Les Français dans l’isoloir pour un premier tour plein d’incertitudes

0
52

La France citoyenne retient son souffle en ce jour de premier tour. C’est l’avenir de tout un pays qui se joue derrière le rideau de l’isoloir. Jamais l’issue d’une élection présidentielle, si riche en indécis, hésitant encore ce matin au réveil à voter utile ou selon leurs convictions, n’a semblé aussi incertaine. Jamais sous la V e République un scrutin n’a été confronté à une telle menace terroriste. Jamais les voix du peuple, qui doivent départager onze prétendants, ne s’étaient prononcées sous le régime de l’état d’urgence. De la première heure à la dernière seconde, des primaires de la droite et de la gauche jusqu’à l’apparition, sur les petits écrans, du visage des deux finalistes ce soir, cette conquête de l’Elysée aux multiples rebondissements aura été historique.

66 546 bureaux de vote

Après des mois d’observation des candidats au cours de cette folle campagne, rythmée par les affaires, les descentes aux enfers ou les ascensions éclairs, près de 47 millions de Français sont invités, ce dimanche, à passer à l’action. Et à se rendre ainsi aux urnes dans 66 546 bureaux de vote ouverts pour la première fois jusqu’à 19 heures partout dans l’Hexagone (et toujours 20 heures dans les grandes métropoles). Des mairies, des écoles, des lycées, des gymnases… sous très haute surveillance trois jours après l’attentat sur les Champs-Elysées, dont nul ne sait précisément quelle incidence il aura au moment du dépouillement. Environ 50 000 policiers et gendarmes, appuyés par 7 000 militaires de l’opération Sentinelle, sont mobilisés pour patrouiller aux abords de ces sanctuaires démocratiques afin de les protéger de la haine djihadiste.

C’est dans ce climat anxiogène que des électeurs dans le doute ou pleins d’espoir vont s’exprimer ou, à l’inverse, s’abstenir, entraînés par leurs désillusions. Certains rêvent d’une surprise, d’autres la redoutent. Le stress collectif atteindra des sommets, à l’instar du suspense politique qui anime ce jour le plus long du quinquennat.

Toute une nation en proie à la déstabilisation a l’occasion de se rassembler. «Pour beaucoup de citoyens, ce moment républicain peut donner une impression d’harmonie, un sentiment de communion», positive Jean-Roger Dintrans, psychiatre chargé de cours à l’université Paris V. «Même s’ils n’ont pas les mêmes idées, même si leurs bulletins sont à l’opposé, ils font l’effort de se déplacer. Ils participent à un même mouvement pour faire marcher la démocratie et bouger le destin d’un pays», analyse-t-il.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here