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un audit de la gouvernance de la filière a révélé le détournement de sommes colossales dont les estimations provisoires se chiffrent à plus de cinq milliards FCFA.

Depuis l’exposition dans les médias, journaux et presse en ligne, de la crise de gouvernance qui perturbe la filière du coton et de l’anacarde, dans sa branche noix de cajou, l’opinion scrute l’horizon, dans l’espoir de voir le gouvernement réagir, pour calmer le tumulte des vagues. Pendant combien de temps encore durera cette attente ?
Toutes les réformes engagées dans les filières découlent de la vision du Président de la République, Alassane Ouattara, premier avocat-défenseur des paysans et autres planteurs. Pour lui, il n’y a aucune ambiguïté, 60% des prix CAF doivent revenir dans l’escarcelle des producteurs agricoles. C’est dans cette perspective que l’Etat a constitué des organes de régulations, à l’instar du Conseil du Café-Cacao, du Conseil du Coton et de l’anacarde, etc.
Si, dans la filière Café-Cacao, les choses évoluent au mieux pour tous les acteurs, avec notamment des prix d’achat très rémunérateurs pour les planteurs, la situation est loin d’être reluisante dans d’autres filières. Principalement dans celle du coton et de l’anacarde. Et pour cause ! Une gouvernance de la régulation, du contrôle et du développement de la filière globalement défaillante qui a conduit à un audit dont les résultats sont, on ne peut plus accablants pour la Direction Générale du Conseil. Ce ne sont pas les premiers responsables de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance qui diront le contraire. Eux qui ont commandité un audit de la gouvernance de la filière qui a révélé le détournement de sommes colossales dont les estimations provisoires se chiffrent à plus de cinq milliards FCFA. Quelle conséquence la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance va-t-elle tirer de cet audit ? Elle dont l’objet principal, selon l’Ordonnance qui précise ses missions  est d’assurer « une mission de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées » ?
Dans ses attributions, la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, entre autres, doit :
  • contribuer à la moralisation de la vie publique et  consolider les principes de la Bonne Gouvernance, ainsi que la culture du service public 
  • mener des investigations sur les pratiques de la corruption 
  • identifier les auteurs présumés et leurs complices et d’initier les poursuites.
Au regard de cette énumération non exhaustive, beaucoup de détenteurs d’une parcelle de pouvoir de gestion des deniers publics ont du souci à se faire.
Pour l’heure, ce sont les premiers dirigeants du Conseil du Coton et de l’Anacarde qui sont dans le collimateur et l’opinion s’attend, à brève échéance, à des mesures concrètes des pouvoirs publics. Le premier des responsables interpellés est bien entendu le ministre de l’Agriculture, ministre de tutelle du Conseil du Coton et de l’Anacarde. Sa responsabilité est d’autant engagée que, dans les coulisses du siège du Conseil, son nom revient régulièrement comme faisant partie des soutiens actifs du Directeur général, Malamine Sanogo.
Au-delà du ministre, c’est l’autorité de tout le Gouvernement qui est engagée. Va-t-il se laisser devancer par la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance ou va-t-elle agir avant ? Il y a de cela quelques jours seulement, c’est la Présidence de la République qui réagissait, en lieu et place du Gouvernement, en rétablissant dans leurs droits des exportateurs injustement sanctionnés. Daniel KABLAN Duncan sera-t-il encore un spectateur dans cette autre affaire qui ne rassure pas les investisseurs et les partenaires privés extérieurs, au lendemain de leur mobilisation, dans le cadre du Conseil consultatif du PND à Paris ?
Pour leur part, les médias vont-ils se laisser bâillonner ? Eux dont des sources proches du milieu prétendent que les dirigeants du Conseil du Coton et de l’Anacarde  ont acheté le silence de la plupart,  y compris une partie de la presse en ligne ?
Ce serait un fâcheux précédent. Dans la mesure où l’ORDONNANCE n° 2013-660 du 20 septembre 2013 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption et les infractions assimilées explicite, en son Chapitre 2, les responsabilités du secteur privé, des partis politiques, des médias et de la société civile. Et l’article 25 précise le rôle des médias en matière de prévention de la corruption : «  Les médias ont un accès effectif et libre à l’information concernant la corruption et les infractions assimilées, sous réserve de la protection de la vie privée, de l’honneur, de la dignité des personnes et des impératifs de sécurité nationale, de l’ordre public, ainsi que de l’impartialité de la justice. » L’Article 26 va plus loin : « La presse participe à la prévention et à la lutte contre la corruption et les infractions assimilées en publiant les faits y relatifs dont elle a connaissance. »
Comme on peut le constater, tout le monde est concerné, tout le monde est responsable de la bonne gouvernance de la chose publique. Et personne n’a le droit de se dérober !
Y.C.

Côte d’Ivoire: Un audit révèle un détournement de 5 milliards de F Cfa dans la filière anacarde

Selon les résultats de l’audit, cette somme aurait été détournée par la direction du Conseil du Coton et de l’Anacarde.

Les relations entre les exportateurs ivoiriens et le Conseil du Coton et de l’Anacarde s’enveniment un peu plus. En effet, un audit diligenté par le cabinet Deloitte a révélé un déficit de 5 milliards de F Cfa dans la filière anacarde. Selon les résultats de l’audit, cette somme aurait été détournée par la direction du Conseil du Coton et de l’Anacarde.
Sanogo Malamine (DG) et Bamba Mamadou ( PCA) Conseil Coton Anacarde
Sanogo Malamine (DG) et Bamba Mamadou ( PCA) Conseil Coton Anacarde

L’audit avait été ordonné par Seydou Diarra, président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance, suite à une plainte de l’Association des exportateurs de cajou de Côte d’Ivoire (Aec-ci), qui dénonçait  des mouvements « suspects » sur le compte bancaire dédié au fonds réservé à la « Sacherie Export ». Pour rappel, ce fonds est géré par le Conseil du Coton et de l’Anacarde.

D’après les résultats de l’audit, il y aurait effectivement eu « détournement » d’importantes ressources de la filière anacarde par la Direction Générale du Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA). Il s’agirait principalement d’un prêt de 1,9 milliard de Fcfa, octroyé par le Conseil du Café-Cacao au Conseil du Coton et de l’Anacarde, pour l’aider à s’installer et à démarrer les activités de la filière. En définitive, seulement 2% de cette somme aurait été utilisé pour l’objet du prêt. L’audit poursuit en chiffrant à un total de cinq milliards FCFA, la totalité des détournements effectués par la direction du Conseil du Coton et de l’Anacarde.
Cette information vient raviver les tensions entre les exportateurs et le Conseil du Coton et de l’Anacarde. Il y a quelques jours, le président du conseil avait accusé « un cartel » constitué d’acheteurs et d’exportateurs de noix de cajou d’utiliser des  moyens peu recommandables pour faire baisser les prix bord champ.
Agence Ecofin

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2 COMMENTAIRES

  1. Si nous poussons plus loin les investigations, nous seront tous surpris d’avoir assisté à un cirque dont les acteurs (accusateurs et présumées victimes) sont tous impliqués dans ce soit disant scandale à forte odeur de noix de cajou. la Haute Autorité pour la bonne gouvernance (HABG). Cet organe de lutte contre la corruption, créé en 2013 a une mission noble mais en faisant une analyse nous remarquons que son secrétaire générale M. KOUAME YAO (pro Gbagbo repêché par Seydou Diarra ) est un ami intime de la famille M. Berte Mamadou (DGA du CCA abidjan) , et est un Acheteur et Exportateur agrée par les soins du DGA du CCA, donc haut fonctionnaire et affairiste qui profite de sa position de juge et partie pour aider son acolyte BERTE Mamadou a regler ses comptes au sein du CCA. C’est une affaire a suivre de très près meme au dela des résultats de l’audit que tout le monde attend. Pourquoi diantre, lorsque les planteurs touchent enfin le fruit de leur souffrance saisonnière (jusqu’a 800F/Kg contre 25 francs il y a pas longtemps), que des exportateurs poussés par la famille exportatrice Berte Mamadou & épouse, épaulée par M. KOUAME YAO Secrétaire Général de la Haute Autorité pour la bonne gouvernance (HABG) s’agitent ils? en réalité ce doit être une affaire de gros sous opposant une confrérie dirigée par M. KOUAME YAO et son poulain, visant à prendre le controle du pouvoir executif du Conseil du Coton et de l’Anacarde afin d’offrir sur un plateau d’argent tous les avantages à ces multinationales, car il faut le savoir, depuis que « ces villageois touchent de l’argent, les exportateurs n’ont plus de grosses marges de bénéfice, il faut que ça cesse! disent ils ». Nous demandons au Président OUATTARA d’être très vigilant, et d’analyser le profil de tous ces faucons qui ne sont pas blanc comme neige, qu’il fasse le choix entre ces producteurs qui redore le blason de la côte d’ivoire et la boulimie de ces multinationales, qui se sont déja payé le Secrétaire Général de la Haute Autorité pour la bonne gouvernance (HABG) et qui veulent faire main basse sur le CCA. Enfin Que le cabinet Delotte abrege les souffrances des ivoirien en publiant ce fameux rapport dont la primeur est réservé à M. KOUAME YAO avant meme les autorités compétentes.

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