocarbures ( !), selon l’Agence internationale de l’énergie [Ici, en anglais].

Un embargo sur le pétrole russe, qui rapporte à Moscou bien davantage (80 milliards en 2021) que le gaz (20 milliards), serait un coup très sévère. Il a aussi l’avantage d’être moins compliqué à gérer, donc moins douloureux, pour les Européens moins dépendants au gaz qu’au pétrole russes.

Si le projet de la Commission, qui doit être présenté mercredi, est validé par les États, ce sixième train de sanctions ​depuis ​le début de l’invasion de l’Ukraine le 24 février serait le plus lourd de conséquences pour la Russie. Le plus susceptible de représailles aussi. C’est pourquoi Bruxelles planche également sur une riposte russe. Le 27 avril, Poutine a coupé le robinet du gaz à la Pologne et à la Bulgarie, au motif qu’elles ne payaient pas en roubles comme il l’exige. Or, des compagnies de plusieurs pays, notamment l’Allemagne, ont des paiements à honorer à Gazprom dans les semaines à venir.

Pourquoi cet embargo est-il si important ?

Tout simplement parce que l’Union européenne met des milliards d’euros sur la table (12,3 jusqu’ici, en cumulant aides militaire, économique et humanitaire) pour aider l’Ukraine à se défendre contre un agresseur qu’elle a financé en 2021 à hauteur de… 100 milliards en lui achetant ses hydrocarbures ( !), selon l’Agence internationale de l’énergie [Ici, en anglais].

Un embargo sur le pétrole russe, qui rapporte à Moscou bien davantage (80 milliards en 2021) que le gaz (20 milliards), serait un coup très sévère. Il a aussi l’avantage d’être moins compliqué à gérer, donc moins douloureux, pour les Européens moins dépendants au gaz qu’au pétrole russes.

Certes, la Russie aura la possibilité de vendre son pétrole à d’autres clients. C’est en théorie plus facile que pour du gaz, livré via de coûteux tuyaux ou terminaux méthaniers. Mais dans la réalité, l’opération est complexe et pas applicable à l’ensemble de la production écoulée aujourd’hui en Europe.

Pourquoi cet embargo est-il si compliqué ?

Il implique l’unanimité des 27 États européens. Or, ils ne sont pas tous égaux face au pétrole russe. Deux pays notamment posent problème : la Slovaquie et surtout la Hongrie de Viktor Orban, le dernier des amis de Poutine dans l’UE. Ces deux pays enclavés s’approvisionnent quasi exclusivement par des oléoducs russes. Ils n’ont pas de ports et ne diront oui ​que si leurs partenaires de l’UE leur offrent des alternatives. Qui auront un coût.

L’autre écueil est le risque, en cherchant à s’approvisionner ailleurs et compte tenu du poids de l’économie européenne, de provoquer une envolée des prix mondiaux, voire un choc pétrolier et une récession globale.

Quelle est la stratégie de la Commission ?

Y aller progressivement ! Le projet est de réduire les importations d’ici à la fin de l’année pour laisser le temps aux alternatives de se mettre en place et éviter de peser sur le marché mondial. Bruxelles a d’ailleurs commencé à appliquer cette stratégie en la dévoilant depuis plusieurs jours.

Le 6e train de mesures​, qui entend sanctionner tout l’écosystème pétrolier de la Russie​, selon la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, comprend d’autres leviers. D’ici la fin de l’année, mais aussi pour les quantités résiduelles dont l’UE ne pourrait se passer, elle prévoit de taxer le transport du pétrole russe par tanker. Et pour gêner la Russie, la Sberbank, l’établissement qui représente 37 % du marché pétrolier russe, devrait être exclue du système de transactions interbancaires Swift.

 

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