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Sacrée affaire Boundy!

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Cette tribune voudrait sortir du juridisme creux dans lequel l’affaire Boundy est en train de tomber, pour justement regarder la situation avec le plus de simplicité possible.  Car enfin, l’affaire Boundy donne le tournis à quiconque essaie de l’envisager sous un aspect purement juridique !
Voilà une affaire où le bon sens seul devrait prévaloir.  Mais, que non pas ! Les juges exécutent un tango indigne d’un État de droit, où la vie est policée par des lois.  Nos magistrats ne disent plus le droit depuis belles lurettes : ils rendent des services !  Mais le prestataire de services doit satisfaire ses clients.  C’est pourquoi, lorsqu’un tel initie une action en justice, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, il gagne à tous les coups  »son procès ».  Quand un tel autre initie une action en appel contre la décision première, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, notre justice se dédit carrément, prenant à contre-pied sa décision antérieure, sans se fonder sur une erreur en droit.  Dans un État de droit, une décision de justice de ce type n’est totalement renversée que lorsqu’une erreur de droit manifeste s’était produite, brouillant ainsi la vue aux magistrats dans la manifestation de la vérité, ou lorsque des éléments nouveaux se sont ajoutés au dossier, pour faire pencher la balance dans l’autre sens.
Cependant, nos magistrats ont oublié leurs cours de droit depuis bien longtemps, depuis qu’ils ont découvert que l’on peut s’enrichir plus rapidement en rendant des décisions de justice en faveur du justiciable qui est le plus gros payeur.  Sinon, comment comprendre qu’un individu, un faussaire notoire comme Thimothée Vagbé Sossah, puisse vendre un terrain construit depuis 54 ans, sans en avoir jamais été le propriétaire légal ?  Comment peut-il vendre un terrain, dont il ne fut jamais propriétaire, ni héritier ?  Car le bonhomme se prévaut du titre d’héritier de ce terrain, de par feu son père, M. Emmanuel Dégbého Sossah, qui n’en fut jamais propriétaire.  Car le terrain appartenait bien au Dahoméen Étienne Coffi, qui n’a utilisé le sieur Emmanuel Sossah qu’aux seules fins de vendre le terrain en son nom.  Nous sommes alors en 1962.  M. Souleymane Boundy achète donc le terrain des mains du middle-man, l’intermédiaire, M. Emmanuel Sossah.  Ce dernier, on s’en doute, remet à son mandataire, M. Étienne Coffi, les procédés de la vente de son terrain sis en Zone 4 de Marcory.
L’intermédiaire dans cette transaction, M. Étienne Sossah meurt en 1981 ; l’acquéreur, M. Souleymane Boundy meurt en 2004.  Depuis 42 ans, il est le propriétaire du terrain qu’il a mis en valeur entre-temps.  Ses enfants jouissent de son bien par héritage.  Curieusement, un intrus dans l’affaire, M. Thimothée Vagbé Sossah, fouille, la même année, soit 23 ans après son décès, dans les affaires de son père.  Et il touche au jackpot !  Une carte topographique, rien de moins que ça !  Il en conclut que son père était  »propriétaire » du terrain en question.  Sans le moindre document établissant ce titre de propriété, il se précipite dans nos administrations domaniales pour se faire établir un titre de propriété sur un terrain qui n’a jamais appartenu à feu son père, et qui ne lui appartient point.  Il fait fi des enfants Boundy, qu’il connaît bien, puisque leurs pères étaient des amis.  Il court vendre le terrain bâti comme  »un terrain nu » à plusieurs personnes, dont un français, pilote de son état, à 21 millions, puis à un libanais, à 25 millions.  Les enfants Boundy sont expulsés de leur maison, manu militari et dorment à la belle étoile.  Le faussaire, M. Thimothée Sossah, disparaît dans la nature, avec sa fortune, alors qu’il est poursuivi pour escroquerie, par ses nombreux clients, qu’il a grugés sur ce même terrain.
Il faut réparer cette injustice en rétablissant les enfants Boundy dans leur droit.  Il faut déposséder M. Ali Fawaz de ce bien mal acquis, car il ne peut acheter des mains d’un tiers, ce qui n’appartient point au vendeur et qui, du reste, n’est pas à vendre!
Hélas, il se trouve des gens pour argumenter que, dans cette affaire, tout est légitime ; que le droit a été dit.  De qui se moque-t-on ?
Dr Famahan SAMAKÉ.

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