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Comment s’endetter pour sortir les pauvres de la misère en Côte d’Ivoire ?

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Parti à la recherche de 50 milliards de dollars pour financier le programme national de développement (Pnd) mis en place par Alassane Ouattara pour «développer la Côte d’Ivoire» en dehors du budget de l’Etat voté par l’assemblée nationale, le gouvernement Ouattara est revenu avec des promesses conditionnelles de 15 milliards de dollars.

Ces fonds, si les promesses se réalisent, vont-ils permettre de sortir l’Ivoirien de la pauvreté ? La réponse est non. Cela va servir à plus de détournements, de corruption et de détérioration du coût de la vie. Si en 4 ans, il y a eu annulation de dette de -4.030 milliards fcfa et un renforcement de la dette à +5.050 milliards fcfa, soit un bond de 9.080 milliards fcfa, et que les populations n’en voient pas encore les retombées dans leurs emplois, revenus et niveaux de vie, mais que bien au contraire, c’est l’approfondissement de la pauvreté et des inégalités qui sont les effets directs et induits, on ne peut pas dire que cela est dû à un manque d’argent.

Les effets positifs de l’endettement du gouvernement sur les populations ne sont pas en retard, il ne s’agit pas d’effets retardés. Il s’agit de mauvais choix politiques. Il s’agit de mauvaises politiques économiques et de gouvernance. De la même façon qu’un chat ne peut pas traverser la lagune à la nage entre Treichville et le Plateau, de la même façon 30.000 milliards fcfa ne pourront pas changer la tendance actuelle si l’on ne change pas les conditions structurelles du monde rural, où vit le plus grand nombre de pauvres et où la misère est aussi plus profonde.

Ce changement de structure proposé par LIDER signifie :

1) Changer la loi sur le foncier rural et réécrire une loi sur le foncier urbain.

2) Faire le cadastrage intégral des terres de Côte d’Ivoire, l’adressage des rues et procéder à la délivrance systématique de titres fonciers ruraux et urbains sur les maisons et propriétés urbaines.

3) Créer les conditions de commerce des propriétés dument enregistrées dans les livres fonciers sécurisés de Côte d’Ivoire.

4) Regrouper dans une seule et même administration tous les services en charge du cadastre en Côte d’Ivoire, qui sont aujourd’hui éclatés entre les ministères de l’agriculture, de l’économie et des finances, des eaux et forêts et des mines.

A LIDER, ayant fait le constat que tant qu’il sera légal dans notre pays que la terre appartienne à l’Etat, ni l’agriculture, ni la croissance, ni l’endettement ne réduiront la pauvreté et la misère, nous disons que :

– si ne serait-ce que 2.000 milliards fcfa étaient consacrées aux changements structurels évoqués, et que parallèlement les zones de production agricoles étaient désenclavées, non pas en y nommant sous-préfets, préfets ou en y élisant des députés, mais en accompagnant le cadastrage par le tracé de routes nouvelles plus courtes et plus proches ;

– si, en plus, tous ces nouveaux titres financiers sortis du foncier étaient sécurisés par un système judiciaire solide et relativement indépendant ;

– si les agences de régulation étaient totalement réformées pour éviter les détournements en tout genre ;

– si le marché hypothécaire était réorganisé pour que les titres deviennent des instruments d’accès au crédit agricole et immobilier ;

alors, le logement et la production agricole deviendront les bases de la révolution de la prospérité en Côte d’Ivoire. Aucune politique internationale d’aide ou d’endettement ne pourra développer notre pays ou même l’Afrique, sans une transformation du paysan rural en propriétaire foncier. Jamais.

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