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Les énergies renouvelables, une nécessité pour éclairer l'Afrique

Côte d’Ivoire : Le marché écologique intéresse la France

600 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité en Afrique. Le recours aux énergies renouvelables est donc une nécessité pour faire face à l’épineuse question du manque de l’électricité sur le continent noir. L’Afrique est un marché fortement inexploré en ce qui concerne les énergies renouvelables (Enr). Les entreprises du secteur ont encore une grande marge de manœuvre pour contrer la forte propension des Etats à utiliser les énergies fossiles. Toutefois les dirigeants africains sont en train de cautionner le développement des EnR, pour que celles-ci occupent une place de plus en plus importante dans le mix énergétique.

En Côte d’Ivoire, le gouvernement a réitéré sa volonté d’élaborer une politique nationale des énergies renouvelables et le projet de réforme de la fiscalité environnementale. C’était lors du 1er séminaire gouvernemental de l’année, début février. De même, il compte « actualiser le document de politique énergétique prenant en compte notamment la transition énergétique », et « rétablir l’intégrité du domaine forestier ».Tout ce changement qui s’annonce à l’horizon intéresse les entreprises françaises exerçant dans les EnR. Puisqu’il nécessitera des investissements privés.

Une diplomatie en faveur des entreprises françaises

Au lendemain de la COP 21, la France, qui a en a assuré la présidence, a pris l’initiative de veiller à ce que les pays africains ratifient l’accord de paris. Les dirigeants de l’hexagone ont aussi émit le souhait de booster les projets d’accès aux énergies renouvelables  et  d’accélérer le déploiement de l’initiative sur les énergies renouvelables en Afrique, avec en ligne de mire l’augmentation de la capacité énergétique de l’Afrique en énergies renouvelables.

Cette capacité est prévue pour passer à 10 GW d’ici 2020, puis à 300 GW à l’horizon2030.
Avec l’engagement politique de la France sur cette question écologique, les entreprises françaises des EnR surtout, ont un argument de taille, et une caution morale de leur Etat.
En Afrique du nord, Le marché algérien par exemple, intéresse le pôle de compétitivité Cap énergies, qui regroupe plusieurs entreprises de la région de la Provence, des Alpes, de la Côte d’Azur, de Corse et de Monaco. Ce groupement compte y créer des usines et transférer le savoir-faire français, au regard du potentiel solaire, éolien et électrique que dispose l’Algérie.
En Côte d’Ivoire, le marché est embryonnaire, malgré la présence de quelques acteurs locaux. Ces derniers essaient tant bien que mal de développer leurs activités notamment dans le milieu rural, mais ils sont confrontés dans l’ensemble au problème de financement.

Entre devoir moral et business

L’Afrique pollue moins, mais paye le plus grand tribut occasionné par le réchauffement climatique. Le continent produit seulement 3% des gaz à effet de serre, mais subit de plein fouet la sécheresse, et les inondations causées par la pollution des pays industrialisés. En contrepartie de ce préjudice causé, les pays développement financent des programmes de développement en Afrique. C’est le cas du programme d’électrification qui coûtera 10 milliards de dollars aux investisseurs. Mais la main qui donne pour développer, espère récolter les bénéfices générés par ce développement, en permettant par exemple que l’expertise de ses entreprises soit sollicitée.

La France marche d’ailleurs dans les pas de l’Europe. Le vieux continent, en effet, dans le cadre du Programme de coopération Afrique-UE dans le domaine des énergies renouvelables (Recp), vise entre autre la construction de 10 000 MW d’installations hydroélectriques, d’au moins 5000 MW de capacité éolienne, et de 5000 MW de capacité solaire, de même que le développement de l’énergie géothermique dont la capacité devrait être triplé. L’objectif est de permettre à 100 millions de personnes supplémentaires d’avoir accès à des services énergétiques modernes et durables d’ici 2020.

La course au marché est donc ouverte. Les Pme ivoiriennes des EnR pourront t-elles faire face à la puissance des entreprises européennes surtout françaises fortement soutenues par leur gouvernement ? Les promoteurs de ces Pme devraient anticiper et collaborer avec l’Etat ivoirien pour trouver des mécanismes afin de leur permettre d’être compétitives sur ce marché à fort potentiel.

Paul Allé KOUADIO

Auteur: fric-afrique

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