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Parti à Paris à la recherche de financements pour des investissements publics à hauteur de 4 425 milliards de F CFA dans le cadre du Programme national de développement (PND) 2016-2020, la délégation ivoirienne a enregistré presque le double de la cagnotte qu’elle recherchait, en termes d’intentions et d’engagements de la part des partenaires au développement, au terme de la première journée de réunion avec les bailleurs de fonds, soit 7 700 milliards de FCFA.

Avec, entre autres, des institutions prestigieuses comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne (UE), la Banque islamique de développement (BID), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et des pays comme la France, les Etats-Unis d’Amérique, le Japon, la Corée du sud, l’Allemagne,  qui sont prêts à mettre la main à la poche pour financer le projet, la Côte d’Ivoire pouvait difficilement espérer mieux que cette moisson qui, visiblement,  est allée au-delà de ses attentes. Par ces temps de récession à l’échelle mondiale, c’est un résultat plus que probant qui traduit toute la confiance des investisseurs dans le pays de Houphouët Boigny, comme au bon vieux temps, dans les années 70 à 80 ; ce qui lui avait permis de réaliser ce que d’aucuns avaient appelé « le miracle ivoirien ». Aujourd’hui, avec tous ces soutiens annoncés des bailleurs de fonds qui se bousculent au portillon du pays d’Alassane Dramane Ouattara (ADO), l’on peut se demander si la Côte d’Ivoire s’achemine vers son deuxième miracle économique. En tout cas, c’est le plus grand mal que l’on puisse lui souhaiter. Car,  la Côte d’Ivoire revient de loin, au regard des multiples tensions sociopolitiques qui ont émaillé son histoire, ces dernières décennies. Ces tensions avaient contribué à l’éloigner de nombreuses institutions dont la BAD qui avait même momentanément délocalisé son siège d’Abidjan à Tunis. Car, il est bien connu l’adage selon lequel « l’argent n’aime pas le bruit ».
Le pouvoir ne devrait pas lésiner sur la mise en ouvre de projets sociaux en faveur des couches les plus défavorisées
Le point culminant de cette période trouble de l’histoire de la Côte d’Ivoire, aura sans nul doute été la période qui s’étend du déclenchement de la rébellion au Nord du pays jusqu’à la chute de Laurent Gbagbo en avril 2011, après l’élection présidentielle controversée de 2010 qui aura, à elle seule, laissé pas moins de 3 000 morts sur le carreau. Depuis lors, les armes se sont tues en Côte d’Ivoire et le pays, sous la houlette du président ADO,  s’est résolument engagé sur le chemin de la reconstruction et du développement, avec  pour défis majeurs la relance économique, la sécurité intérieure et la réconciliation nationale. Cinq ans après, l’on peut dire que la Côte d’Ivoire est à nouveau sur les bons rails. Car, ADO a quelque peu réussi à relever les défis de la stabilité, de la sécurité et de la relance économique qui lui valent aujourd’hui la confiance presqu’absolue des bailleurs de fonds. Et cette confiance  est la traduction manifeste dans les faits, que la Côte d’Ivoire est redevenue un pays économiquement viable, fiable et crédible, les conditions et le climat étant à nouveau favorables aux affaires. La RCI peut donc s’estimer heureuse de cette sorte de quitus que les Occidentaux et autres partenaires au développement donnent à la politique de son président. Le profil de l’homme a certainement pu militer en faveur de cela. Car, en plus d’être le chouchou de la France, ce « pur » produit des institutions de Bretton Woods pouvait difficilement ne pas bénéficier du soutien des siens. C’est ceci donc qui pourrait bien expliquer cela. Sans oublier que les origines européennes de son épouse  peuvent aussi peser dans la balance. Tout cela réuni, devrait être un facteur stimulant pour ADO à faire plus pour la Côte d’Ivoire ; lui qui semble guidé par le souci de laisser son nom dans l’histoire, pour prouver à la postérité qu’il était là pour bâtir le pays, quoique mal aimé, rejeté et banni par certains. En tout cas, si tous ces fonds sont effectivement acquis et bien gérés, l’on peut s’attendre à ce qu’ils en appellent d’autres pour hisser la Côte d’Ivoire à un niveau de développement encore plus élevé. L’émergence à l’horizon 2020 ou 2025 qui est en ligne de mire, se dessinerait alors de façon un peu plus précise.  Dans ces conditions, le pays serait en pôle position pour réaliser son deuxième miracle économique, car il serait désormais difficile de freiner ADO dans son élan. Ce serait alors pour lui, une belle revanche. Toutefois, ses détracteurs évoqueront toujours contre lui, la question de la réconciliation qui demeure jusque-là son talon d’Achille, pour l’enquiquiner. En tout état de cause, la tendance est plus à l’optimisme qu’au pessimisme. Mais, les Ivoiriens auront aussi besoin de sentir l’impact de toute cette manne financière en termes d’amélioration de leur vécu quotidien. C’est pourquoi le pouvoir ne devrait pas lésiner non plus sur la mise en ouvre de projets sociaux en faveur des couches les plus défavorisées. C’est aussi à l’aune de cela qu’il sera jugé par les populations dont certaines ne veulent voir dans le développement que l’amélioration du panier de la ménagère. Et ADO a certainement à l’esprit cette fameuse boutade de certains de ses détracteurs qui se plaisent à dire à qui veut les entendre qu’« on ne mange pas pont1 ».
Outélé KEITA
lepays.bf

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