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Directeur général du groupe de presse étatique Fraternité Matin, à Abidjan
Directeur général du groupe de presse étatique Fraternité Matin, à Abidjan

Venance Konan à Assalé Tiemoko: « je me suis aussi pris à certains moments pour un justicier, un redresseur de tort »

Monsieur le directeur de publication, Dans votre édition du mardi 24 au jeudi 26 mai 2016, vous aviez annoncé à la «une» de votre journal que j’avais été reçu « comme un président au Liban », et en page trois,vous insinuiez que mon séjour au Liban serait lié à l’article publié dans Fraternité Matin sur ce que vous appelez « l’affaire ayants-droits de feu Souleymane Boundy contre les frères Zein et Ali Fawaz. »
Directeur général du groupe de presse étatique Fraternité Matin, à Abidjan
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J’étais effectivement au Liban du 12 au 16 mai avec le maire de Marcory, et si je reconnais que nos amis libanais nous ont très bien reçus, parler d’accueil « comme un président » est forcer un peu sur l’image. S’il suffit d’avoir son nom sur une banderole dans une rue pour être considéré comme un président, nous serions très nombreux à nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. Parlant

de la banderole qui me souhaitait la bienvenue ainsi qu’à mon épouse, vous affirmez que le maire de Marcory n’a pas eu droit à un tel honneur.
Je suis désolé pour vous, mais le maire Aby Raoul, tout comme l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire, le président de la Chambre libanaise de commerce en Côte d’Ivoire, le directeur des émigrés du Liban, le représentant du président du parlement libanais, bref, toutes les personnes invitées à cette cérémonie ont eu droit à la même banderole de bienvenue.
Les photos que vous avez publiées dans votre journal sont celles que vous avez récupérées sur ma page Facebook, et non pas à la suite de vos recherches. J’ai mis sur ma page Facebook les photos que j’avais prises, ou celles où je figurais, c’est tout. Les autres participants à la cérémonie ont fait ce qu’ils voulaient de leurs photos et n’étaient pas obligés de les publier sur Facebook. Dans votre article vous parlez de vos sources, grâce auxquelles vous auriez découvert qu’une cérémonie de baptême d’une avenue du nom d’Abidjan aurait eu lieu dans un village du nom de Zrarieh, et aussi de Wikipédia qui vous aurait permis d’en savoir un peu plus sur ce village. Il aurait été plus simple de citer l’article que j’avais publié dans Fraternité Matin du vendredi 20 mai, dans lequel je donnais toutes ces informations ainsi que les noms et les photos de toutes les personnes qui y avaient assisté
Plus loin, vous liez mon voyage au Liban à l’article écrit par un journaliste de Fraternité Matin sur ce que vous appelez « l’affaire ayants-droits de feu Souleymane Boundy contre les frères Zein et Ali Fawaz ». Je considère cela comme une insulte.
Depuis quelque temps, votre journal se présente comme le défenseur de la veuve et de l’orphelin, et   journaliste, je me suis aussi pris à certains moments pour un justicier, un redresseur de tort. Je vous signale cependant que les palabres sur les terrains, il y en a au moins une chaque jour à Abidjan et depuis que notre pays existe, le sang n’a cessé de couler pour les problèmes fonciers.
J’ai même consacré trois livres, en l’occurrence « Robert et les Catapila », « les Catapila, ces ingrats », et « Catapila, chef du village » à ces questions. Et puis, l’histoire de ce terrain de Marcory qui est devenue votre passion du moment est comme un vieux serpent de mer qui resurgit chaque fois qu’un journaliste cherche quelque chose à se mettre sous la dent ou à jouer au héros.
Permettez-moi, au ponant de ma carrière de journaliste, et au niveau où je suis parvenu aujourd’hui, de m’intéresser à autre chose qu’à une querelle entre héritiers sur la propriété d’un terrain à Marcory. Vous êtes obnubilés par cette affaire, c’est votre droit et à votre honneur, mais accordez- moi celui d’être à un autre niveau que vous. Accordez aussi au journaliste de Fraternité Matin qui a écrit sur cette affaire d’avoir lui aussi sa propre lecture.
Dans mon article sur l’inauguration de cette avenue au Liban, j’ai parlé de notre Ambassadeur, c’est-à-dire le représentant du chef de l’Etat de Côte d’Ivoire, qui avait pris la parole au cours de cette cérémonie. Il y avait là également de hautes autorités libanaises. C’est vous dire que cette cérémonie était une affaire entre deux Etats et très largement audessus d’une histoire de propriété sur un terrain de 500 mètres carrés à Marcory. Et c’est ce qui explique ma présence là-bas. Mais comme dit un adage, lorsque le sage montre la luneà l’imbécile, celui-ci regarde plutôt le doigt
Venance Konan

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