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Je continue d’être hantée par les machettes et les armes à feu.

Insécurité/Phénomène des Microbes: le témoignage de N.F, commerçante

Dame N.F est une commerçante prospère vivant à Abobo. Elle a été victime de la barbarie des microbes. Elle nous raconte son calvaire.

Bonjour madame, vous êtes commerçante, que vendez-vous ?

Je suis commerçante de pagne.

Quel est votre mode d’approvisionnement ?

Je me fais livrer les pagnes par camion.

Quand et à quelle heure avez-vous été agressée ?

Ça s’est passé un jeudi soit trois jours après l’arrivée de mes marchandises. Je ne me rappelle plus de l’heure du début mais après leur passage il était 2 heures du matin.

Donc vos marchandises sont arrivées un lundi puis ils vous ont attaqué le jeudi qui a suivi, comment ont-ils procédé ?

Nous avons un de nos petits qui est étudiant qui habite la maison située à l’entrée de la cour, qui dit les avoir entendus. Il les entendait planifier leur coup et le mode opératoire qu’ils allaient mettre en place. Pris de panique le jeune étudiant à envoyé des messages à mon neveu qui malheureusement s’était profondément endormi.

Que disaient-ils exactement ?

Selon ce que le jeune nous a laissé entendre, ils étaient à la recherche d’une femme célibataire vendeuse de pagne. Ainsi Ils ont pu identifiér la maison dans la cour commune ou j’habite.

Donc ils connaissent bien la cour ?

C’est ce que cela nous laisse croire, et donc lorsqu’ils sont entrés après la planification ils ont tapé bruyamment la porte. Tout le monde s’est réveillé nous étions débout les enfants et moi y compris à part ma petite nièce qui est restée couchée. Ils ont demandé aux enfants de s’éloigner de moi. Ils m’ont demandé de leur donner tout l’argent que je gagnais dans mon commerce sinon ils allaient nous tuer tous ensemble. Je n’en croyais pas à mes yeux. Nous étions tous pris de peur. Subitement l’un d’entre eux m’a envoyé un coup de poing dans le visage et un autre m’a porté un coup de machette. Lorsque mon neveu a voulu s’enfuir ils ont sorti une arme à feu contre lui. Ils ont egroupé tous les garçons dans leur chambre et ont commencé à me battre. Ils me battaient tellement qu’arrivé à un moment j’ai eu peur que sous la colere mes enfants essaient d’ intervenir et que cela n’aboutisse à des morts

Donc ils ne visaient que toi seul dans la chambre ?

Oui, ils avaient visiblement une idée sur ma personne. Lorsque j’ai voulu me débattre ils m’ont mise par terre.  j’ai donc crié le nom d’un de nos colocataires qui s’appelle ‘’Drissa’’. Ils lui ont dit que s’il sortait ils allaient lui trancher la tête. Aussi tôt  l’un d’eux m’a envoyé un coup de pied dans le ventre tandis que les autres ouvraient mes trois placards et ont commencé à se servir. Ils ont emporté tous les pagnes. J’avais aussi de l’argent qu’ils n’ont pas manqué de prendre ainsi que mon portefeuille. Je n’avais plus rien, même pas de quoi acheter le petit déjeuner pour mes petits, c’est une personne de bonne volonté qui nous l’a offert.

Étaient-ils nombreux ?

Oui ils étaient très nombreux. Dans la chambre, ils étaient quatre, maintenant lorsqu’ils m’ont poussée pour me mettre dehors j’ai constaté qu’il y avait d’autres armés de machettes qui montaient la garde devant toutes les autres portes et à l’entrée de la cour, il y avait trois autres. Ils m’ont mise en garde et m’ont dit que si je criais ils allaient m’abattre.  Puis ils ont recommencé à me taper dessus à tel point que l’une de mes voisines a dit : « ils vont tuer la dame là ». Tout le monde était apeuré. Ils étaient tous présent mais ne pouvaient rien. Notre interlocutrice marque un arrêt puis pleuré à chaudes larmes…..Tout en s’exclamant en ces termes: Pourquoi après avoir pris mes biens me bastonner si violemment ?Notre interprète la console et lui dit de se confier àu Seigneur. Après avoir fini d’emporter ce qu’ils pouvaient prendre, celui qui était dans ma chambre a crié ‘’c’est propre’’ et l’un de ceux qui était dehors a tiré un coup de feu en l’air.

Étaient-ils véhiculés ?

Je ne pouvais pas le savoir puisque j’étais dans la cour. Ce qui est sûr ils ont vraiment tout emporté, ils ont cassé les portes de mes trois placards et ils ont tout pris. Au petit matin de l’agression je me suis rendue au poste de police. J’ai expliqué tous les faits aux agents de police qui m’ont reçue, qui ont pris note. Ils m’ont dit qu’ils allaient se rendre sur les lieux pour constater les faits eux-mêmes. De retour à la maison j’ai demandé aux enfants de ne rien déplacer même les portes des placards cassés afin de ne pas perturber la scène au cas où ils voudront prendre des photos. Mais ils ne sont pas venus. C’est le lendemain aux environs de 20 Heures après le dîner qu’ils sont arrivés.

Donc après l’agression et que vous les ayez informés, c’est le lendemain à 20heures qu’ils se sont arrivés ?

Oui le lendemain à 20 Heures, après l’agression je me suis rendu au poste de police comme je l’ai expliqué tantôt où ils m’avaient donné rendez-vous à 9H tout en me rassurant qu’ils allaient venir. J’avais vraiment mal partout et donc j’ai contacté l’un de mes frères qui est infirmier à la marine. J’ai demandé aux enfants d’aller au rendez-vous de la police pendant que je me faisais soigner. A leur arrivée, selon ce qu’ils m’ont rapporté, les policiers leur ont demandé de revenir à la maison. C’est donc le jour d’après à 20H que les policiers se sont rendu à notre domicile. A leur arrivée ils se sont arrêté dehors sans mettre les pieds sur les lieux du crime et encore moins nous écouter.

Ils ne sont donc pas entrés dans la chambre ?

Ils n’ont même pas franchi le seuil de la porte du salon, encore moins celui de la chambre. Ce qui m’a le plus choquée c’est lorsque  dans mes vas et viens j’ai constaté que même la télé du commissariat est sécurisée par un antivol……J’ai donc conclu que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge.

C’est la première fois que les microbes agressent votre cours ?

Oui c’est la première fois qu’ils arrivent dans notre cour.

Mais auparavant aviez-vous eu des échos sur les microbes ?

Oui j’en avais déjà entendu parler ici et là mais jamais d’aussi proche.

C’est la première fois de ma vie que j’ai été exposée à ce genre de cambriolage avec des machettes et des armes à feu. Jusqu’à présent cela me cause encore des frayeurs à chaque fois que j’entends des bruits je repense à cette scène. Après l’attaque j’ai passé plus de trois jours sans pouvoir dormir. Je continue d’être hantée par les machettes et les armes à feu.

Abou Khalfatim, Islam Info

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