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Coface: La Côte d'Ivoire, dont la croissance et le contexte politique sont jugés particulièrement favorables, voit en revanche sa note haussée d'un cran.

Coface: La Côte d’Ivoire, dont la croissance et le contexte politique sont jugés particulièrement favorables, voit en revanche sa note haussée d’un cran.

L’assureur-crédit français Coface rétrograde cinq pays africains (Algérie, Namibie, Zambie, Mozambique et Angola) dans sa dernière évaluation trimestrielle des risques d’impayés des entreprises, rendue publique ce mercredi. La Côte d’Ivoire, dont la croissance et le contexte politique sont jugés particulièrement favorables, voit en revanche sa note haussée d’un cran.

Le double choc de la baisse des cours des hydrocarbures et du ralentissement de la croissance chinoise (l’empire du Milieu est lui aussi rétrogradé) pèse lourdement sur les économies africaines, et sur la solvabilité des entreprises actives dans la région.

C’est ce qui ressort de la dernière mouture de l’évaluation trimestrielle de l’assureur-crédit français Coface, présentée mercredi 29 juin.

L’Algérie à nouveau rétrogradée du fait de « marges de manœuvre plus faibles »

Ainsi, au premier chef de l’Algérie, pour qui les hydrocarbures rapportent 95 % des recettes extérieures et contribuent à 60 % du budget de l’État. Précédemment plutôt bon élève (A4, “risque convenable”), sa note avait déjà été baissée d’un cran en janvier (B, “risque assez élevé”). Bis repetita ce mercredi : la Coface note que les impacts du choc pétrolier ont pu être limités par une politique budgétaire expansionniste, mais des perspectives de croissance sont attendues en baisse du fait des économies recherchées par Alger qui ne suffisent pas à contenir un déficit budgétaire galopant.

Ce qui pour l’agence justifie une nouvelle rétrogradation. L’Algérie passe en catégorie C. Ce qui correspond à un « risque élevé ». « Les marges de manœuvre y sont encore plus faibles que dans d’autres pays africains très exposés aux hydrocarbures et aux matières premières minières », estime pour sa part Marie Albert, responsable risque-pays à la Coface.

Pour des raisons analogues, la Namibie (A3) et la Zambie (C), placées sous surveillance négative en janvier, sont elles aussi rétrogradées, respectivement en A4 (risque « convenable ») et D (« très élevé »). Idem du Mozambique, qui passe de C à D. Le pays pâtit de la découverte d’une dette dissimulée qui pourrait porter le poids total de ses créances à 90 % du PIB en 2016. « La probabilité d’un défaut souverain augmente » , note la Coface.

Enfin, l’Angola, qui a demandé l’aide du FMI, est également rétrogradée et passe en catégorie D.

Les bonnes faveurs de la Côte d’Ivoire 

A contrario, la Côte d’Ivoire, qui avait été placée sous surveillance positive et dont les taux de croissance se situent entre 8 % et 9 % par an, s’attire les bonnes grâces de la Coface, qui remonte d’un cran la note du pays à B.

Autre nouveauté de cette édition, l’élargissement de la grille de notation.

L’échelle à sept marches de la Coface (de A1 à D, d’un risque d’impayés “très faible” à “très risqué”), s’élargit d’un nouvelle catégorie pour les pays où le risque d’impayés des entreprises sera désormais jugé « extrême ». Plusieurs pays africains y sont inscrits d’emblée : la Centrafrique, l’Érythrée, la Libye, le Soudan et le Zimbabwe.

En 2014, la Coface a garanti contre les impayés 508 milliards d’euros de créances d’entreprises, dont 6 % en Afrique et sur le pourtour de la Méditerranée.


Après le Brexit, une conjoncture mondiale « à la japonaise »

Ce n’est pas la sortie annoncée du Royaume-Uni de l’Union européenne qui plaide pour un amélioration rapide de la conjoncture économique africaine. « Le Brexit, en attendant d’en savoir plus sur les intentions réelles des Britanniques, rend probable un scénario global à la japonaise, avec une croissance mondiale faible, une stagnation du prix du pétrole et une volatilité des marchés » , analyse Julien Marcilly, économiste en chef de la Coface.

Benjamin Polle Jeune Afrique

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