Accueil Les Chroniques d'Alexis Dieth

Côte d’Ivoire : la Présidentielle ivoirienne de 2020 ne sera pas régie par la légitimité historique.

PARTAGER

Côte d’Ivoire : la Présidentielle ivoirienne de 2020 ne sera pas régie par la légitimité historique.

La Présidentielle de 2020, en notre pays, ne sera pas régie par la légitimité historiqueElle ne sera ni un concours de sélection de candidats générationnels, ni un rapport matériel et militaire de forces factionnellesLa légitimité qui présidera cette élection ne sera ni historique, ni générationnelle. Elle ne sera pas celle des mouvements de libération, dont l’histoire africaine montre que les dirigeants deviennent, de manière métronomique, des oppresseurs du peuple. Elle ne sera pas non plus celle des rebellions et des révoltes populaires qui font de la violence et de la préséance de leur leader déifié, le critère de la succession politique, transformant ainsi la démocratie représentative en démocratie plébiscitaire.

Majoritaires en ce pays, comme en témoignent éloquemment les deux dernières élections présidentielles de 2010 et de 2015, les citoyens ivoiriens munis de leur responsabilité et de leur vigilance critique, veilleront, sur la longue durée, à préserver notre démocratie contre l’escroquerie politique constituée par la légitimité historique et par la logique de l’adoubement.

La légitimité qui régentera l’élection présidentielle de 2020 sera démocratique. Le bilan économique social et politique du candidat du RHDP et la concordance de son offre avec les demandes sociales de l’électorat ivoirien décideront de sa crédibilité et de sa légitimité politiques. Il en sera de même pour tous les candidats de l’opposition et pour tous les candidats indépendants. Ils seront jugés selon leur identité politique et selon la cohérence de leurs discours et de leurs actions. Leur crédibilité politique sera déterminée par leur capacité à élaborer des offres politiques républicaines cohérentes accordées aux besoins sociaux des électorats diversifiés du corps politique hétérogène ivoirien.

 Les offres politiques pour la Présidentielle 2020, en Côte d’Ivoire, doivent donc être des offres de programmes économiques et politiques claires élaborées à partir des demandes et des besoins sociaux. Les offres politiques pour la présidentielle ivoirienne 2020 doivent être fondées sur la définition sociale urgente de la représentativité des partis politiques et sur la clarification idéologique des candidatures indépendantes. Les belles photos sur des affichettes ne font ni un programme politique, ni un programme économique, ni un projet sociétal. Le discours de la légitimité historique, de l’adoubement du leader générationnel et de la transition générationnelle n’est ni un discours électoral ni un programme politique démocratique et républicain. C’est le discours et le programme des dictatures et des autocraties. Ils portent en germe la violence, la brutalité, le cynisme, la domination et la kleptocratie. Le discours de la libération du chef charismatique contre un complot international, de la protection d’une identité contre une invasion étrangère, n’est pas non plus un discours électoral, ni un programme politique démocratique et républicain. C’est le discours et le programme du populisme identitaire. Ils portent en germe l’exclusion, la brutalité, le massacre, la purification ethnique, le chaos et la régression politique, sociale et économique.

La campagne électorale 2020 ne sera pas formatée au logiciel de la confusion, de la démagogie et du populisme, comme le fut celle de l’an 2000. Elle se déroulera sous la lumière de la transparence et de la vigilance critique des citoyens ivoiriens.  Nous avons demandé, il y a peu, aux divers partis politiques et candidats de présenter aux Ivoiriens leur carte d’identité nationale politique cf cedea.net  » Partis politiques ivoiriens, présentez-nous vos cartes d’identité nationale ». Pour le moment cette définition idéologique et programmatique des divers prétendants se fait attendre. Nous avons, en ce moment, en Côte d’Ivoire une gouvernance idéologiquement et programmatiquement structurée qui a un bilan que les Ivoiriens pourront juger. Nous attendons des autres prétendants à l’exercice du pouvoir suprême qu’ils obéissent à ce réquisit primaire de l’élection présidentielle en Démocratie pour que nous puissions faire des comparaisons. Nous avons, en tant que peuple ivoirien et en tant que forces sociales, besoin d’apprécier la teneur de ces programmes partisans, de les juger en les confrontant à nos demandes concrètes, d’évaluer la rationalité des discours et des programmes partisans, de juger la crédibilité politique nationale des candidats. La démagogie et le populisme ne pourront plus se dissimuler sous la confusion programmatique et idéologique. Ils seront débusqués.

REAGISSEZ A CET ARTICLE

Laisser un commentaire