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« La situation reste imprévisible et dangereuse » dans la région de Fort McMurray, ravagée par un gigantesque incendie. C’est ce qu’a déclaré, samedi 7 mai, le ministre canadien de la sécurité publique Ralph Goodale. En cause, les conditions météorologiques, et notamment des températures élevées pour la saison.

« Cela reste un feu énorme et dangereux [qui est] hors de contrôle », a ajouté Ralph Goodale lors d’une conférence de presse télévisée. « Les conditions sur le front des incendies restent extrêmes en raison de la faible humidité, des températures élevées et des vents », a confirmé la cellule de crise du gouvernement de l’Alberta. « Si l’incendie continue de progresser à ce rythme, il pourrait doubler » samedi les superficies brûlées.

En moins de 24 heures, 55 000 hectares de plus ont flambé, selon le dernier bilan du service des incendies, portant le total à 1 570 km2, soit l’équivalent de la superficie de Londres ou quinze fois celle de Paris.

Les prévisions météorologiques annoncent une hausse des températures qui pourraient atteindre 28 degrés Celsius. « Cela va être une journée extrêmement dangereuse, a déclaré Matthew Anderson, du bureau d’information sur les incendies du gouvernement provincial, sur la chaîne CBS News. Cela va être une journée très très difficile avec une possibilité très grande de voir l’incendie s’accroître. »

Les automobilistes menacés par le feu

A l’aube, les convois pour évacuer des milliers de personnes prises au piège dans une souricière à quelques dizaines de kilomètres au nord de Fort McMurray ont repris dans des conditions très difficiles, dans d’épais nuages de fumée. La policea rouvert l’autoroute 63 en direction du sud afin de poursuivre la gigantesque opération d’évacuation ceux qui étaient coincés dans des bases de vie de compagnies pétrolières, où ils ont trouvé refuge en début de semaine, mais les feux menacent encore à tout moment les automobilistes. Les policiers, masque sur le visage, ont formé des convois de seulement 25 véhicules – deux fois moins que la veille – tant les risques sont élevés.

Environ 88 000 personnes, soit la totalité de la ville pétrolière de Fort McMurray, ont déjà été évacuées par mesure de sécurité. La police poursuit son travail de porte-à-porte dans la ville, dans une atmosphère irrespirable, et rencontrait encore parfois des habitants n’ayant pas respecté l’appel à évacuer donné en début de semaine. « Nous sommes inquiets pour leur santé en raison de la quantité de fumée » qui enveloppe la ville, a déclaré l’inspecteur Kevin Kunetzki de la gendarmerie royale du Canada. « La grande majorité des gens que nous avons rencontrés veulent s’en aller. Ils n’avaient tout simplement pas les moyens departir et nous leur fournissons l’assistance nécessaire. »

Avec l’aggravation de la situation, la société Syncrude a décidé samedi de fermerson site d’exploitation de sables bitumineux, à 50 km au nord de Fort McMurray, en raison des fumées. D’autres compagnies pétrolières avaient déjà fermé leur site ces derniers jours. Des avions gros porteurs C130 de l’armée ont été dépêchés pour évacuer un peu plus de 4 000 employés.

Dans une province déjà durement touchée depuis deux ans par la chute des cours du brut, ce nouvel arrêt va réduire un peu plus la production. Vendredi, l’expert pétrolier Matt Smith de la société de données ClipperData avait estimé « à un million de barils par jour le volume de production retiré du marché ».

Lemonde.fr

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