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Quand GKS parle à la presse internationale, par Franklin Nyamsi

Franklin Nyamsi: « …des forces manipulatoires,  révisionnistes et négationnistes se sont levées dans l’opinion, voulant s’exercer à l’art malin de tordre le sens des propos de Guillaume Soro, afin de semer le trouble parmi les Ivoiriens… »

Quand GKS parle à la presse internationale

Le Chef du parlement ivoirien, depuis son entrée remarquable dans l’action publique au milieu des années 90 dans son pays, confirme avec constance et persévérance l’importance de sa parole politique. Parmi les six fonctions du langage répertoriées par le célèbre linguiste américain Roman Jakobson, il y en a une qui concerne immédiatement le domaine politique : la fonction performative. Elle consiste en ceci que dire, c’est faire. Le dire est action. La parole est pouvoir. Ceux qui connaissent le Che Bogota à la tête de la FESCI militante des années de lutte pour la démocratie pluraliste, le leader des Forces Nouvelles et Chef de la résistance ivoirienne au régime criminel de l’ivoirité entre 2001 et 2010, le ministre d’Etat issu des négociations de Linas-Marcoussis de 2003 à 2007, le premier ministre sous Laurent Gbagbo, issu des accords de paix de Ouagadougou de 2007 à 2010,  le premier ministre et ministre de la défense d’Alassane Ouattara aux heures chaudes de l’arrivée du RHDP au pouvoir de 2010 à 2012, et l’actuel président de l’Assemblée Nationale de Côte depuis 2012, ceux-là, dis-je, savent qu’il ne parle pas pour parler, en pur flatus vocis.

On écrira des thèses de science politique sur la maestria de Guillaume Soro. L’art politique est d’abord pragmatique. Une anthologie des prises de parole monumentales de Guillaume Soro devrait voir le jour, pour fixer dans la stabilité de l’archive, ce qui pourra un jour servir les sciences politiques ivoiriennes, africaines et mondiales, sans forfanterie aucune. Guillaume Soro, de l’aveu même des journalistes politiques de RFI, telle une Sandrine David en 1997 ou un Christophe Boisbouvier en 2016, marque son temps par le verbe et par l’action, par le verbe actif. Cette parole rare et efficace qui signe l’art royal des hommes d’Etat. Guillaume Soro parle de ce qu’il fait et fait ce qu’il dit.  On comprend dès lors que RFI accorde à Guillaume Soro un format d’interview de près de douze minutes, légèrement au-dessus du standard classique des Chefs d’Etat invités par cette radio. On comprend aussi mieux le teasing extraordinaire du nom Soro dans les grands médias internationaux, qui se savent d’autant plus écoutés qu’ils annoncent sa prise de parole, la reproduisent à volonté et recueillent les réactions nombreuses qu’elle suscite, comme catalyseurs d’audimat. On comprend enfin qu’habitué des grandes occasions depuis sa jeunesse militante, Guillaume Soro, souriant et décontracté, mais sérieux et rigoureux, assume ces moments de prise de parole avec dextérité dialectique et pertinence argumentative.

En ce mois de juin 2016, nous avons eu l’occasion d’apprécier cet usage performatif de la parole politique par Guillaume Soro lors des interviews successivement accordées par le chef des députés ivoiriens aux journalistes Cyril Bensimon du Monde et Christophe Boisbouvier de Radio France Internationale. Mais alors et pendant que le texte et le contexte de ces interviews sont encore frais et vivants en nos mémoires attentives, ne voici-t-il pas que des forces manipulatoires,  révisionnistes et négationnistes se sont levées dans l’opinion, voulant s’exercer à l’art malin de tordre le sens des propos de Guillaume Soro, afin de semer le trouble parmi les Ivoiriens, les Africains et les puissances qui observent la Côte d’Ivoire ?

Nous reviendrons amplement dans une seconde tribune sur les thèmes essentiels des interviews historiques de 2016 délivrées par Guillaume Soro. Mais nous assurons ici au préalable, un devoir essentiel  d’hygiène intellectuelle: rappeler l’orthodoxie de l’unité et de la cohérence de la pensée-Soro face à trois mensonges affichés ces trois derniers jours à son propos : I) Le mensonge d’une journaliste de Jeune Afrique ; II) Le mensonge de Pascal Affi Nguessan, président d’un FPI naufragé sans repères de bon sens ; III) Le mensonge d’une certaine presse ivoirienne inintelligente, porte-voix d’ambitieux encagoulés, véritables aigrefins inhibés,  qui n’osent pas affronter le président Guillaume Soro à visage découvert.

I- Le mensonge d’une journaliste de Jeune Afrique

Une certaine Claire Rainfroy, à peine publiée l’interview du président Guillaume Soro le 21 juin 2016, s’est précipitée, dès 15h45’ à titrer avec une docte assurance dans Jeune Afrique : « Guillaume Soro préfère le perchoir au statut de dauphin du Chef de l’Etat. ». Cette dame, qui aurait pu essayer d’interviewer Guillaume Soro elle-même, prétend mieux connaître l’interview de Christophe Boisbouvier que Christophe Boisbouvier lui-même. Elle prétend en avoir compris, avant même que l’encre de la publication n’ait séché, toute la signification ultime? Comment comprendre une telle précipitation dans les affaires importantes d’un Etat? Quelles preuves avance Madame Rainfroy pour alimenter son affirmation ? Trois citations de l’interview de Guillaume Soro à Christophe Boisbouvier sur RFI. Voyons ce qu’elles disent et interrogeons l’interprétation de Rainfroy.

1ère citation de Guillaume Soro par Claire Rainfroy : « Le Vice-président sera la deuxième personnalité de l’Etat de Côte d’Ivoire et sera détenteur du dauphinat constitutionnel ».

En quoi cette phrase prouve-t-elle que Guillaume Soro aurait une préférence pour une fonction débarrassée du dauphinat constitutionnel ? En rien. Pour une raison simple : on ne sait pas encore qui le président Alassane Ouattara choisira éventuellement comme vice-président, après l’adoption probable de la constitution de la troisième république en préparation. Mieux encore : on sait qui est aujourd’hui, et depuis 2012, le dauphin constitutionnel du président de la république. C’est le président de l’assemblée Nationale, Guillaume Kigbafori Soro. Qui peut le plus ne peut-il pas le moins ? Ayant déjà été et étant encore dauphin constitutionnel, Guillaume Soro n’a-t-il pas au moins cette expérience décisive à son actif?

2ème citation de Guillaume Soro par Claire de Rainfroy : Ce sera au président Alassane Ouattara de donner le dauphinat constitutionnel à qui il a le plus confiance ».

En quoi cette phrase prouve-t-elle que Guillaume Soro n’a pas la confiance maximale du Chef de l’Etat, Alassane Ouattara ? Dans la même interview, Guillaume Soro n’a-t-il pas fort à propos rappelé que sa relation au président Alassane Ouattara est « au-dessus des conjonctures temporelles » ?  Claire Rainfroy, comme toute bonne journaliste en mission, n’entend que ce qu’elle veut bien entendre.  Et derechef : en qui le président Ouattara a-t-il placé la confiance maximale du dauphinat constitutionnel depuis 2012 ? A un Guillaume Soro qui a traversé victorieusement l’une des périodes les plus sombres de l’histoire de son pays, de 2010 à 2012, et dont le président Ouattara a dit les choses les plus élogieuses qu’il ait jamais dites d’un homme politique ivoirien en dehors du président Félix Houphouët-Boigny. Qui peut le plus, une fois de plus, ne peut-il pas le moins ? Quand on a été l’un des principaux artisans, sinon des premiers artisans du salut de la nation et de la sauvegarde de l’Etat, en devient-on subitement inapte à assurer les fonctions suprêmes pour lesquelles on a du reste été préparé par quatre années de dauphinat constitutionnel ? Dans l’art de prendre les désirs de sa ligne éditoriale pour des réalités, Claire Rainfroy bat décidément tous les records de maladresse. Et voyons l’ultime manipulation venir.

3ème citation de Guillaume Soro par Claire de Rainfroy : «  Cette attribution (La vice-présidence et le dauphinat constitutionnel) devrait donc échapper à Guillaume Soro, puisque ce dernier a rappelé qu’il souhaitait « rempiler au poste de président de l’Assemblée Nationale » lors des élections législatives fixées en novembre prochain. »

Vous remarquerez d’emblée que seuls les caractères en gras sont des mots de Guillaume Soro lui-même, alors que tout le reste relève de la mise en forme du propos par Claire Rainfroy, dans le but manifeste d’en tordre le sens. En quoi rempiler au poste de président de l’Assemblée Nationale empêcherait-il Guillaume Soro d’être choisi éventuellement par le président Alassane Ouattara comme Vice-Président de la République, si la réorientation semi-parlementaire des institutions ivoiriennes se confirmait ?  N’est-ce pas au fond plus conforme à l’esprit de la démocratie que celui ou celle qui accompagnerait le Chef de l’Etat comme son adjoint-direct soit non seulement oint de la confiance présidentielle, mais aussi, de la seconde meilleure représentativité électorale dans le pays, après le président de la république élu au suffrage universel ? Dans l’esprit de la constitution ivoirienne actuelle, c’est bien aussi parce que le président de l’Assemblée Nationale, par le suffrage indirect de ses pairs, est la seconde personnalité politique la plus largement élue de Côte d’Ivoire, après le président de la république élu au suffrage direct, qu’il assume le dauphinat constitutionnel à la fois avec la confiance du Chef de l’Etat et l’onction populaire ! On ne peut d’aucune façon, en démocratie, omettre l’onction populaire dans le choix d’un dauphin constitutionnel.

Il s’ensuit dès lors, en réalité que rempiler à la tête de l’assemblée nationale confirmerait Guillaume Soro dans l’assise institutionnelle indiscutable qui est la sienne aujourd’hui. N’est-ce pas révélateur de la maîtrise des arcanes de son pays par le Speaker ivoirien ? Avis de prudence aux amateurs.

II-La tentative manipulatoire de Pascal Affi Nguessan ou la perte du bon sens

Ce jeudi 23 juin 2016, le président d’un des lambeaux du Front Populaire Ivoirien, l’ancien premier ministre Pascal Affi Nguessan, s’est précipité sur la Radio Française Internationale – plusieurs fois interdite autrefois à Abidjan sous le régime FPI- pour s’adonner à cœur joie à l’un de ses exercices publics favoris : l’incantation mensongère, accompagnée d’une couardise à nulle autre pareille. N’est-ce pas sous Affi Nguessan président du FPI et récemment premier ministre que Jean Hélène, un journaliste célèbre de RFI, fut assassiné le 21 octobre 2003 à Abidjan pour avoir voulu investiguer sur la laideur du régime de l’ivoirité en conteste de xénophobie légalisée? Sans commencer par une minute de silence en la mémoire des nombreuses victimes de la politique criminelle de l’ivoirité, l’ancien premier ministre de Gbagbo prétend enfin entériner les discussions de Linas-Marcoussis alors même qu’il en a organisé activement la contestation, jusqu’à l’Opération militaire « Dignité », cette foireuse guerre lancée par le régime FPI en novembre 2004 contre les positions des Forces Nouvelles et les populations du Nord de la Côte d’Ivoire.

Comment peut-on faire preuve d’autant de lâcheté ? Le surnom de Tchêmougouni national – lâche suprême – va décidément comme un gant à Pascal Affi Nguessan. Interrogé sur les responsabilités du FPI dans la crise postélectorale ivoirienne, le même Pascal Affi Nguessan, pourtant président du parti au pouvoir alors, n’hésite pas à refiler la patate chaude à ses camarades Laurent et Simone Gbagbo, Blé Goudé, qu’il charge exclusivement de l’extrémisme qui a entraîné la perte de leur régime commun. Pour Affi, il est normal qu’on juge Simone Gbagbo, car elle a des torts évidents. Mais quant à lui, Affi, blanc comme neige, il serait normal qu’on l’encense, et mieux, qu’on lui confie, avec ses 9% de 2010, les rênes de ce pays en 2020. Comment ne pas s’étonner d’autant d’inconséquence, de la part de quelqu’un qui ne contrôle qu’un lambeau de son parti et ne conserve de la popularité que dans son bastion ethnique le plus restreint dans le Moronou ? De quelle réconciliation peut-on réellement parler en Côte d’Ivoire avec le parti de fieffés menteurs qu’est résolument le Front Populaire Ivoirien ? Une foire aux mensonges de trop n’aidera en rien la Côte d’Ivoire à avancer. Seules la justice et la vérité changeront les cœurs et répareront les frustrations. Ce qui échappera à ces deux instances relève du domaine sublime du pardon.

Interrogé sur l’état de la Côte d’Ivoire en 2016, Pascal Affi Nguessan y va d’une formule lapidaire : « Tout va mal en Côte d’Ivoire ». Christophe Boisbouvier cite pourtant les données politiques, sociales, économiques et culturelles concrètes du premier mandat d’Alassane Ouattara. Sans montrer en quoi ces données positives seraient toutes fausses, Affi bâcle le tout dans un niet obsessionnel. « La Côte d’Ivoire ne va pas mieux », nous dit Affi, comme pour nous inviter à regretter le bon vieux temps du régime criminel de Laurent Gbagbo. N’est-ce pas le summum du cynisme ?

Lorsqu’on en vient à la bataille politique ouverte sur la présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire, Pascal Affi Nguessan croit bon d’en écarter a priori le seul candidat dont il est certain qu’il le battrait à plate couture, comme le président Alassane Ouattara l’a étalé en 2010. Une présidentielle 2020 sans Guillaume Soro ? Suprême fantasme d’Affi Nguessan qui s’est tout autant délecté de l’absence de Laurent Gbagbo à la présidentielle 2015. N’est-ce pas la même lâcheté  de notre personnage? Affi Nguessan, croyant ruer dans des brancards alors qu’il s’expose à sa pire déconvenue, fonce tête baissée contre le président Guillaume Soro, avec sa rengaine habituelle : Soro doit démissionner, pour se soumettre à « toutes les justices qui le suivent à travers le monde ».  Que signifie ici le quantificateur « toutes » ? Affi Nguessan en joue pour suggérer à l’auditeur distrait que le monde entier veut juger Guillaume Soro. Mais quelle justice poursuit donc Guillaume Soro ? Le Burkina Faso y a renoncé. Que reste-t-il pour faire le monde d’Affi Nguessan ? La risible affaire lancée par Michel Gbagbo contre l’Etat de Côte d’Ivoire, puisque c’est en tant que premier ministre et ministre de la défense du président de la république Alassane Ouattara que Guillaume Soro a agi de décembre 2010 à mars 2012 ? Pour une affaire, une seule affaire pendante et au demeurant bien circonscrite, où sont « toutes les justices qui le suivent à travers le monde », Monsieur Affi Nguessan ? Le FPI n’a-t-il pas un plus grand nombre d’affaires dans toutes les justices du monde que Guillaume Soro ? Quid de la CPI, quid des procès pour atteinte à la sûreté de l’Etat qui se poursuivent ? Qui est réellement poursuivi par toutes les justices du monde si ce n’est l’engeance qui a incité des Africains à tuer des Africains en Côte d’Ivoire, parce qu’ils ne seraient pas des Ivoiriens conformes au modèle ostracisant de l’idéologie ivoiritaire ? Le chef du lambeau de FPI à 9% est décidément en perte de bon sens. La réalité politique de 2020 ne l’en rattrapera que plus cruellement.

III-La tentative de manipulation des ambitieux encagoulés derrière la presse inintelligente à Abidjan

Venons-en maintenant à l’ultime parade trouvée par ceux qui rêvent de 2020 en se rasant tous les matins, y compris quand ils n’ont même pas de barbe.  Incapables d’assumer leur inimitié sourde envers le président Guillaume Soro en plein jour, ces aigrefins croient être passés des ténèbres à la lumière alors qu’ils demeurent des ombres. Il leur sied alors de s’exprimer par l’entremise de plumes journalistiques interposées dont nous devons être conscients de l’histoire. En effet, se découvrent aujourd’hui dans la presse d’Abidjan, des alassanistes de la 25ème heure, pourtant connus pour avoir forgé et fourbi leurs armes malignes sous les mentors de l’idéologie ivoiritaire, dans les années 90-2000. Ce sont les mêmes, qui dès 1990, diabolisèrent Alassane Ouattara par moult tribunes assassines, qui aujourd’hui se sont glissés par opportunisme dans les entrailles du pouvoir RHDP qu’ils prétendent aujourd’hui conseiller et défendre corps et âme. Ce sont les mêmes, qui donnèrent leurs lettres de noblesse aux pratiques discriminatoires les plus ostentatoires, qui éprouvent aujourd’hui l’incroyable ambition d’enseigner la moralité publique à un homme d’Etat confirmé de la trempe de Guillaume Soro. Y-a-t-il pire façon pour l’hôpital de se foutre de la charité ? Tout analyste politique qui s’intéresse aux écrits des journalistes ivoiriens doit s’imposer l’effort de retracer au préalable leurs itinérances, leurs parcours et l’évolution de leurs thèses politiques, dans le sillage des allégeances bien souvent nombreuses et contradictoires dont bon nombre se sont avérés capables. On découvrira ainsi que l’intelligence, dans bon nombre de nos journaux, a été reniée depuis longtemps au nom du culte des passions éphémères : l’argent, le sexe, la gloriole, le jeu et la gloriole du pouvoir facile.

Voici donc la presse inintelligente d’Abidjan, décidée à faire penser des interviews de Guillaume Soro, tout le contraire de ce qu’il a voulu dire.

Cette presse aux ordres commence par un reproche de type métaphysique adressé à Guillaume Soro. Emil Cioran, le philosophe roumain du 20ème siècle, disait en effet la chose suivante : « Le plus grand problème dans la vie, c’est l’inconvénient d’être né ». Tributaire de ce pessimisme à la Cioran, la presse inintelligente d’Abidjan accuse Guillaume Soro d’occuper tous les espaces, sociaux, politiques et maintenant médiatiques. En un mot, il est reproché à l’homme d’Etat Guillaume Soro, tout simplement d’exister. L’être-là de Guillaume Soro serait donc comme celui d’un baobab qui empêcherait d’autres arbres de croître autour de lui et dès lors, que faut-il faire ? La presse inintelligente d’Abidjan, reprochant à Guillaume Soro de faire la pluie et le beau temps, s’exerce à la colère des hommes contre les dieux. Pour cela, on prétendra, de préférence, vouloir faire comprendre la parole soroiste, alors qu’en réalité, on veut semer la confusion sur son sens et sa portée. Telle est la stratégie. Mais faut-il le rappeler à ces journalistes aux ordres, la politique est la saine appréciation des réalités. Que l’on aime Guillaume Soro ou non, le temps mis à décortiquer ou déconstruire son discours est de toutes façons un cinglant aveu de sa stature nationale et internationale incontournable. Que l’on aime Guillaume Soro ou non, il est clair qu’après les présidents Bédié et Ouattara en Côte d’Ivoire, nul ne peut se prévaloir de son expérience politique exceptionnelle. Le CV syndical, militaro-politique, gouvernemental, parlementaire et diplomatique de Côte d’Ivoire parle éloquemment pour lui. La contestation existentielle de l’être-Guillaume Soro n’est dès lors que la dérivation journalistique de la jalousie des donneurs d’ordres encagoulés. Il leur faudra pourtant faire avec ce phénomène transcendant.

Voyons au détail à présent  la tactique de la presse inintelligente d’Abidjan. Son mot de passe est : « Affaire à suivre ». Vous la reconnaîtrez ainsi, par ce signe, ces mots et attouchements. L’aveu d’une mission commandée est ici on ne peut plus direct. Cette presse a reçu mission de suivre Guillaume Soro et de tout faire pour flétrir son verbe créateur par des insinuations fallacieuses de tous acabits. Comment s’y prend-on alors ? Un baobab n’est pas une mince affaire, quand on l’attaque avec à coups de fourchette. Elle a des dents, me direz-vus, la fourchette. Des griffes même, ajouterai-je. Mais, un chef n’est pas un chiffon comme un baobab n’est pas une tige de salade.

On prétend que Guillaume Soro fait durer le suspense sur sa conception de la future vice-présidence de la république. Comment faire de la retenue d’un homme d’Etat, un défaut ? Comment faire de la confiance de Guillaume Soro envers le président de la république Alassane Ouattara, un tort, alors même que cela devrait rassurer tous ceux qui s’interrogeraient encore sur l’harmonie qui règne entre le Chef de l’Etat et son dauphin constitutionnel ?  Point besoin, de toute façon, de faire un procès d’intention à Guillaume Soro, quand on connait les principes qui guident de tout temps son action : la confiance entre le président Ouattara et lui, « au-dessus des conjonctures temporelles », et le respect qu’ils ont en commun pour la souveraineté du peuple, cheville ouvrière de toute démocratie moderne digne de ce nom. Au nom de ces deux principes, il serait inconcevable que le vice-président et dauphin constitutionnel selon les termes de la future constitution, soit une personne uniquement nommée et pas élue. Mieux encore, une telle personne, en démocratie, ne peut être que la personnalité la mieux élue après le président de la république. Pour être président de l’assemblée nationale, ces deux conditions ne sont-elles pas déjà requises par la constitution actuelle de 2000 ? Au lieu de voir le monde tel qu’il est, la presse inintelligente s’exerce à voiler ceci aux Ivoiriens : même dans l’hypothèse d’une vice-présidence ayant le dauphin constitutionnel, la meilleure élection après l’élection présidentielle préemptera le choix. Et voilà pourquoi le président de l’assemblée nationale est à la fois celui en qui le Chef de l’Etat met sa confiance primale parmi les députés, et celui qui assure le dauphinat constitutionnel  selon la constitution actuelle. Or qui ne sait pas qu’il y aura une nouvelle assemblée nationale, avant qu’il y ait éventuellement un nouveau vice-président ? Imaginer un autre schéma, ne serait-ce pas vouloir imposer une régression politique grave à la Côte d’Ivoire ?  Décidément, Guillaume Soro dispense in fine un cours de science politique à la presse inintelligente d’Abidjan, qui au fond, veut faire régresser le pays dans les querelles identitaires du temps du tristement célèbre Le National de monsieur Tapé Koulou. Nous n’avons pas la mémoire courte !

On s’obstine à présenter Guillaume Soro dans la posture de celui qui voudrait sauver quelques meubles de la catastrophe qu’on lui souhaite. On imagine avec complaisance ce qui se dit dans « la maison Kigbafori », faute de s’intéresser sincèrement à ce que Guillaume Soro dit réellement. On voit obsessionnellement Guillaume Soro espérant, du désastre annoncé par ses rivaux encagoulés et couards, sauver quelques miettes de visibilité républicaine ? Quel trésor d’imagination perverse, quelle débauche absurde d’énergie chez tous ces alassanistes des jours pairs qui se défaussèrent tous les jours impairs!  Et si la catastrophe espérée par la presse inintelligente n’avait finalement pas lieu ? Et si ce qui se profilait à l’horizon, c’était tout simplement la tranquille continuité de l’intime fraternité de lutte et de vision qui lie le président de la république et le président de l’assemblée nationale actuels de Côte d’Ivoire ?  Car, y-a-t-il plus grand brevet de loyauté et de fidélité politique en Côte d’Ivoire contemporaine que le passage abrupt de décembre 2010 à janvier 2011 où premier ministre de Laurent Gbagbo, Guillaume Soro remet au risque de sa vie sa démission au président élu Alassane Ouattara, sous les canons de chars de la Refondation, avant d’être immédiatement reconduit comme premier ministre avec la fonction régalienne supplémentaire de ministre de la défense ? Où étaient-ils alors, ceux qui se prévaudraient d’un amour supérieur pour le président Ouattara, quand Guillaume Soro risquait sa vie en octobre 2000 pour défendre la résidence du Chef de l’Etat actuel, contre les chars et soldats Gbagbo, déterminés à l’assassiner, lui et les siens, comme ils l’ont fait plus tard contre Guéi Robert et les siens ?  Y a-t-il plus grand amour pour un Chef politique que d’être prêt à mourir pour lui hic et nunc ? Ce terrible jour d’octobre 2000, Gbagbo, assis sur le charnier de Yopougon, voulait s’asseoir sur les corps des Ouattara. Dans la résidence du chef de l’opposition ivoirienne d’alors, certains avaient vite fait de prendre la poudre d’escampette, profitant de la solidité de leurs jarrets et des nombreux bosquets environnants pour se sauver subrepticement. Guillaume Soro, aurait pu imiter ces prudents et craintifs compréhensibles, exposés objectivement à une mort violente. Mais, courageusement, il assuma sa position dans le dernier carré de fidèles défenseurs d’Alassane Ouattara pour défendre la résidence. La presse inintelligente d’Abidjan, qui veut comprendre l’exceptionnelle relation filiale qui lie le président Ouattara à son dauphin constitutionnel Guillaume Soro, peut utilement s’assagir en interrogeant les témoins suivants : Madame Dominique Ouattara, les ministres Adama Toungara et Aly Coulibaly, feu le sergent Bakary Kéita, le  marin Palé Djamé, le sous-officier d’alors Jean-Baptiste Soro, Messieurs Malick Toé, Coulibaly Yessoro Daniel, Madame Maïmouna Faber, feue Mademoiselle Cissé, et une dizaine de Dozos héroïques. Où étaient nos pronostiqueurs contemporains des places réservées dans le cœur du président Ouattara, quand Guillaume Soro et ses compagnons d’armes, avec les menus moyens dont ils disposaient, firent reculer la soldatesque de Laurent Gbagbo, desserrant l’étau sur la maison, afin de permettre que réfugié chez l’ambassadeur d’Allemagne, Ado organise les renforts diplomatiques qui devaient briser l’impasse ? Blessé au poignet par un éclat d’obus et saignant abondamment, Guillaume Soro, fut soigné par Madame Dominique Ouattara en personne. Que la presse éventuellement sceptique aille interroger les survivants contemporains de cette scène héroïque. Rien de bien difficile. Ils sont tous accessibles en Côte d’Ivoire! Le futur chef du MPCI ne quitta jamais la maison pendant tout le temps du combat et n’en partit que quand il se fut assuré que les vies du leader de l’opposition ivoirienne, Alassane Ouattara et son épouse, étaient résolument hors de danger. Combien de nos héros de la 25ème heure peuvent-ils se prévaloir d’un tel dévouement sacrificiel ?

On fouille dans les « affaires », matière à nourrir la mission de suivre Guillaume Soro ? Et les voilà, les mêmes qui n’en pouvaient plus des désordres du fameux commando invisible défiant l’autorité du président élu Alassane Ouattara en avril 2011, à s’improviser défenseurs du Sergent Chef IB. Et les voilà, les mêmes, qui étaient fort heureux que Guillaume Soro, premier ministre et ministre de la défense, rétablisse les fondements de la Côte d’Ivoire sous les ordres formels du Chef de l’Etat, les voilà qui veulent le beurre et l’argent du beurre… Souvenez-vous de la métaphore du baobab et de la fourchette. Ou du manchot qu’on envoie prendre son courage à deux bras…Et de rêver que leur salut vienne de la CPI, qui leur enlèverait l’existant politique le plus nuisible à leurs ambitions démesurées…Décidément. Que ne ferait-on pas pour jouir davantage, si ce n’est nuire davantage ?

On accuse Guillaume Soro, dans la même presse inintelligente, de focaliser les attentions de tous sur 2020 et de nuire ainsi à la sérénité du mandat présidentiel en cours ? La même ruse perfide à l’œuvre. Tenter de créer un espace entre l’écorce et l’arbre. Diviser pour espérer régner aux détriments d’Alassane Ouattara et de Guillaume Soro. En fustigeant ce que l’on nomme abusivement la couverture de Soro par le Chef de l’Etat, on avoue son impuissance à détruire la parfaite bijection et interaction constatée entre ces deux hommes d’Etat. On reconnaît l’impuissance de la calomnie à faire table rase d’une histoire exceptionnelle, d’une entente féconde à la tête de l’exécutif et du législatif ivoiriens. Gouverner, c’est prévoir. Le président de la république, Alassane Ouattara et le président de l’assemblée nationale, Guillaume Soro, le savent éminemment. Penser la Côte d’Ivoire, c’est la projeter à court, moyen et long terme. C’est donc, de toute évidence, aussi penser à 2020, entre autres échéances. On ne reprochera pas à Guillaume Soro de ne pas pratiquer la langue de bois. Conscient de sa vocation, il est au service de l’espérance ivoirienne. Et ce n’est pas sans raison qu’il a averti: « Nos adversaires ont la montre, mais nous nous avons le temps ».

Les trois tentatives de distorsion des vérités-phares dites dans les Interviews de Guillaume Soro en  juin 2016 tournent ainsi au fiasco. De telle sorte que l’opinion avertie et débarrassée de ces manipulations éhontées peut à présent apprécier ces vérités dans toute leur fécondité historique. Nous y reviendrons,  toujours sereinement, dans la deuxième et dernière partie de ce dossier.

Franklin Nyamsi

guillaumesoro.ci

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