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Télécoms en Afrique

Télécoms en Afrique : un secteur en métamorphose

Par AZIZ SAÏDI
Rédacteur en chef, afrique.latribune.fr

Le secteur télécoms en Afrique peut se targuer de perspectives aguichantes. Toutefois, si les opérateurs pouvaient jusqu’ici s’appuyer sur leurs services classiques, tels que la voix et les données, pour dégager des marges confortables, il leur faut désormais faire face à l’avènement d’une concurrence d’un nouveau genre. Les opérateurs doivent réinventer leur business model afin d’ériger de nouveaux services aptes à garantir leur rentabilité future. Aujourd’hui plus que jamais, le client africain doit être au centre de stratégies où le processus de transformation digitale en cours sur le Continent est mis à profit.

L ‘Afrique, notamment subsaharienne, représente le marché le plus porteur au monde pour le secteur mobile ! Et c’est l’association mondiale des opérateurs télécoms (GSMA) qui le dit. Pour cette dernière, le nombre de connexions SIM devrait même dépasser la barre du milliard d’ici 2020. Le nombre d’abonnés mobile devrait, quant à lui, atteindre le demi-milliard au même horizon.

C’est dire que le secteur télécoms sur le Continent peut se targuer de perspectives aguichantes. De quoi conforter les nombreux opérateurs présents en Afrique dans leurs stratégies d’investissement massif. Une bonne nouvelle aussi pour les économies du Continent qui ont vu la contribution au PIB du secteur télécoms prendre de plus en plus d’ampleur ces dernières années.

Concurrence d’un nouveau genre

Toutefois, si les opérateurs pouvaient jusqu’ici s’appuyer sur leurs services classiques, tels que la voix et les données, pour dégager des marges confortables, il leur faut désormais faire face à l’exacerbation de la compétition classique, mais aussi à l’avènement d’une concurrence d’un nouveau genre. Celle des services alternatifs de voix et données, dits par contournement.

En effet, la généralisation des smartphones sur le Continent fait que de plus en plus d’utilisateurs ont recours à des plateformes comme WhatsApp pour leurs appels et leurs envois de messages. Plus encore, l’offensive de Facebook sur le Continent peut augurer d’une nouvelle cannibalisation des revenus des opérateurs. Le lancement par le géant bleu de l’initiative « Free Basics » en 2014, pour fournir un accès gratuit et illimité à Internet via la plateforme du réseau social, puis la récente tournée africaine de son patron, Mark Zuckerberg, ne font que confirmer l’avènement de cette nouvelle concurrence.

Réinventer son business-model

Les opérateurs doivent donc chercher à se réinventer ou plutôt à réinventer leur business model afin d’ériger de nouveaux services aptes à leur garantir leur rentabilité future. Le modèle M-Pesa, plateforme de transfert d’argent et de paiement mobile lancée par l’opérateur télécoms kényan Safaricom, fait désormais office d’étalon et ne cesse d’essaimer sur le Continent et ailleurs. Il représente un exemple on ne peut plus parlant de la manière dont les opérateurs peuvent faire des constats de la réalité africaine, en l’occurrence un très faible taux de bancarisation, une opportunité business. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des opportunités que peuvent mettre à profit les opérateurs télécoms pour bien négocier le virage qui se dessine devant eux.

Une chose est sûre : aujourd’hui plus que jamais, les opérateurs doivent mettre le client africain au centre de leurs stratégies et mettre à profit le processus de transformation digitale en cours pour coller, grâce à une innovation continue, au plus près de ses besoins actuels et même futurs. D’ici là, les États doivent se mettre au diapason pour démêler les écheveaux d’une régulation de plus en plus complexe aux confluents de plusieurs secteurs…

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