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Attaque de la base du CCDO en Côte d’Ivoire – Ce que disent des élèves policiers

C’est dans la nuit du mercredi 19 juillet entre 22 h et minuit que la base du CCDO sise dans l’enceinte de l’école de police a subi une attaque qui s’est soldée par le vol de munitions et d’armes. Si selon une dépêche de l’AIP les armes emportées ont été retrouvées, l’on s’interroge toujours comment des individus ont pu pénétrer cette enceinte apparemment infranchissable pour opérer en toute impunité et se retirer.

Ce jeudi matin, tout semblait normal à l’extérieur et à l’intérieur de cette école. Les élèves sont disposés comme d’habitude en faction aux alentours. Ils font la sentinelle avec pour seul élément de dissuasion leur tenue avec la barrette oblique sur les épaulettes. Ni arme, ni matraque à la main contrairement à l’école de gendarmerie non loin de là. Quand on interroge les élèves qui déambulent aux alentours de l’école et de l’Université Houphouët-Boigny mitoyenne, on s’aperçoit qu’une consigne a été passée par les supérieurs : « Rien ne s’est passé », diront-ils d’abord.
Mais certains qui ne veulent pas tenir la langue de bois tentent de rentrer dans quelques détails. L’un d’eux nous confie : « c’est vers 22h qu’ils sont arrivés. Ils ont d’abord braqué des taxis, arrachés des portables en disant à haute voix ne prenez pas de photos ! Ne prenez pas de photos ! Ensuite ils sont entrés dans l’enceinte de l’école. Nous on s’est caché parce qu’on n’était pas armés. Ils devaient être au nombre de six et portaient des tenues civiles et des cagoules pour certains. Ils se sont dirigés vers la base du CCDO et ont pris les armes pour sortir en prenant la direction du Vallon (quartier de Cocody, ndlr).

Un autre élève explique que c’est seulement après leur départ que les renforts sont arrivés à bord de chars de combat. « Nous-mêmes on n’a rien compris », se désole-t-il expliquant qu’il devait s’agir de professionnels qui connaissent avec exactitude les installations sur place.

La situation sécuritaire demeure préoccupante

Alors que jusque-là, les autorités font moins de déclaration sur la situation de cette veille, les populations restent sur le qui-vive. Les rumeurs prennent le dessus et tout le monde se veut prudent dans les déplacements. Moins de véhicules étaient visibles ce jeudi matin à Yopougon-Siporex d’habitude grouillant. Dans la soirée de ce même jeudi, vers 18 heures des coups de feu retentissaient sur le boulevard principal 2 de Yopougon menant à la caserne des sapeurs-pompiers de Toits-Rouges. Ces tirs ont occasionné une débandade à la Selmer et les quartiers voisins. Elle a été de courte durée mais les habitants sont déjà hantés par la peur. Les tristes souvenirs de la crise postélectorale de 2011 restent encore dans les esprits.

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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