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Un journaliste de la place abidjanaise, Wakili Alafé qui m’a dédicacé son dernier roman, a fait une sortie de route des plus immorales contre le deuxième personnage de l’Etat ivoirien, le Très Honorable Guillaume Soro Kigbafori. Une attaque immorale contre sa famille. Le franchissement désobligeant de la ligne rouge

La démocratie électorale représentative impose aux compétiteurs politiques quelques us et coutumes : De la grâce et de l’élégance oratoire pour plaire et obtenir les voix de ses compatriotes. Encore faut-il avoir des idées, une vision à partager ? Le philosophe Platon condamnait cette façon de manipuler les esprits faibles puisqu’elle est seulement rhétorique et contre l’advenue de la vérité. Mais les Humains aiment être captés par l’élégance et la classe oratoires.

Par Mamadou Djibo,  Ph.D., Philosophy
Par Mamadou Djibo,
Ph.D., Philosophy

Un journaliste de la place abidjanaise, Wakili Alafé qui m’a dédicacé son dernier roman, a fait une sortie de route des plus immorales contre le deuxième personnage de l’Etat ivoirien, le Très Honorable Guillaume Soro Kigbafori. Une attaque immorale contre sa famille. Le franchissement désobligeant de la ligne rouge : l’espace public et le réduit intime de l’homme politique.

Qu’est-ce que ce journaliste ou son commanditaire a contre une femme dévouée à l’éducation de son enfant ? Les Igbo et Yorouba disent : It takes a village to raise a child. Comme ça prend une femme forte pour éduquer une nation. Cette femme effacée, assez éloignée des intrigues politiques, pourquoi l’impliquer dans vos intrigues politiciennes et dénigrements gratuits? Même la vacuité programmatique des candidats ne saurait autoriser une telle turpitude ? En quoi dénigrer les familles de nos autorités politiques, c’est rendre solidaire et prospère la nation ? Pourquoi déverser des boues sur elle, commanditées par des politiciens, les adversaires du Président Soro ? Elle se consacre, avec force caractère, à éduquer son enfant. Cette femme éduque pour ainsi dire, la nation ivoirienne comme toutes ces braves femmes africaines à qui Camara Laye rend hommage via sa propre mère.

Le respect de la femme, de la mère, le respect de ses droits commence par là. Une famille qui se tient hors des turpitudes économiques et ploutocratiques, des clameurs et malveillances politiciennes. Comme au bon vieux temps où les enfants du Président Houphouët-Boigny se gardaient à mille lieues des joutes et manigances politico-économiques des élites dirigeantes d’alors. 1.Que retenir de toi, cher Monsieur ? Une plume autonome au service de l’éducation, porteuse d’idées, témoin des joies et des souffrances de son temps ou platement tarifée mais surtout commanditée contre l’irrépressible destin national de Kigbafori ?

Depuis cette entrevue avec RFI qui résonne encore comme rarement sur les audiences africaines, pas un seul jour sans que les anathèmes, les efforts de décryptages et le lot de déversement gratuit de haine, de boue et de vomissures baveuses ne se signalent. Attaquer un personnage politique sur ses idées, sa politique est une coutume de la jubilation ou des torpilles. Le respect de l’autorité ne l’interdit point. Mais attaquer sa famille et l’enfant mineur, il y a des lignes rouges que la décence interdit aux âmes bienveillantes. Dire que cette famille tient une conduite décente et irréprochable héritée du Père de la Côte d’Ivoire moderne, au surplus, évoquer un enfant à peine âgé de dix ans, c’est une disgrâce absolue. Une indignité journalistique irrémédiable. Et dire ensuite qu’on se bat pour le respect des droits des enfants, de nos enfants et des meilleures promesses pour l’Afrique battante, c’est totalement inacceptable.

Camille Desmoulins et son épouse ont crée le journalisme de masse (fondé La Tribune des Patriotes et plus tard Le vieux cordelier) aux heures chaudes de la Révolution française de 1789. Eduquer le peuple, diffuser les idées de fraternité, de solidarité et de liberté. Pourfendre les mysticismes et autres contes de fée sur les origines solaires des monarques, le sang bleu est dans toutes les veines, rappeler l’universel droit à la vie, à l’égalité. Voilà une lignée prestigieuse. Ils furent guillotinés à une semaine d’intervalle en 1794, ces chantres de la liberté. Chanter la république dans sa noblesse, dans sa splendeur historique comme dans son élan émancipatoire des peuples, et au cœur de son déploiement dans l’histoire humaine, le citoyen, le bien-être du citoyen. Voilà la pierre philosophale de cet avènement libératoire des énergies citoyennes et des peuples. Pour l’avoir nourri, pour s’y être abreuvés et transmis fidèlement le message aux citoyens, à la citoyenneté universelle des Humains, Camille Desmoulins et son épouse, les lointains éducateurs de l’opinion publique sur les vrais enjeux du progrès de l’Homme, furent donc guillotinés. Le Prix de la Liberté et de l’engagement citoyens. Le sang pur de la liberté coulé que les enfants de la liberté perpétuelle ne peuvent renier au nom de quelque commandite d’égout que ce soit. La liberté ne porte pas de cagoule !

Cher Alafé Wakili, je t’ai rappelé à l’occasion de cette dédicace, mon ami Yéo nous est témoin, combien j’ai souffert pour toi lorsque les refondateurs t’ont jeté en prison pour soit disant vol de nationalité ivoirienne. Pourquoi ? Parce que l’injustice est plus meurtrière que toute guerre. Les justes le ressentent à mille lieues et en souffrent, dans leur chaire, dans leur âme. Les Boudhistes nomment cette empathie, ce sentir dolorique et humanité, la compassion. Socrate nous avait déjà édifiés, toi le détenteur d’un diplôme de philosophie : Plutôt subir que commettre l’injustice. Comment peut-on commettre une injustice terrible contre un enfant d’à peine dix ans sans défense parce que méconnaissant radicalement l’offense gratuite? Sa mère sans défense pour préserver son intimité familiale. Son père sans défense pour ne pas renier la liberté qu’il cultive pour les métiers de la plume. Que les adversaires légitimes de son père commanditent des histoires d’égout, c’est machiavéliquement, de bonne guerre, si j’osais la perfidie.

Diancre ! La morale, tout de même, nous interdit le portage par procuration de la haine d’autrui. Qu’est-ce que le disant défenseur des droits des enfants, de la femme africaine, drapée dans son honneur de battante silencieuse, de retrait volontaire de la vie publique, pugilistique et rude pour élever et protéger ses enfants au sein de l’intimité familiale, comme toute autre femme africaine d’honneur, que penses-tu obtenir dans le caniveau pendant que tout est devant toi, dans la pleine vertu, la pleine lumière ? Un peu de décence !

2. Eduquons les vaillants enfants d’Afrique pour qu’ils puissent rêver, dessiner et choisir librement leur destin, assumer ces choix, s’assumer. Car, ailleurs, le monde bout, le leadership est en panne d’idées, la sclérose bureaucratique et élitiste, l’ingéniérie sociale est en panne, les nationalismes juchés sur le populisme hurlent tandis que les inégalités fonctionnelles étranglent le peuple. A tous les étages. D’où le réveil du monstre de la division, du choix irrationnel du nombrilisme pour vouloir dompter l’avenir. Cet appel du nombril comme le oui dire au Brexit. Courage, sortons ! Comme tu crois que le courage, c’est l’injure gratuite. La mort de la fraternité, de la responsabilité, de l’ouverture et de la culture de la rencontre d’autrui, rôde ! La décence se meurt. Une plume républicaine ne répond pas aux attaques embusquées et anonymes des mondes numériques. L’armature intellectuelle est une cuirasse qui couvre de mépris ces choses-là. Et puis, notre Afrique a autre chose à offrir. Tu as autre chose à promouvoir pour ton Afrique, bien aimée. La Côte d’Ivoire en laquelle tu crois, ton pays attend de toi, un engagement citoyen, une responsabilité sociale, une plume alerte sur les vrais enjeux de progrès socioéconomique, la culture démocratique, l’imputabilité, le sens de l’Etat et l’honneur redoutable comme redevabilité morale, civile et pénale qui sied à ceux qui ont vocation à nous diriger, à nous représenter. Pas des histoires d’égouts. Un peu d’élégance, de noblesse et de sursaut d’âme ; ces vraies armes subversives contre l’imposture. La rivalité politique n’autorise pas tout.

Pour 2020, les candidats rivaux et présidents putatifs (ils sont nombreux ces quadragénaires impétueux. Pourvu que les vieux ne leur jouent pas un tour de piste raffiné à la Poutine) sont en course pour séduire l’électorat, vendre une bonne opinion de soi et naturellement, laisser jaser les uns et les autres sur les mœurs mauvaises (corruption, vie de stupre et luxure, vile flatterie, scandales et inconstance, reniement de gratitude) de certains adversaires. Par la grâce et l’habileté oratoire, ils doivent tous incarner la bonne foi et la sagesse ancestrale africaine, ruineuse de la haine et des attaques en bas de la ceinture. Pas autre chose. Les politiciens et commanditaires aiment porter les cagoules. Mais l’homme d’Etat, descend dans l’arène et se bat à visage découvert pour ses idées, son ambition pour le peuple souverain en lui vendant ses émotions démocratiques. Il n’est pas ministre de la procure puisque les gesticulations par procuration sont des rabaissements. Ceux qui s’y adonnent, ceux-là pensent vivre grandement. Ils pensent court, très court. Les métiers de la parole et de la plume sont un sacerdoce : Vivre libre et aider à vivre libres. Depuis Voltaire, le vrai inventeur de l’opinion publique jusqu’à Camille Desmoulins et à sa compagne, le sens critique, l’argumentation cohérente, le sens de l’intérêt général, la politique d’égalité, le choix démocratique, la solidarité, ne sont plus des voeux pieux. La charge publique en est le pendant: tant pour l’homme politique que pour la plume publique. Que les rivaux du Président Guillaume Soro Kigbafori -seulement candidat à la députation et à sa propre succession au Perchoir- nous donnent leur vision, leur programme, leur projet de société, leur engagement citoyen. Ils seront libérés par eux-mêmes des obsessions inutiles. La décence n’autorise personne à être candidat à ce qui n’existe pas. N’empêche personne d’être candidat à l’existant.

3.Que les adversaires de Kigbafori nous administrent la preuve qu’ils méritent notre confiance, qu’ils ont du métier, de la constance, de la loyauté et qu’ils sont les amis du peuple et des droits pour tous, qu’ils sont de gens de vision et de missions et de don de soi. L’adoubement populaire est à ce prix. Cette preuve alors parie sur l’ouverture. Un futur qui a dépouillé les futurs ou les présents contingents (ragots, les bains de boue, l’invective, les insultes, l’egoportrait, le rabaissement de la pensée, le degré zéro de la politique et de l’engagement citoyen) pour établir solidement le fait, l’enjeu, l’engagement pragmatique, la décence. Voilà le socle de la vérité dans la république. Cher Alafé Wakili, je vais te dire. Soyons de la décence et de la tempérance. Elles magnifieront nos œuvres d’éducation à la citoyenneté, au combat loyal, au combat d’idées, à la fin des irrévérences gratuites, des bains de boue comme de ces contorsions, Fashion Akobo Poussière. Elle attestera de la mort, de la belle mort de la plume veule et vile. De même que la fonction présidentielle n’existe parce qu’incarnée, de même la vérité ne se meurt que parce que non administrée. D’où la synonymie entre la stratégie de sa présence et l’administration de sa preuve. Elle nous épargne de la honte débitant des mensonges, n’est-ce pas ? Monsieur Alafé Wakili, de la sorte, la vérité est alors sa propre preuve. Comme l’amitié, l’engagement citoyen et la loyauté en politique. La plume réitère ce rite comme amplification de la vérité et non comme son dévoilement. Amplifions-là. Administrons-là comme les avocats savent le faire, avec humilité mais dans la grandiloquence et les effets de manche! Nous ne serons point alors obligés de saluer seulement la robe mais aussi l’esprit. ça nous réconciliera avec notre propre ego, subjuguera la multitude, séduira l’opinion publique comme Quintus Tulius Cicéron, le frère cadet du grand philosophe Cicéron (102-42 avant J-C) nous y invitait déjà. L’art de séduire avec le sacerdoce du vrai chevillé au corps et imbibant l’esprit. Le goût de la compétition loyale et fraternelle. Nous passerons mieux car moins cassants. Vos excuses jetées à la cantonade. Trop facile. Je ne suis qu’une plume citoyenne, posée, au cœur des passions rivales ivoiriennes. Reconnaître son tort et le tort qu’on a inutilement infligé aux autres, sont certes, le flux débitant des remords et des regrets. La fidélité aux valeurs de citoyenneté, de respect de la décence et votre responsabilité vis-à-vis du Bien Commun qu’est le Vivre ensemble, vous aurait exonéré de ces ténèbres. Même s’il est vrai que les éléphants aiment les bains de boue, un peu de décence quand même. Chérissons les idées, les bains de foule ! Bonne campagne électorale de 2020. Précocement tourmentée. Nous la souhaitons Elégante 20/20 ! Le Flair Play! La République ! La démocratie !

guillaumesoro.ci

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