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Pauvreté et privations poussent les jeunes africains vers l'extrémisme

Ce qui pousse des jeunes Africains vers l’extrémisme, selon le PNUD: « Sur les chemins de l’extrémisme en Afrique: moteurs, dynamiques et éléments déclencheurs ».

Dans cet article, le journal belge Le Vif, rend compte d’une étude du PNUD parue le mois passé et intitulée : « Sur les chemins de l’extrémisme en Afrique: moteurs, dynamiques et éléments déclencheurs ».

Pauvreté et privations poussent les jeunes africains vers l’extrémisme

Le dénuement et la pauvreté, aggravés par une gouvernance déficiente, constituent les principales raisons qui poussent les jeunes africains à rejoindre des organisations extrémistes comme Boko Haram au Nigeria ou al-Shabaab en Somalie, pointe une étude du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), présentée lundi à Bruxelles. La religion joue également un rôle mais celui-ci doit être nuancé.

Pour son étude « Sur les chemins de l’extrémisme en Afrique: moteurs, dynamiques et éléments déclencheurs », le PNUD s’est appuyé sur des entretiens menés sur le terrain auprès de 495 anciennes recrues volontaires ayant appartenu à des groupes extrémistes tels que les Chebab ou Boko Haram.
En Afrique, le recrutement a principalement lieu au niveau local, plutôt que via internet, et près de 80% des rescapés interviewés indiquent avoir rejoint un groupe moins d’un an après avoir été approchés. Pour la moitié, le ralliement s’est effectué dans le mois suivant ce premier contact.

Ce rapport révèle notamment que, si plus de la moitié des personnes interrogées ont invoqué la religion pour justifier leur ralliement à une organisation extrémiste, 57% admettent avoir peu ou aucune connaissance des textes religieux et de leurs interprétations. Le rôle de la religion doit toutefois être nuancé. En effet, l’étude suggère que « la compréhension des fondements de la religion peut renforcer la résilience face à l’extrémisme ». Ainsi, le fait d’avoir par exemple suivi minimum six ans d’études religieuses réduit d’au moins un tiers la probabilité de rejoindre un groupe extrémiste.

L’une des conclusions « les plus frappantes » de l’étude, souligne le PNUD, est que 71% des anciennes recrues rencontrées ont mentionné une action du gouvernement (arrestation ou exécution d’un proche, notamment) comme un élément déclencheur les ayant définitivement convaincues de rallier un groupe extrémiste.

« Les individus les plus susceptibles de tomber dans le piège de l’extrémisme violent sont souvent des êtres frustrés, qui ont été, dès l’enfance, marginalisés et négligés », relève le Programme des Nations Unies pour le développement. « En mal de perspectives d’avenir au regard de l’emploi ou de la participation à la vie citoyenne porteuse de changement (…), ces jeunes pourraient être amenés à basculer dans l’extrémisme violent dès lors qu’ils sont témoins ou victimes de pratiques qu’ils perçoivent comme étant des abus de pouvoir de l’État. »

En guise de conclusion, le PNUD appelle les gouvernements à réévaluer les ripostes militarisées face à l’extrémisme, « à la lumière du respect de la primauté du droit et des engagements souscrits en faveur des droits de l’Homme ».

Les Nations Unies estiment que plus de 33 300 Africains ont perdu la vie dans des actes extrémistes violents perpétrés en Afrique entre 2011 et début 2016. Les opérations de Boko Haram ont par ailleurs causé à elles seules au moins 17 000 morts et mené au déplacement de 2,8 millions de personnes dans la région du Lac Tchad.

(Ecofin Hebdo)

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