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Koffi Olomidé ne s’était pas encore prononcé sur la mort de Papa Wemba. Du moins, il n’avait pas encore donné d’interview à ce sujet. Pour la première fois, le Grand Conquistador se justifie sur son absence aux obsèques de Wemba. Il revient également sur son dernier concert raté à Abidjan.

Bonjour Koffi Olomidé. C’est le réveil du roi ou c’est juste une petite grippe ?

Bonjour Abidjan. Je suis allongé sur mon canapé et heureux que Nostalgie à travers Yves de Mbella pense à moi. Aussi je suis honoré que vous m’appelez pour un entretien au téléphone.

Déjà je souhaite te présenter mes condoléances pour le décès de ton père, que tu as appris à Ouagadougou juste une semaine après le décès de Papa Wemba. A quoi as-tu pensé en premier ? Aussi penses-tu que la coïncidence est trop flagrante pour qu’il y ait quelque chose en dessous ?

Mon père c’est mon père, je ne fais aucun mélange, car il n’y en a qu’un seul. Les idoles et les stars, nous pouvons en avoir des milliers. Il n’y a rien que je puisse comparer à la mort de mon père. Bien sûr la mort de Papa Wemba est quelque chose de tragique, une catastrophe. J’ai déploré cela car j’étais le premier à passer à la télévision congolaise pour dire que les jours qui viennent, je serai à Abidjan pour lui.

Justement on ne t-a pas vu aux obsèques de Papa Wemba à Abidjan même si dans une vidéo, tu as été l’un des premiers à te rendre chez lui. Mais les rumeurs disent que tu as été éconduit par l’épouse de Papa Wemba. Aussi tu es le seul artiste qu’on n’a pas vu aux obsèques de Papa Wemba. Qu’est ce qui s’est passé ? Et quelle est ta version des faits ?

Le mot éconduire n’est pas le mot qu’il faut. Mais moi je suis passé à RFI, à France 24 et dans tous les grands médias et j’ai dit mon chagrin et le respect que j’ai pour Papa Wemba. J’ai même demandé des obsèques au niveau africain pour lui. Et apparemment, le fait que Papa Wemba ait dit à sa femme qu’il ne souhaitait pas ma présence, le jour de sa mort, le fait que je veux le respecter à la fin de ses jours, impliquaient que je respecte cette volonté-là. Vous savez, il y a des gens comme moi qui souhaiteraient que lorsqu’ils seront morts, on les incinère. Et je fais partie de ces gens-là.

 Tu souhaites qu’on t’incinère à ta mort?

Oui. Il y a 20 ans, je l’ai dit dans une chanson baptisée « Dieu voit tous ». Le fait que madame Wemba ait dit cela, alors je me suis dit que c’était une volonté de son mari. Et le respect que je lui porte impliquait cette volonté-là. Vous savez, nous sommes des humains et parfois il nous arrive de ne pas être d’accord et être fâché. L’autre jour, j’étais dans son studio et j’ai eu une indélicatesse d’un jeune homme qui s’appelle Elysée. S’il se trouvait que le lendemain un camion l’écrase, même si je n’ai pas apprécié sa conduite, je lui rendrai hommage. Car il y a ce qu’on appelle le respect dû aux morts. Donc quelques soient les difficultés ou les désaccords qu’on a eu, je pense que je me devais de lui rendre un hommage.

Tu es rentré chez Papa Wemba, as-tu pu rencontrer la veuve ou a-t-elle refusé de te voir ?

Je suis allé à la résidence de Papa Wemba comme beaucoup d’autres personnes.  Et nous avons été bien reçus. C’est après que cette affaire est venue. J’imagine que l’on ne pensait pas que je serais venu à son domicile. Et c’est après que nous avons appris ce souhait de Papa Wemba par la bouche de son épouse. L’autre jour de passage à Abidjan j’ai été interrogé par Jean Marie Molatoh et je me suis expliqué. Moi je respecte ceux qui sont morts.

Revenons sur ton concert interrompu à Abidjan. Pouvons-nous avoir ta version des faits ?

Pour Abidjan, j’aimerais dire pardon à tous les ivoiriens pour ce qui est arrivé. J’aurais dû en effet plus penser au public, à mes fans et à mes amis de la Cote d’ivoire qu’a monsieur Ouattara le promoteur d’Abidjan By Night. Je l’ai dit plusieurs fois et j’espère que cette fois-ci, je serais écouté. La patronne du Burida avait fait une conférence et je crois savoir qu’elle a dit qu’à l’issu de cette affaire, Koffi Olomidé avait raison. Tous les juristes du monde m’ont donné raison. J’aimerais venir à Abidjan et entendre la justice dire à monsieur Ouattara que c’est Koffi qui a raison. Il n’a pas triché, rien volé et il a respecté son contrat malgré les dénégations  de monsieur Ouattara. C’est Romy Romeo, un jeune frère qui me contacte. On se met d’accord sur tout et le cachet. Et puis je pose la question de savoir si le concert allait être filmé. Il me répond qu’il allait le filmé alors je leur dit proposez moi un cachet et on se met d’accord. 2 ou 3 jours avant mon arrivée à Abidjan, on me dit que le promoteur trouve que cela coûte cher et qu’il ne souhaite plus filmer. Je leur demande êtes-vous sûrs que vous n’allez pas filmer ils me disent écoute Koffi, tu viens et tu ne verras aucune camera une fois sur scène.

Ok…

Une fois à Abidjan, Il vient me chercher lui-même pour aller chanter et j’ai été étonné de voir qu’on vienne me chercher à une heure aussi tardive pour prester (1 heure ou 2 heures du matin). Il me dit que c’est un concert de boîte de nuit et là encore il me rassure qu’il me filmera pas. J’arrive sur scène c’est le contraire, il y a assez de paparazi avec des caméras professionnelles et des drones. Avec ce que m’avait dit monsieur Ouattara, j’aurais dû ne pas chanter. Mais pour mon public, j’ai décidé de le faire car ils se sont déplacés pour moi. A un moment donné, je me rappelle des propos de Ouattara me disant que je devais descendre du podium si je voyais une seule caméra. Alors je me suis dit que ce matériel-là, à Abidjan, seul Kenzo pouvait en avoir et cela coûterait autour de 10 millions pour la location avec la présence de plusieurs techniciens professionnels. Ils disent ne pas avoir de l’argent pour me payer. Je sentais le piège. A un moment donné, il faut qu’on se respecte, au Burkina Jah Press ce qui a été dit est ce qu’il a fait et il a même fait plus en me présentant la première dame du Burkina qui m’a présenté ses condoléances.

Avez-vous aujourd’hui réglé ce conflit vous opposant à 2A Consulting ?

Bien sûr que je reviendrai jouer à Abidjan et voir la justice dire à Ouattara qu’il n’a pas raison. On n’a pas le droit de filmer les artistes à leur insu, sans leur donner de l’argent et sans leur accord. Nous artistes avons droit à la propriété de nos images, chorégraphies, nos chansons et bien d’autres. Personne n’a le droit de faire ce qu’il veut sur un artiste. Moi je dis à tous les artistes ivoiriens de ne pas se laisser faire.

Pour revenir aux obsèques de Wemba, est-ce que tu n’aurais pas dû fait violence sur toi et ne pas faire fi de tous ce qui se dit et aller aux obsèques de Papa Wemba devant la face du monde, car il est un grand frère pour toi malgré vos désaccords ?

Il n’est pas vrai que tous ceux qui aiment Wemba étaient à ses obsèques. Il y en a plusieurs qui étaient à travers le monde. Ce n’est pas par ce qu’on va aux obsèques d’une personne qu’on l’aime plus que les autres. Et puis il y avait mon père qui venait de mourir donc essayez d’être un peu raisonnable. Moi le gouverneur de la ville de Wemba m’a demandé de ne pas être dans la délégation. Verkys  lui n’a pas été informé qu’il ne devait pas se rendre aux obsèques de Wemba. Il s’est rendu et a été humilié devant les caméras par la femme de Papa Wemba.

Ton père a été enterré à Paris. Tu n’as pas eu un pincement au cœur de ne pas y être ?

Evidement que j’aurais souhaité être à l’enterrement de mon père. Mais comme je l’ai dit, ce ne sont pas tous ceux qui viennent aux obsèques qui aiment le défunt.

Pouvons-nous avoir une date d’un concert de Koffi Olomidé à Abidjan ?

Je ne vais pas faire comme Ouattara dire et ne pas respecter ma parole. Je veux venir à Abidjan et voir les juges nous entendre afin de dire qui a raison dans cette affaire, car j’ai encore toutes les preuves téléphoniques avec moi. Encore une fois je demande pardon aux ivoiriens.

source: Abidjanshow.com

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