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Politique : les électrons libres, un os dans la gorge des barons du RDR…

Politique : les électrons libres, un os dans la gorge des barons du RDR…

Un combat de gladiateur oppose depuis l’arrivée au pouvoir de leur parti, les barons du RDR à ceux qu’ils appellent « les électrons libres ». Il s’agit des cadres du parti sur lesquels les premiers n’ont aucune influence, ces derniers ne devant leur ascension qu’à leur compétence. Défenseurs d’une gestion rigoriste du pouvoir, les électrons libres ne pouvaient forcément pas s’entendre avec les nouveaux riches, qui avaient une revanche à prendre sur leur destin.

La gestion du pouvoir Ouattara est décriée par la base de son parti, cela n’est un secret pour personne. Au centre de la grogne, justement, la mise à l’écart des militants sur la compétence desquels s’est bâtie la force du parti. Le fameux « entourage du président » dont finalement, personne ne dit du bien, ni les militants du RDR, ni ceux de l’opposition, encore moins les Ivoiriens dans leur ensemble, démontre sa force. Engagés dans une course effrénée à l’enrichissement, les pontes du parti présidentiel multiplient les gaffes qui desservent leur Mentor. Ne leur attribue-t-on pas les nouveaux immeubles et commerces qui poussent comme des champignons à travers Abidjan, depuis des années ?

Les hommes et les femmes qui ont risqué leur vie lorsque la direction du parti se mettait à l’abri, ont démontré leur efficacité en conduisant des actions d’élite sans instruction de personne. Du coup, les titulaires se sont sentis menacés. C’est ainsi que, une fois aux affaires, ils entreprendront de mettre à l’écart, voire d’isoler carrément ces collaborateurs qu’ils considèrent comme des menaces, quitte à se faire seconder à leurs postes par des étrangers ne pouvant avoir aucune ambition légitime, céans.

Le meilleur prototype d’électron libre est l’architecte Cissé Ibrahim. Candidat aux législatives dans la commune de Treichville, il y investira la coquette somme de 200 millions de francs. Convaincu d’avoir remporté les élections, il devra néanmoins céder son fauteuil à Amichia François sur instruction de la fameuse direction du parti, au motif que le PDCI leur cède Yopougon, en contrepartie. Quant à l’investissement financier de Cissé, aucun remboursement n’a jamais été à l’ordre du jour, ni même de nomination dans une institution, car personne ne peut contrôler l’électron libre… Par dépit, l’homme s’est retiré de la politique pour se consacrer à ses affaires. Aux dernières nouvelles, il aurait même quitté le pays pour s’installer au Maroc, loin de la méchanceté et de l’hypocrisie de l’entourage de Ouattara. Comme Cissé, de nombreux cadres du parti sont depuis la victoire de leur parti, contraints à la mendicité, pendant que les « grands » montrent leur puissance en faisant la promotion des cancres, au grand dam de la base et de la Côte d’Ivoire qui mérite mieux. En effet, nombre sont les « protégés » qui vont jusqu’à cumuler des postes de ministres, de PCA, de députés, de maires ou de conseillers économiques, quand ils ne sont pas des prête-noms à qui sont attribués les marchés publics. Malheureusement, toute cette injustice se déroule sous les yeux du président Ouattara sans que ce dernier ne lève le petit doigt, comme s’il était envoûté. 2010 n’est pas 1990, entend-t-on également, souvent, comme explication. En d’autres termes, le Ouattara rigoureux d’Houphouët n’est pas celui d’aujourd’hui, il  pris de l’âge et du plomb dans l’aile. On serait tenté de le croire si la capacité de travail de l’homme ne démentait pas cette assertion.

Jusqu’où ira cet ostracisme qui dure depuis sept ans, maintenant ? Nul ne saurait le dire. Ce qui est certain, c’est qu’il dessert ce qu’il est coutume d’appeler ici, le « pouvoir des Dioulas ». En effet, qu’on le veuille ou pas, le RDR devra faire la passe politique au PDCI en 2020, car c’est lui et personne d’autre qui est au pouvoir aujourd’hui. Son pouvoir, il le partage comme il veut avec qui il veut, mais on dira que c’est lui qui est au pouvoir…

Edgar Kouassi Kouamé

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