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Sommet UA-UE

Sommet UA-UE : plusieurs dizaines de chefs d’état en conclave à Abidjan… dans l’indifférence

Pour la première fois de son histoire, la République de Côte d’Ivoire accueille en même temps, la quasi-totalité des dirigeants du continent et ceux d’Europe. Plus de quatre-vingt chefs d’états et six mille étrangers, ont effectivement fait le déplacement. Ces sommités sont venues au bord de la lagune Ebrié, dans le cadre de la concertation permanente entre les deux grands ensembles que sont l’Union Européenne et l’Union Africaine.

Malheureusement, la pauvreté de la communication autour
de l’événement en fait un non-événement. Seul le parcours des cortèges officiels est brandé. A Abobo et Yopougon, on se soucie des questions existentielles…

Au-delà du contenu forcément fructueux des échanges qui vont se dérouler, cette rencontre en terre ivoirienne est un hommage à la grandeur du président Alassane Ouattara, et aussi un clin d’œil de la communauté internationale à la Côte d’Ivoire, qu’elle est fière de retrouver.

Toutefois, l’amateurisme des agences chargées de la communication et des services de l’Etat, crée beaucoup de
désagréments, de nombreux organes de presse ayant été empêchés de couvrir le Sommet. Les ambassades étrangères sont obligées de jouer des coudes pour ouvrir la voie à leurs hommes.

La cerise sur le gâteau, c’est le président français qui sera jeté en pâture à la FESCI, revenue plus forte que jamais sur nos campus, avec la bénédiction de qui on sait.

Pendant deux jours, un impressionnant ballet aérien égaie le ciel ivoirien. Le boulevard allant de l’aéroport jusqu’à l’échangeur du pont Henri Konan Bedié est pratiquement fermé à la circulation,
redirigeant le trafic vers le boulevard de Marseille et les voies secondaires de Koumassi, de Marcory et de Treichville.

La population ivoirienne serait sortie massivement pour témoigner sa reconnaissance à nos illustres invités. Encore aurait-il fallu qu’elle sache de quo il s’agit. En effet, contrairement aux Africains
habitués des lieux, de nombreux chefs d’Etat européens, dont le Français Emmanuel Macron, foulent le sol ivoirien pour la première fois.

Si les sommets France-Afrique sont vus par certains se réclamant du panafricanisme, comme des rencontres coloniales, ou encore le renouvellement de l’allégeance des pays africains à l’ancienne
puissance colonisatrice, le franc CFA en étant la preuve par quatre, les rencontres UE-UA, dont Abidjan 2018 est la troisième du genre, sera forcément celle où les échanges se feront d’égal à égal.

Les sujets qui seront débattus sont déjà connus : l’immigration clandestine, le terrorisme, etc.
N’empêche que, comme c’est le cas en pareille circonstance, des échanges informels auront lieu entre les grands, et des sujets plus sensibles abordés, loin des caméras de télévision.

Rendez-vous dans 50 ans pour un autre honneur de cette dimension à la Côte d’Ivoire…

Edgar Kouasi Kouamé

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