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Alassane Ouattara fait en « prudencia »

Alassane Ouattara a présidé un Conseil des ministres ce mercredi au palais présidentiel. Au cours de ce traditionnel conseil hebdomadaire, plusieurs sujets ont été passés en revue. Mais au titre de la révision constitutionnelle, « aucun contenu et calendrier » n’ont été arrêtés pour l’instant, à en croire Mme Bamba-Lamine, la porte-parole adjointe du gouvernement qui en a lu le communiqué. Est-ce un recul pour les gouvernants sur cette question qui attise beaucoup de passions ?

Alassane Ouattara fait en « prudencia »

Alassane Ouattara est bien conscient que la révision de la Constitution est un sujet on ne peut plus délicat en Côte d’Ivoire. Suite à l’annonce faite par le chef de l’État de doter le pays d’une nouvelle Constitution, voilà qu’il déterre à nouveau la guerre du « et/ou » qui a alimenté le passage à la deuxième République. Ainsi voudrait-il calmer le jeu selon que l’a avoué Affoussiata Bamba-Laminelors du communiqué du Conseil : « Pour l’instant aucun contenu n’a été indiqué, tout le monde est unanime qu’il y a des aspects conflictogènes, mais aucun calendrier n’a été arrêté. » Puis, la ministre de la Communication ajoute : « Toutes les modalités seront données au moment opportun ainsi que le calendrier. »

Bien que l’initiative de la révision constitutionnelle appartient au président de la République, on assiste en ce moment à une véritable flopée de réactions aussi contradictoires les unes que les autres. Plusieurs éminents juristes constitutionnalistes, dont Francis Wodié et Martin Bléou, sont montés au créneau pour donner la voie à suivre au régime Ouattara. De même, des opposants tels que Pascal Affi N’guessan et Mamadou Koulibaly ont fait entendre leur scepticisme face à la volonté de l’actuel pouvoir de s’attaquer à la Constitution ivoirienne.

Par contre, en soutien à la révision de l’article 35, le juriste Guibessongui N’Datien Séverina préconisé une disposition non discriminatoire pour les candidats à la présidence. Le débat est donc ouvert et loin d’être épuisé. Voilà pourquoi Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, a appelé le président ivoirien à inclure toutes les composantes de la société (partis politiques, société civile) dans cette initiative afin d’obtenir une Constitution consensuelle, gage de paix et de cohésion.

afrique-sur7.fr

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