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Il y a 8 millions d’abonnés à internet en Côte d’Ivoire, 7 millions de comptes mobile money et 10 milliards de francs CFA de transactions par jour via les plateformes mobiles. Et pourtant, les opérateurs internet et mobile ne couvrent pas encore toutes les régions du pays et n’offrent pas de très haut débit. Conscient du potentiel des technologies de l’information et de la communication, l’Etat ivoirien a lancé dès 2012 un projet d’infrastructure numérique ambitieux baptisé « Backbone ». Les travaux de la dernière phase de ce programme ont débuté en avril 2016.

Qu’est-ce que « Backbone » ? A Abidjan, ce terme emprunté à l’anglais qui signifie colonne vertébrale ou épine dorsale, renvoie au projet lancé par le gouvernement ivoirien en 2012 pour la construction d’une autoroute de l’information. L’objectif est de doter le pays d’ici à l’horizon 2018 d’un réseau de fibre optique long de 7 000 km. Une fois achevé, ce projet permettra d’améliorer le système de communication et surtout de garantir une connexion internet à haut débit pour tous.

La mise en place de ce réseau national répond à l’intérêt grandissant des Ivoiriens pour le numérique. Entre 2011 et 2015, le nombre d’abonnés en Côte d’Ivoire à internet est passé de 200 000 à 8 millions. On assiste aussi à une demande forte de consommation des données sur la 3G lancée en 2012 et qui est déjà en instance de saturation. Les consommateurs réclament la 4G dont l’introduction et la démocratisation passeront par la fibre optique. D’une vitesse pouvant aller jusqu’à 800 giga octets par seconde, cette nouvelle autoroute de l’information propose de renforcer la transmission de données et permettre une meilleure qualité de communication numérique.

Enjeux

Or, les enjeux de ce big bang numérique ne sont pas seulement technologiques, ils sont aussi administratifs et économiques. En effet, selon le ministre Bruno Koné chargé de l’Economie numérique, l’Etat ivoirien mise sur la concrétisation de « Backbone » pour connecter entre elles les administrations dans le but de proposer une meilleure gouvernance du pays. Il est question de mettre en place, a expliqué le ministre dans une interview à Jeune Afrique, « un système avec un fichier unique et un identifiant pour tous les Ivoiriens, ce qui devrait faciliter la vie de l’Etat, des citoyens et également permettre d’améliorer la sécurité ».

D’autres applications innovantes seront envisageables : telles que éducation en ligne qui permet aux universités de dispenser des cours à distance ou santé en ligne qui permet aux patients de consulter leurs médecins sans se déplace de chez eux. Enfin, les retombées économiques de ce projet seront considérables avec le déploiement de nouvelles applications numériques, notamment les offres de visioconférence, l’accès à la télévision haute définition, etc. C’est ce qu’a expliqué le Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan en inaugurant la deuxième phase du réseau « Backbone » le 30 novembre dernier

« Les technologies de l’information et de la communication ont permis, le Premier ministre a souligné, la création de 20 000 emplois directs dans le secteur formel et on dénombre à ce jour dans le secteur informel 5 000 emplois indirects liés au seul secteur de la téléphonie mobile. (…) Le secteur des technologies de l’information et de la communication est devenu au fil des ans un volet important de l’économie de notre pays et tout indique que cette tendance se renforcera au cours des prochaines années pour atteindre une contribution à concurrence de 15% du PIB à l’horizon 2020 ».

Travaux

En attendant, les travaux de l’installation du réseau « Backbone » se pousuivent , après avoir été ralentis en raison de différends entre l’équipementier chinois Huawei chargé de la fourniture et l’établissement des premiers phases du réseau et l’ANSUT (agence national du service universel des Télécoms/Tic), le maître d’œuvre ivoirien du projet. Ces travaux se déclinent en trois phases. C’est la deuxième phase du réseau, long de 622 km, qu’on appelle « Backbone Est » parce qu’il relie Grand Bassam et Bouna dans la zone orientale de la Côte d’Ivoire, qui a été inaugurée en novembre dernier par le Premier ministre Duncan. La première phase qui couvre le nord et l’ouest du pays sur une longueur de 1 400 km et qui reliera à terme San-Pedro à Ferkessédougou, est à livrer cette année.

La mise en place de 5 000 km additionnels de fibres optiques compléteront, d’ici à la fin de 2018, le dense maillage du territoire national en cours. Son achèvement permettra à la Côte d’Ivoire d’être au rendez-vous de l’ère du numérique.

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