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« Le panafricanisme dont je rêve est celui d’une Afrique sans frontières et sans entraves »

La parole du président de l’Assemblée nationale ivoirienne est rare. Il s’est confié au Point Afrique sur des questions essentielles pour son pays et pour l’Afrique.

Guillaume Soro est président de l'Assemblée nationale ivoirienne depuis 2012.

Guillaume Soro est président de l’Assemblée nationale ivoirienne depuis 2012. © DR

Président de l’Assemblée nationale ivoirienne depuis 2012 après avoir été Premier ministre en 2007 conformément aux dispositions de l’accord de Ouagadougou*, Guillaume Soro vient de voir, à propos du mandat d’arrêt international lancé contre lui par la justice burkinabè pour son implication présumée dans le coup d’État manqué du général Diendéré contre le gouvernement de transition burkinabè en septembre 2015, le désistement d’Interpol. L’organisation internationale des polices argue que, selon l’article 3 de son texte constitutif, « toute activité ou intervention dans des questions ou affaires présentant un caractère politique, militaire, religieux ou racial (lui) est rigoureusement interdite ». Pour le Point Afrique, Guillaume Soro aborde cette question, mais aussi celle du terrorisme djihadiste, de sa vision de l’État laïque, de ses rapports avec le président Ouattara, des défis économiques et sociaux que la Côte d’Ivoire doit relever, de son éventuel destin présidentiel, de la fusion à venir du Rassemblement des républicains (RDR) et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de sa vision de la Côte d’Ivoire de demain et du panafricanisme.

Le Point Afrique : que dites-vous des accusations du Burkina Faso dont la justice a lancé un mandat d’arrêt international contre vous ?

Guillaume Soro : Je préfère m’en tenir à la position officielle de l’État de Côte d’Ivoire, réaffirmée par le chef de l’État dans le courrier de protestation adressé aux autorités burkinabè, qu’il a publié. Le président Ouattara s’est élevé contre une certaine manière de faire, qui viole les us et coutumes diplomatiques et bafoue l’excellence des relations entre nos deux États. Il a réaffirmé sa volonté de régler ce différend entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso par la voie diplomatique. C’est également notre position. Le jour viendra où tout se saura. Comme on le dit chez nous, nos ennemis ont la montre, mais nous, nous avons le temps avec nous.

À propos du djihadisme dans la zone soudano-sahélienne, quelle est votre analyse des dispositions sociales, économiques, culturelles et politiques nécessaires dans nos pays pour prévenir les fragilités de ceux qui succombent aux sirènes du djihadisme et commettent des attentats comme celui de Grand-Bassam ?

C’est un fait indéniable qu’autour de nous la menace du terrorisme est chaque jour plus angoissante, que ce soit à Grand-Bassam, à Bamako, à Ouagadougou, à Niamey, à N’Djamena, mais aussi à Abuja, à Kolofata, à Djibouti, à Kampala, à Tunis, à Nairobi, à Mombasa… L’armée de la terreur menace la stabilité de nos États et la survie de nos jeunes démocraties. Qu’ils s’appellent les shebabs, Boko Haram ou Al-Qaïda au Maghreb islamique, les groupes terroristes djihadistes ciblent, comme principal vecteur de mort, notre jeunesse. Le poids financier de l’État islamique est évalué à près de 2 200 milliards de dollars. N’empêche, pour ma part, j’estime que nos États ont très bien anticipé la menace, même s’ils demeurent pour l’heure mal préparés en raison de la menace multiforme.

Face à cette réalité, il faut une réponse sécuritaire d’abord qui intègre le fait que nous sommes dans une guerre« asymétrique ». La formation d’unités antiterroristes ou de forces spéciales entraînées pour faire face aux prises d’otages et aux combats de localités est un impératif primordial. La réorientation de notre outil de renseignement pour la prise en compte de cette nouvelle menace, en privilégiant le renseignement de type humain, me paraît également importante. Au-delà, notre réponse, à nous Africains, doit s’intégrer dans un cadre plus global de renforcement de la coopération entre nos services de renseignements et de sécurité. Ici même à Abidjan, après l’attaque terroriste qui a eu lieu à Grand-Bassam, les ministres responsables de la sécurité de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Burkina Faso et du Sénégal se sont réunis pour échanger sur les modalités de mise en place d’un dispositif de prévention et de lutte contre le terrorisme.

Ensuite, il faut une réponse politique et sociale. Il faut absolument, et de manière croisée, construire des politiques publiques en faveur des jeunes, de leur éducation, de leur formation, de leur intégration harmonieuse dans le tissu économique et social parce que, nul ne peut le nier, la pauvreté et la précarité sont le terreau par excellence sur lequel prospère le djihadisme. Lutter contre les terroristes, c’est important, mais lutter contre l’émergence du terrorisme est encore plus important. Une plus grande inclusivité dans le développement économique, une lutte plus énergique contre la corruption et une meilleure répartition géographique des fruits de la croissance nationale doivent constituer des priorités pour les pouvoirs publics. Cela implique, à mon sens, le maintien d’espaces de débats totalement démocratiques, permettant aux citoyens d’exprimer leurs frustrations et leurs attentes de manière pacifique tout en donnant l’opportunité aux politiques de prendre en compte ces attentes dans la définition des politiques publiques. Il faut tout faire pour éviter que naissent en interne les germes d’un conflit politique majeur sur lequel pourrait se greffer une autre violence, terroriste celle-là.

En troisième lieu, il faut une réponse religieuse enaffrontant les groupes terroristes sur le terrain de l’idéologie. Nos systèmes éducatifs nationaux ainsi que nos leaders religieux peuvent jouer un rôle essentiel dans la démystification de toute la construction mythologique sur laquelle se fondent les idéologues djihadistes pour recruter leurs candidats au suicide.

Enfin, il faut une réponse judiciaire. Nos États, comme c’est d’ailleurs le cas en Côte d’Ivoire, devraient s’attacher à une révision de leurs appareils judiciaires pour l’adapter à cette nouvelle forme de menace. Ceux qui commettent les actes terroristes, leurs complices et, d’une manière générale, tous ceux qui tirent une rente du commerce de l’insécurité dans notre sous-région doivent faire l’objet d’une traque judiciaire sans merci.

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Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne, lors de la clôture de la 2e session plénière du Parlement le 18 décembre 2015. © AFP PHOTO / SIA KAMBOU

Face à l’intolérance religieuse qui envahit peu à peu l’espace public, comment imaginez-vous le dialogue interreligieux dans un pays comme la Côte d’Ivoire, avec un Nord plus musulman et un Sud plus chrétien ou animiste ?

La thèse d’un Nord ivoirien musulman faisant face à un Sud chrétien est éculée et ne se rattache à aucun paradigme d’analyse sociologique sérieuse. Par exemple, Ferké, d’où je suis originaire et qui est la deuxième plus importante ville du Nord, est à majorité chrétienne. Il faut savoir qu’à la faveur des migrations diverses désormais 75 % des musulmans ivoiriens résident dans le Sud, notamment dans les villes, contre 25 % dans le Nord. L’image d’une Côte d’Ivoire divisée entre un Sud chrétien et animiste et un Nord musulman est donc un raccourci simpliste et ne correspond en rien à la réalité.

Cela dit, dès le début de la crise politico-militaire qui a secoué la Côte d’Ivoire en 2002, j’ai mis en place à Bouaké un cadre de concertation islamo-chrétien : le Forum des confessions religieuses de Bouaké, coprésidé par l’archevêque de Bouaké et le grand imam de la ville. Cette initiative a été reprise à une échelle étendue au niveau national avec la création du Forum des confessions religieuses de Côte d’Ivoire. Ces instances de dialogue et de concertation interreligieux ont permis d’éviter que la querelle politique domestique, qui durait depuis près de vingt ans, ne se transpose sur le terrain religieux. Et, en la matière, la Côte d’Ivoire est un modèle. Très tôt, notre pays a fait le choix de la laïcité et du brassage ethnique. Ce qui a longtemps fait dire que, plus que le christianisme et l’islam, la première religion des Ivoiriens était la paix.

Qu’est-ce qu’un État laïque pour vous ?

C’est d’abord et avant tout un État qui ne fait la promotion d’aucune religion officielle qui serait religion d’État. Cela dit, l’État reconnaît juridiquement l’existence de toutes les formes de croyance, sans établir un privilège ou une discrimination entre elles. Il les traite toutes sur le même pied d’égalité, notamment au niveau de la liberté d’expression. L’État laïque, à mon entendement, est donc neutre religieusement et s’interdit toute ingérence dans la vie et le fonctionnement des différentes religions. Concrètement, cela veut dire que la République ne salarie ni ne subventionne aucun culte. Elle les laisse s’administrer librement en veillant à ce que leur fonctionnement et leurs activités ne contreviennent pas aux lois de la République.

En retour, aucune religion ou croyance spirituelle n’interfère dans le fonctionnement des services publics, que ce soit directement ou indirectement par le biais de fonctionnaires ou d’agents du service public. Cela est d’ailleurs matérialisé dans notre Constitution. En Côte d’Ivoire, depuis les indépendances, l’État veille à rester à équidistance des religions, et, sur une base exceptionnelle, contribue au financement du pèlerinage des musulmans à La Mecque, des catholiques à Lourdes, des protestants et évangéliques en terre sainte d’Israël. Le chef de l’État lui-même a effectué des visites officielles en Arabie saoudite, au Vatican et en Israël.

Quels sont vos rapports avec le président Ouattara ? Que pensez-vous de lui et de la manière dont il affronte les défis qui se présentent au pays ?

J’ai eu le privilège de travailler sous l’autorité du président de la République Alassane Ouattara, en tant que Premier ministre tout d’abord puis en tant que ministre de la Défense. Moi qui ai exercé des charges similaires sous le chef d’État précédent, j’ai pu mesurer de façon concrète la différence de style, de gouvernance, de vision entre les deux hommes. Le président Ouattara est un homme méthodique, organisé, sérieux, planificateur et ayant une vision à long terme. Bourreau de travail, il est attentif au rendement de ses collaborateurs et attache une grande importance à l’efficacité de l’action publique. En un mandat, tout le monde a pu constater les efforts déployés pour moderniser et consolider le pays au niveau tant diplomatique qu’économique. Il ne se passe pas un mois sans qu’une personnalité d’envergure internationale vienne en Côte d’Ivoire. Son succès représente le but ultime de ce pour quoi nous nous sommes longtemps battus. À nos yeux, il incarne un leadership intègre, compétent, juste et impartial. Je pense qu’après avoir relevé économiquement et politiquement la Côte d’Ivoire son ambition sera d’inscrire pleinement notre pays dans le XXIe siècle en la dotant d’institutions démocratiques fortes et pérennes. C’est un chantier important pour lequel il a tout notre soutien.

Concernant mes relations avec lui, elles sont excellentes. Je connais le président Ouattara depuis de nombreuses années, à travers son frère cadet, Ibrahim, qui est un ami. J’ai été à ses côtés pendant les heures les plus difficiles de son parcours politique, y compris lorsqu’il a dû faire face à de nombreuses tentatives d’assassinat en 2000 à sa résidence. Cette histoire partagée a renforcé nos liens.

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Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne, et le président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, le 21 novembre 2012 au Palais présidentiel. © AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Malgré les performances économiques que la Côte d’Ivoire affiche, certains critiquent sa non-inclusivité. Comment, à votre avis, celle-ci peut-elle être améliorée ?

Je crois que nul ne peut, objectivement, nier l’amélioration progressive des conditions de vie des Ivoiriens depuis l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara, que ce soit dans les domaines des infrastructures de développement, de la santé, de l’éducation et du logement. En un mandat de cinq ans, le président Ouattara a réussi à électrifier plus de 800 localités, à améliorer l’accès à l’eau potable grâce à la réparation de 11 446 pompes et à la mise en service de 794 nouvelles pompes dans les villages. Il a fait construire 76 nouveaux châteaux d’eau, réhabilité 30 000 kilomètres de routes, construit 6 885 classes au primaire, réhabilité 20 nouveaux collèges et mis aux normes 46 hôpitaux généraux et plus de 150 centres de santé. Il y a également ce vaste programme de construction de logements sociaux sur toute l’étendue du territoire national. Que dire sur le plan macroéconomique ? Depuis 2012, nous avons un taux de croissance moyen de 9 % par an ! Pour ce qui est de la lutte contre la pauvreté, il est bon de noter que le taux de pauvreté est passé de 48,9 % en 2014 à 46,3 % en 2015. Comme vous le constatez, des efforts considérables ont été faits. Et ce n’est pas fini, car avec le programme national de développement (PND) 2016-2020, le gouvernement ambitionne de faire reculer la pauvreté de moitié, pour atteindre le taux de 25 % à l’horizon 2020.

Mais j’admets aussi que les attentes restent nombreuses. La croissance économique ne peut pas se faire ressentir immédiatement dans la poche du pauvre. Le développement d’un pays se fait par étapes et non à coups de baguette magique. Les efforts consentis actuellement par le gouvernement ivoirien en matière d’investissement public auront un impact positif sur le long terme. D’ailleurs, le président en est bien conscient. Un ami me rappelait il y a peu de temps que les performances actuelles de l’Allemagne, qui sont saluées partout en Europe et même dans le monde, sont le résultat de plusieurs années de réformes économiques et financières entreprises sous la mandature du  chancelier Gerhard Schröder, c’est-à-dire plusieurs années avant l’arrivée au pouvoir d’Angela Merkel. Donc je demande de la patience et de l’indulgence.

On se dirige vers une fusion du RDR et du PDCI. Comment vous voyez-vous dans cet ensemble et à quelle place ?

Il s’agit d’un mouvement plus vaste que celui que vous décrivez. Nous parlons en effet de la réunion des cinq partis politiques ivoiriens qui portent en eux la philosophie de l’houphouétisme : le PDCI-RDA, le RDR, l’UDCPI, le MFA et l’UPCI, au sein d’une plateforme tactique, le RHDP. Ces cinq partis, qui gouvernent ensemble depuis 2011, ont réussi deux choses que l’ont croyait impossibles en Afrique : mettre en place une alliance politique qui résiste aux ambitions des uns et des autres pour montrer un front uni face à un adversaire commun. Ensuite, réussir à garder l’unité du mouvement malgré les difficultés et les vicissitudes inhérentes au partage et à l’exercice du pouvoir. Aujourd’hui, le président Ouattara, en accord avec le président Bédié, qui est le président du présidium du RHDP, veut transformer cette alliance tactique en une alliance stratégique. Le président Ouattara, du reste, m’a fait l’honneur d’évoquer longuement la question avec moi. Il faut reconnaître que le désaccord politique passé entre les présidents Ouattara et Bédié avait contribué, via les antagonismes entre leurs partis politiques et leurs militants respectifs, à fragiliser le tissu social. La dissension entre ces deux grands leaders politiques avait permis la survenance du coup d’État de 1999 et l’accession au pouvoir d’un homme comme Laurent Gbagbo, que rien n’avait préparé à l’exercice du pouvoir suprême. Ces dix ans de règne, qui ont été dix ans de calamité, ont eu le mérite de rapprocher les deux têtes du RHDP. Qui, eux aussi, ont eu la juste idée d’associer tous les partis qui partageaient leur vision au sein d’une plateforme pour regrouper les forces politiques et sociales nécessaires pour défaire Laurent Gbagbo dans les urnes. Il est évident que le retour des partis houphouétistes à une entente cordiale a apaisé le jeu politique et contribué à décrisper la situation nationale. C’est pour préserver ce calme et cette paix retrouvée que nos deux leaders estiment qu’il est important que l’alliance des débuts franchisse le palier qui mène à la fusion de toutes les forces au sein d’un parti politique qui deviendrait largement majoritaire en Côte d’Ivoire. Cela aurait le mérite de pouvoir empêcher la résurgence du péril identitaire qui a sévi sous la gouvernance de Gbagbo. Dans cet ensemble en construction, tous ceux qui, comme moi, pensent que l’idéal houphouétien qui a présidé à la construction de notre nation doit survivre ont leur place.

Pensez-vous être candidat à la prochaine présidentielle ?

Pour le moment, mon objectif à court et à moyen terme, c’est la présidence de l’Assemblée nationale. Au vu des résultats obtenus après que j’ai été élu pour assumer les charges de chef du Parlement, je pense que nous devrions pouvoir continuer le travail entamé. Pour ce qui est de la présidentielle, le moment venu, nous privilégierons l’intérêt collectif plutôt que les intérêts individuels.

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Guillaume Soro, le 14 avril 2016 à Abidjan, avec Yu Zhengsheng, président de la Conférence consultative politique du Comité national du Peuple chinois. © AFP/JU PENG

Comment voyez-vous la Côte d’Ivoire dans dix ans et comment vous y voyez-vous ?

Toutes les études prospectives que nous avons réalisées sont unanimes : sauf revirement extraordinaire de la situation économique mondiale conduisant à une récession, voire une dépression, la Côte d’Ivoire a tous les atouts pour devenir une économie émergente, à l’image des Brics, en moins d’une décennie. Elle continuera à tenir son rang de principale économie d’Afrique francophone subsaharienne et de moteur de l’intégration sous-régionale. Les défis ne sont pas minces, notamment la nouvelle donne sécuritaire, qu’il faut prendre en compte dans nos analyses. Mais le pays a montré une réelle capacité à faire face aux chocs externes et les Ivoiriens, en dix ans de crise grave, ont montré une extraordinaire capacité de résilience. C’est un pays et un peuple avec lesquels il va falloir compter pour longtemps encore. Pour ma part, je suis encore jeune. Je pense que je peux apporter beaucoup à mon pays.

Croyez-vous en un destin panafricaniste pour notre continent ? Si oui, pourquoi ? Sinon, pourquoi ?

Je dirais même que notre continent n’a aucun avenir en dehors du panafricanisme. Entendons-nous bien : je ne parle pas de ce panafricanisme dogmatique ressassé par une frange intellectuelle de notre continent, qui prône un retour à une imaginaire pureté des origines. Pour moi, le panafricanisme, c’est avant tout d’inscrire l’homme africain dans le monde moderne et d’en faire un acteur à part entière. Face à l’étroitesse de nos marchés et à la faiblesse de nos économies sous-régionales, l’intégration doit dépasser le stade de la simple prise de conscience intellectuelle et se présenter aujourd’hui comme une exigence d’union et de développement. En effet, il est du devoir de nos États de conjuguer leurs efforts en vue de trouver des solutions politiquement durables et économiquement avantageuses pour le bien-être de nos populations. Une union panafricaine permettra d’améliorer considérablement notre capacité de gestion intégrée de nos ressources, d’assurer notre indépendance énergétique et céréalière et d’apporter à nos populations des facilités de transport des personnes et des biens qui ont pour elles un nom sacré : liberté. Le panafricanisme dont je rêve, moi, est celui d’une Afrique sans entraves et sans frontières. Un panafricanisme dans lequel l’esprit d’unité et de solidarité serait à la base de notre « africanité » et dans lequel chaque État sera engagé à l’établissement d’une paix durable par le dialogue, dans le cadre de la coopération interafricaine et d’une politique de bon voisinage et de coexistence pacifique.

Propos recueillis par Malick Diawara| afrique.lepoint.fr

* Les accords de Ouagadougou ont été signés le 4 mars 2007 par Laurent Gbagbo, alors président ivoirien, et lui-même, Guillaume Soro, alors chef des Forces nouvelles, une coalition de mouvements rebelles.

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