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« Je n’ai envoyé personne faire la guerre, les combats que j’ai menés c’est avec ma bouche ».

Les gifles et la brutalité de celle qui a combattu avec la bouche.

« Je n’ai envoyé personne faire la guerre, les combats que j’ai menés c’est avec ma bouche ». C’est avec cette phrase négationniste d’une étonnante vulgarité que Simone Gbagbo a inauguré, sous l’acclamation de ses fans, la reprise de son procès ce 20 Juin 2016, pour se donner l’allure d’une innocente pacifiste, d’une victime expiatoire d’un procès politique. Phrase d’une vulgarité insigne, en effet, venant d’une personnalité de son rang, quand on sait l’image suggestive qui peut être associée à celle d’une bouche virile.

Par Dr Alexis Dieth Professeur de philosophie
Par Dr Alexis Dieth
Professeur de philosophie

Les phrases mortelles et les appels incendiaires qui sortirent de cette bouche combattante qui blesse et qui tue, s’accompagnèrent souvent du prompt secours de sa main gifleuse lorsque l’adversaire se trouvait à portée de bras. Phrase significative donc, qui dément sa prétention à l’innocence et la non-violence.

Entre les gifles et Simone Gbagbo qui combat avec sa bouche, c’est une histoire d’amour! Simone Gbagbo gifle pour sanctionner et réprimer les propos et les prises de position raisonnables. Comme la pintade de la basse-cour, elle ne rêve que gifles et bosses. Affi N’guessan l’a appris à ses dépens au retour de Marcoussi! Simone Gbagbo l’avait giflé parce que Affi N’guessan avait pris une décision raisonnable à Marcoussi. Elle pense donc qu’elle aurait été giflée par Laurent Gbagbo si elle lui avait prodigué des conseils raisonnables.

En déclarant solennellement devant le Tribunal d’Abidjan lors de son précédent procès début juin, n’avoir pas été en mesure de demander à son époux d’abandonner le pouvoir pour mettre fin aux violences et aux massacres parce que celui-ci l’aurait giflé, elle ment comme un arracheur de dent. Simone Gbagbo ne pouvait tout simplement pas endosser cette recommandation de la raison parce que, selon elle, son mari était le gagnant de l’élection présidentielle. Simone Gbagbo ment donc en invoquant l’argument de la gifle car la gifle et les propos incendiaires sont ses arguments préférés. Son rapport affectif aux gifles est un profil psychologique modelé par la brutalité.

Simone Gbagbo gifle avec les mains et les mots, avec les insultes et les incitations au meurtre. Son pistolet, ce sont ces mains gifleuses et sa bouche meurtrière. Quand elle ne peut gifler avec les mains, elle envoie ses escadrons de la mort, gifler ses adversaires avec les balles des kalachnikovs et les obus des chars d’assaut. Elle ne peut donc pas comprendre aujourd’hui qu’on puisse l’accuser de meurtre massif parce que justement, dans son esprit, elle n’a provoqué aucune mort d’homme. Elle n’a tué personne en giflant avec ses propres mains et n’a personnellement participé à aucun meurtre en lançant avec sa bouche combattante des propos incendiaires et des incitations au meurtre.

C’est dans cette conviction d’être innocente en raison de sa distance physique avec ses victimes que se trouve la racine de son étonnement devant les accusations portées contre elle par le Tribunal. La sérénité et le large sourire de défi qui barrent son visage devant la cour, sont en vérité, ceux du criminel politique endurci que n’effleure aucune culpa ; ni la culpabilité morale, ni la culpabilité politique, ni la culpabilité juridique. Sa conviction d’être innocente et d’être accusée à tort par un tribunal politique, vient de l’irresponsabilité criminelle de l’acteur politique de premier plan qui ignore pourtant, que ses incitations verbales au meurtre sont une incitation directe au meurtre physique, que la violence de ses discours est la cause directe de la violence des actions de ses supporters fanatisés agissant sur le terrain.

La sérénité de Simone Gbagbo devant le Tribunal du palais de justice d’Abidjan est celle d’un caractère brutal qui s’affirme dans le négationnisme schizophrénique. L’assurance de cette femme politique qui ne fera pas, aux victimes de sa brutalité parolière, l’honneur d’un repentir devant le Tribunal humain qu’elle méprise, n’est pas celle d’une fervente évangélique qui aurait remis son âme entre les mains célestes de Dieu. C’est la morgue d’une idolâtre du pouvoir temporelle, de la force brutale et de la puissance ; C’est l’orgueil d’une adepte des dominations terrestres qui a depuis longtemps remis son destin entre les mains de Satan. Le mal politique suprême que Simone Gbagbo a incarné en Côte d’Ivoire en agissant sous le ministère de ce maître des Enfers, est l’inhumanité et l’irresponsabilité politique qui s’abritent toujours derrière le bouclier percé du complotisme.

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