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Succession du Président Ouattara: Rompre avec la politique de l’autruche…C’est maintenant que la question de sa succession doit être réglée

C’est maintenant que la question de la succession du Président Ouattara doit être réglée et, non pas de façon bâclée, à deux jours du terme de son mandat, avec tous les risques que cette façon inconsciente et irresponsable de faire comporte.

Ce problème, il faut le traiter avec responsabilité et efficacité, en donnant le primat au bon sens. C’est donc avec beaucoup de stupéfaction, aussi d’affliction, que j’ai lu sur un mur (Facebook) cette boutade : « Pro-ceci, pro-cela, c’est pas notre problème ! Laissez ADO achever son mandat sereinement. C’est trop vous demander ? ». C’est la preuve patente que dans ce pays, on ne retient vraiment rien des épreuves de l’Histoire et des enseignements à y inférer. Ce sont bel et bien les conséquences et affres qui ont résulté du problème réglé de manière relâchée et expéditive de la succession du père de la nation, feu le Président Félix Houphouët-Boigny, que nous continuons de vivre, dont la survivance, la persistance peut se lire à travers l’animosité sans bornes que se vouent, en ce moment, ces géants du marigot politique de notre cher pays que sont les Présidents Bédié, Gbagbo et Ouattara, et l’hypocrisie ambiante qui caractérise leurs rapports, malgré les efforts surhumains qui sont déployés de part et d’autre pour dissimuler la visibilité ou la perception des effets. À voir ce qui se trame çà et là, on est vraiment loin de sortir de l’auberge, tant les virus la mauvaise foi et de la voracité ont pris le pas sur les vertus cardinales du respect de la parole donnée, du partage, de l’altruisme, de l’humanisme, du vivre-ensemble et de la gratitude.

Nous sommes donc, à n’en point douter, dans un contexte de guerre larvée que se livrent ces protagonistes et leurs affidés, qui prendra certainement les proportions d’une véritable conflagration, un de ces jours, lorsque certaines conditions seront réunies. C’est, partant, sur une réelle poudrière déjà fumante et prête à exploser à tout moment, que nous sommes assis, loin de moi, toute idée ou volonté de répandre des propos alarmistes. Car, le relatif calme que connaît le pays ne signifie guère que la paix y est une certitude vécue. Il faudra, au contraire, l’exploiter (ce calme, cet état de tranquillité) pour arriver à la paix véritable qui ne peut être sans le pardon et la tolérance. Toutefois, cela nécessite un préalable : trouver une solution définitive à la guéguerre dévastatrice entre ces trois leaders que sont Bédié, Gbagbo et Ouattara ; guéguerre qui, depuis la mort du Président Houphouët-Boigny, empoisonne la vie socio-politique en Côte d’Ivoire. Quelqu’un disait qu’il faille en faire des objets de musée en les contraignant à la retraite politique, pour permettre l’émergence d’une nouvelle classe politique. C’est aussi ma vision des choses (l’hypocrisie n’est pas mon fort) et je considère cet impératif comme un acte de salubrité publique, même si je dois admettre que c’est presqu’une gageure, eu égard à l’idolâtrie dont ils sont l’objet de la part d’individus et de pseudo-intellectuels fanatisés à outrance. Ce contentieux complètement vidé, il faudra ensuite prestement aborder la problématique afférente à la succession du Président Ouattara qui, évidemment, se présente comme un chantier sérieux, vu tout l’intérêt qu’elle suscite déjà, quoiqu’on soit à trois ans de la fin radicale de sa régence constitutionnelle, du moins, si nous nous en tenons à l’engagement pris coram populo par lui-même de ne pas briguer un troisième mandat. Mais, ignorer ce chantier en souffrance, en donnant, comme à l’accoutumée, dans la politique de l’autruche, ce serait ajouter une couche supplémentaire à la souffrance du peuple de Côte d’Ivoire, en renvoyant aux calendes grecques le règlement de la question successorale qui se profile à l’horizon, qu’il faut pourtant se risquer à examiner, dès maintenant, avec engagement et courage au péril de certains intérêts égoïstes et égocentriques. Il ne faut surtout pas oublier cette maxime : un problème volontairement mis sous le boisseau en évitant de le regarder en face ou en le résolvant complaisamment, pis, de manière laxiste, revient toujours sous des formes beaucoup plus complexes, quasiment insolubles.

Il est certes bon d’avancer, de gagner du temps, de permettre au chef de l’exécutif de progresser dans son programme, en restant concentré sur ses objectifs, cependant, il serait aussi fort avantageux pour lui de regarder, quelquefois, dans le rétroviseur, au nom de l’intérêt supérieur de la nation qu’il est censé conduire vers des destinées stabilisatrices et euphorisantes, à l’effet de renouer avec l’Histoire pour s’imprégner d’un certain nombre de ses préceptes de haute portée ; attitude d’humilité qui, pour sûr, lui permettra d’éviter aux populations, un remake de ces périodes chaudes de braise et de plomb qu’elles ont, naguère, connues. Car, comme le dit Marx : « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre. » (Cf. Manifeste du parti communiste) L’homme doit être une fin. Par ricochet, il ne doit jamais être traité comme un vulgaire moyen ou instrument pour atteindre des buts sordides. Cela, parce qu’au-delà de nos calculs hypocrites, mercantiles et ustensilistes, l’homme reste et demeure la fin suprême. Vraiment gênant tout ce qui se passe ! Diantre !!!

Docteur Sékou Oumar Diarra
Professeur certifié de Philosophie
E-mail : diarra.skououmar262@gmail.com

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