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L’ancien baron du régime devenu opposant aujourd’hui, Jean PING n’est pas épargné. Il est lui aussi cité dans une affaire de recel de détournement de fonds publics qui vise le défunt Président Omar BONGO ONDIMBA.

Des documents découverts par la police et le témoignage sur procès-verbal d’un avocat parisien prouvent que des proches des deux principaux candidats à la présidentielle – le chef de l’État Ali Bongo et l’outsider Jean Ping – ont perçu ces dernières années des millions de dollars de commissions occultes, versées en Chine, sur plusieurs marchés étatiques gabonais.

C’est un tout petit monde qui se déchire, mais il est couvert du même or. La campagne pour l’élection présidentielle gabonaise, dont l’unique tour doit se tenir le 27 août 2016, offre ces temps-ci un spectacle paradoxal. D’un côté, les deux principaux candidats, le président en exercice Ali Bongo et l’ancien ministre Jean Ping, s’invectivent publiquement à grand renfort de formules assassines. De l’autre, invisibles, les dessous d’une guerre entre deux clans familiaux qui ont longtemps dansé autour d’un magot commun, l’argent des grands contrats de l’État. Avec, au passage, une victime, toujours la même : les citoyens du Gabon, petit pays de moins de 2 millions d’habitants, riche en pétrole et, de ce fait, bastion historique de la Françafrique.

23 JUIN 2016 | PAR FABRICE ARFI

Mediapart


Mediapart a révélé ce jeudi le système de corruption mis en place par le clan Bongo/Ping sous le mandat d’Omar BONGO. Personne n’est épargnée. Pascaline MFERRI BONGO, ancienne directrice de cabinet d’Omar BONGO, Michel TOMI, ancien proche collaborateur d’Omar, le propriétaire corse des PMUGs, ainsi que Franck PING sont tous éclaboussés.

Tous sont cités dans des enquêtes de l’Office Central de Lutte contre la Corruption et les Infractions Financières (OCLCIFF), apprend-t-on de Mediapart. Les affaires concernent en partie des sociétés chinoises dont la société Sinohydro.

En effet, Synohydro a remporté de nombreux contrats étatiques, notamment la construction du barrage du grand Poubara, et la construction de différentes routes dans le Haut Ogooué.

Selon le site français d’information, de 2008 à 2010, Pascaline MFERRI semble avoir été un élément moteur. Elle a permis de mobiliser les administrations afin que ces projets puissent aboutir avec Synohydro. En contre partie, des commissions auraient été reversées. Près de dix millions de dollars positionnés dans un compte HSBC basé à Hongkong en Chine.

D’après Me Meyer, avocat de Pascaline MFERRI BONGO, Franck PING aurait bénéficié de près de 5 millions d’euros de commissions sur le marché de construction de routes à Akieni et près de 8 millions d’euros pour le marché Hydropower sur le compte de la société Fiex, elle aussi située à Hongkong.

L’ancien baron du régime devenu opposant aujourd’hui, Jean PING n’est pas épargné. Il est lui aussi cité dans une affaire de recel de détournement de fonds publics qui vise le défunt Président Omar BONGO ONDIMBA. Le candidat à l’élection présidentielle est sous le coup d’enquêtes de l’Office Central pour la Répression de la Grande Délinquance Financière.

L’affaire concerne les biens immobiliers rue Quentin-Bauchart, dans le huitième arrondissement de Paris et avenue d’Italie dans le treizième arrondissement de Paris. L’autre enquête concerne les fonds détenus dans son compte courant à la société générale de Fontenoy.

Une autre enquête discrète a été ouverte par les autorités de Beijing. Suite à la nouvelle campagne de lutte contre la corruption qui a visé une cinquantaine de traders dans le domaine du pétrole et du commerce du bois. Elle a abouti par l’arrestation de Sam Pa, alias Xu Jinghua, un proche de Monsieur Jean Ping.

Certains pétroliers chinois sont englués dans des affaires de corruption en Afrique. Ils sont dans la ligne de mire depuis plusieurs mois des autorités chinoises. Sam Pa servait depuis 2003 d’intermédiaire pour les contrats passés en Afrique par le pétrolier chinois SINOPEC. En 2009, SINOPEC a racheté la société ADDAX Pretoleum au Gabon.

Avec ces révélations, Jean Ping qui s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle du 27 août 2016, n’est pas sortie de l’auberge. L’homme est déjà poursuivi au Gabon pour avoir traité certains gabonais de cafards. Ces affaires de sous viennent assombrir le tableau. Lui et ses amis qui se sont amusés à l’époque d’Omar Bongo à la grande dame des gabonais et des « makayas », sont aujourd’hui rattrapés par les affaires. Qui vivra verra !

africtelegraph.com

 

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