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L'agence pilote de Yopougon a été ouverte à la fin de décembre 2015, à Abidjan. © Olivier pour Jeune Afrique

Amifa, filiale du groupe marocain Banque populaire, va accélérer les ouvertures d’agence en Côte d’Ivoire et au Mali dès cette année.

Déjà présent sur le continent à travers des filiales bancaires, le groupe Banque populaire s’est aussi aventuré sur le terrain de la microfinance en créant le holding Atlantic Microfinance for Africa (Amifa) fin 2014. Cette structure dispose du statut Casablanca Finance City (CFC), qui lui confère des avantages fiscaux pour s’implanter au sud du Sahara. « Le groupe a souhaité accompagner la politique de coopération Sud-Sud lancée par le royaume. Notre objectif est de participer à l’insertion économique et sociale des populations défavorisées », explique àJeune Afrique Mustafa Bidouj, le directeur général d’Amifa, ex-patron d’Attawfiq Micro-Finance, la filiale de BCP active depuis une quinzaine d’années au Maroc.

Amifa ambitionne ainsi de convaincre en priorité les personnes non bancarisées. Fin décembre, le holding a ouvert un site pilote à Yopougon, une commune populaire située près d’Abidjan. Il revendique déjà 4 000 clients actifs et cinq agences opérationnelles. Elles emploient une quarantaine de salariés, et la Côte d’Ivoire dans son ensemble comptera une dizaine d’agences d’ici à la fin de l’année.

Des concurrents déja bien implantés

Pourtant la concurrence est féroce dans le secteur, notamment de la part du luxembourgeois Advans, du français Microcred et d’une multitude de petits acteurs locaux. « Le plan stratégique des autorités est d’améliorer l’environnement du secteur. Notre présence ainsi que celle d’autres institutions reconnues permettront de tirer la microfinance vers le haut en Côte d’Ivoire », assure Mustafa Bidouj. Avec un investissement de départ de 7 millions d’euros, Amifa vise 20 milliards de F CFA (30,5 millions d’euros) de crédits accordés et plus de 19 000 clients d’ici à la fin de 2017.

Au Mali – marché plus modeste -, Amifa compte trois agences à Bamako et 27 employés. La filiale locale prévoit d’en détenir sept au total en 2016, avec l’objectif d’atteindre 12 milliards de F CFA de crédits accordés à la fin de 2017.

Notre ambition est de couvrir l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, des terrains familiers pour notre groupe, déclare Mustafa Bidouj

Outre ces deux pays, Amifa lorgne la sous-région. De fait, des demandes d’agrément sont en cours d’obtention au Gabon, en Guinée et au Sénégal. « Nous avons déjà fondé ces sociétés juridiquement. Nous prospectons pour le recrutement et les locaux, afin d’être prêts lorsque nous obtiendrons les autorisations », affirme Mustafa Bidouj.

Les autorisations d’Amifa pour le Burkina Faso et le Togo sont en cours d’instruction par la Banque centrale du Maroc, qui pilote les demandes d’investissements à l’étranger des entreprises du royaume. Les naissances de ces deux filiales d’Amifa devraient intervenir au second semestre.

Quid du reste du continent ? « Notre ambition est de couvrir l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, des terrains familiers pour notre groupe », détaille Mustafa Bidouj.

Pour embaucher, Amifa se tourne vers la main-d’œuvre locale. « La microfinance est une activité de proximité, nous privilégions logiquement les ressources humaines disponibles sur place, qui sont formées pendant plusieurs semaines », assure Mustafa Bidouj. L’accompagnement de la clientèle, notamment pour l’aider à mieux gérer sa trésorerie, constitue également une priorité pour développer l’activité.

D’autres projets sont encore dans les cartons, Amifa privilégiant une montée en puissance progressive. Le paiement par mobile, la microassurance et la monétique sont pour le moment conditionnés aux résultats du holding. Banque populaire n’exclut pas d’ouvrir le capital d’Amifa un jour : « Pour s’implanter plus rapidement, le groupe a décidé d’y aller tout seul. Toutefois, nous restons ouverts à des partenariats éventuels », conclut Mustafa Bidouj. Les ambitions de BCP dans la microfinance subsaharienne ne souffrent aucun doute.

Ryadh Benlahrech JA

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