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Attaques terroristes- Quelle sécurité pour les capitales ouest-africaines?

Attaques terroristes- Quelle sécurité pour les capitales ouest-africaines?

Le Burkina Faso, pays frontalier de la Côte d’Ivoire, a essuyé une nouvelle attaque terroriste dans la nuit du dimanche 13  au lundi 14 août. Le bilan fait état de 20 morts dont deux assaillants tués et plus de 20 blessés. Une attaque qui intervient après un moment d’accalmie, replongeant subséquemment, toute l’Afrique de l’ouest dans l’angoisse de nouvelles agressions terroristes.

Après l’attaque du café Capuccino en janvier 2016, le Burkina Faso vient encore de vivre une nuit de terreur. Deux assaillants, non encore identifiés, ont attaqué le café-restaurant Aziz-Istanbul, en plein centre de Ouagadougou, la capitale. 18 civils ont été tués et les terroristes qui s’étaient retranchés dans l’immeuble du restaurant, ont été finalement, « neutralisés » par les forces spéciales burkinabè. Pourtant la sécurité avait été renforcée depuis les dernières attaques dans le pays.

Avec cette nouvelle attaque terroriste au Burkina-Faso, faut-il encore craindre une escalade d’attentats des groupes islamistes dans les pays d’Afrique de l’Ouest comme se fut le cas en 2016? Après l’attaque meurtrière du Burkina Faso en janvier qui a fait 30 morts, il y a eu celle de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire occasionnant 19 morts en mars 2016 sans compter les attentats répétés au Mali, Niger et au Nigéria. L’Afrique de l’Ouest fait donc face depuis quelques années à une série d’attaques terroristes.

Devant  ces agressions récurrentes, quelle sécurité pour les capitales ouest africaines afin de lutter plus efficacement contre le phénomène ?

« Le terrorisme est devenu une donnée avec laquelle il faudra compter dans le monde. Aucun pays n’est à l’abri. Ça pouvait être Abidjan, Paris ou Djakata. Il appartient au gouvernement de chaque pays de prendre toutes les dispositions pour s’en prémunir et de préparer les populations à une résilience. Devant ces actes de barbarie, il faut que la population fasse preuve de solidarité pour pouvoir résister, car le terrorisme est une guerre asymétrique », soutient Pr Dogbo Pierre, Directeur de l’école de Sciences politiques de l’Université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan, joint par PoleAfrique.info. Non sans préciser que « ce n’est pas un seul Etat qui arrivera à bout du terrorisme mais c’est l’ensemble  des pays de la communauté internationale ».

Palé Dimaté spécialiste ivoirien des questions internationales préconise pour sa part sur la sécurité en Afrique de l’Ouest que  « la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) elle-même avec son armée d’interposition ECOMOG fasse des relais dans les capitales de l’Afrique de l’Ouest pour renforcer la sécurité sous-régionale », recommande-t-il. « Car l’Afrique de l’Ouest a ses terroristes qui ne viennent pas d’ailleurs. Les français sont là souvent pour aider mais il faut que l’armée d’interposition soit redéployée dans nos capitales et sur les grandes voies qui mènent d’un Etat à un autre ainsi que dans les  aéroports », insiste Palé Dimaté.

Dans la même veine, le Président guinéen, Alpha Condé, Président de l’Union Africaine contacté ce lundi par la chaîne France 24, appelle à l’accélération  de la force  militaire G5 sahel. «  Il est extrêmement important pour nous d’agir auprès de nos partenaires (France, Etats-Unis, Londres) pour qu’on rende opérationnel le G5 sahel afin que les africains puissent eux-mêmes être d’abord en première ligne  pour défendre la sécurité des citoyens et des expatriés avec l’accompagnement de nos amis notamment en trouvant les 400 millions d’euros qui manquent. Que tout le monde se donne la main», a invité Alpha Condé.

Il a fait savoir en outre que du côté de l’UA, la mise en place de la force africaine en attente sera également accélérée.

Le Burkina-Faso fait partir des pays membres du G5 Sahel composée du Mali, du Tchad, la Mauritanie et du Niger. Cette force non encore opérationnelle bénéficie du soutien de la France dont le président Emmanuel Macron a promis un appui logistique et financier pour lutter contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne.

Gnoungo Fanta- Eric Coulibaly
Source : Source PoleAfrique.info

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