Côte d’Ivoire .Quand l’éléphant se met au régime …

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Un an seulement après sa nomination, le Premier ministre ivoirien a rendu le tablier. Patrick Achi a en effet remis hier, 13 avril 2022, sa démission au président Alassane Ouattara, qui l’a acceptée.

Intérimaire d’Hamed Bakayoko, qui avait été évacué en France d’où il n’est pas revenu vivant, celui qui vient de démissionner avait finalement été titularisé le 26 mars 2021.

D’ores et déjà, la question se pose de savoir si le sexagénaire sera reconduit ou pas.

Mais la question a-t-elle vraiment son sens quand on sait que le chef de l’Etat ivoirien a annoncé la formation, la semaine prochaine, «d’un nouveau gouvernement avec un nouveau Premier ministre» ? Ce qui peut laisser donc croire que Patrick Achi ne sera pas reconduit.

Une chose par contre est sûre, la prochaine équipe gouvernementale sera plus réduite, avec une trentaine de membres contre 41 auparavent, précisément 37 ministres et 6 secrétaires d’Etat.

Raison invoquée par le locataire du palais présidentiel de Cocody : «Renforcer l’efficacité de l’action du gouvernement et tenir compte de la conjoncture économique mondiale actuelle».

ADO veut donc dégraisser le mammouth, pardon, l’éléphant. Et si le pachyderme en vient à être soumis à une cure d’amaigrissement, c’est que l’herbe n’est plus aussi verte que jadis.

La première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a beau être solide, elle subit en effet, comme tant d’autres pays, les effets pervers de deux chocs : la pandémie de Covid-19 qui a mis un moment le pays sous cloche et l’actuelle guerre en Ukraine et son corollaire de renchérissement de certaines matières premières comme le blé, le pétrole et le gaz. Et on n’a certainement pas encore fini d’en mesurer le désastre à l’échelle mondiale.

Deux catastrophes cumulées qui ont fini d’assommer le consommateur ivoirien, comme bien d’autres d’ailleurs en Afrique, confronté à une inflation exponentielle et dont le pouvoir d’achat dégringole au fur et à mesure que les bombes russes s’abattent sur Marioupol, Odessa, Dnipro et autres.

Le panier de la ménagère s’est de ce fait considérablement allégé et les Ivoiriens peinent à joindre les deux bouts, même pour se procurer le garba (1) quotidien ; d’où la nécessité pour l’éléphant de se mettre au régime pour passer cette période de vaches maigres.

Quoi de plus normal donc que l’Etat donne l’exemple, même s’il faudra bien plus qu’un gouvernement resserré pour limiter le gaspillage organisé dont nos Etats impécunieux se rendent souvent coupables.

(1) : Plat populaire ivoirien à base de semoule de manioc

Hugues Richard Sama

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