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RDC: Moïse Katumbi, l’homme qui inquiète Joseph Kabila

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Les ennuis pleuvent sur Moïse Katumbi depuis qu’il a déclaré sa candidature à l’élection présidentielle, le 4 mai dernier.

Soupçonné d’avoir recruté des mercenaires américains pour renverser le président Kabila, la justice congolaise l’a inculpé, à la fin de la semaine dernière, « d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État ». Vendredi, il est parti en Afrique du Sud, officiellement pour se soigner.
C’est un coup dur pour celui qui fait figure de successeur potentiel de Joseph Kabila. Moïse Katumbi jouit d’une grande popularité en RD-Congo. En premier lieu dans la province du Katanga, où il a été gouverneur de 2008 à 2015 avant de démissionner avec fracas.
Il a su y attirer des investisseurs et améliorer la vie de ses administrés?: meilleures infrastructures, salaire minimum de 150 ? dans les sociétés minières. Un fait rare, et donc notable en RD-Congo.
Propriétaire de club de football et fervent catholique
Né en 1964 d’un père italien, juif séfarade ayant fui en Afrique la persécution nazie, et d’une mère princesse de l’ethnie Bemba, arrière-petite-fille du roi Msiri, Moïse Katumbi a fait fortune dans la pêche, le transport et l’exploitation des mines. Il a profité, entre autres, de ses relations avec Augustin Katumba Mwanke, l’homme qui, dans l’entourage de Joseph Kabila, distribuait les richesses du pays.
Entrepreneur, libéral, n’hésitant pas à distribuer généreusement de l’argent à ses soutiens, c’est aussi un passionné de football?: la deuxième­ religion en RD-Congo. Président propriétaire du célèbre club de football du TP Mazembe, plusieurs fois vainqueur de la Ligue des champions d’Afrique, Moïse Katumbi sait donc être populaire.
Il est aussi connu pour être un fervent catholique. Enfant, il a été pensionnaire dans une école tenue par l’Église catholique. Il n’hésite pas à évoquer Dieu, les Évangiles et sa foi dans ses discours et même dans son projet pour la RD-Congo. C’est pourquoi, par exemple, il a choisi de déclarer sa candidature à l’élection présidentielle le jeudi de l’Ascension.
Une bonne image internationale
Sa popularité dépasse aussi les frontières de la RD-Congo. Il est proche des libéraux de l’Afrique francophone comme Macky Sall, le président du Sénégal, ou Alassane Ouattara, le chef d’État ivoirien.
À l’extérieur du continent africain, il est vu avec une grande bienveillance par de nombreux acteurs comme les États-Unis, la Belgique et la France. Moïse Kutumbi leur apparaît comme une alternative crédible et souhaitable à Joseph Kabila.
Mais voilà, l’homme fort de Kin­shasa n’a pas dit son dernier mot. En lançant le rouleau compresseur de la justice congolaise, Joseph Kabila est en mesure d’écraser, aujourd’hui, un rival aussi dangereux.
Laurent Larcher
la-croix.com

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