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Alain Lobognon « rêve d’une nouvelle Constitution qui réconcilie les Ivoiriens. »

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Je rêve d’une nouvelle Constitution qui réconcilie les Ivoiriens.

La première semaine de Mai 2016 a été marquée de trois faits importants à mes yeux.
D’abord, le retour du débat politique pluriel et contradictoire, qui fait le charme de la démocratie. En l’espace de quelques jours, des positions sur la nécessité ou sur les mécanismes de la réforme de la Constitution ivoirienne ont été portées au grand jour. Grands pas. Progrès. Mamadou Koulibaly, Affi N’Guessan, Francis Wodié, Martin Bléou se sont publiquement et librement exprimés. Parce que le sujet semblait être abondamment commenté dans les salons privés.
Ensuite, un fait et non des moindres qui marque l’actualité, c’est la résurgence des violences liées au foncier. Ces violences qui en rajoutent au nombre de morts inutiles en Côte d’Ivoire méritent une contribution nationale pour une résolution définitive, parce qu’il n’existe aucun problème sans solution sur la terre des hommes.
Enfin, la question des échéances à venir et leurs équations sans cesse renouvelées quand pointe le calendrier électoral aujourd’hui dépendant du bon vouloir de l’organe chargé des scrutins électoraux en Côte d’Ivoire.
En tant que citoyen et élu du Peuple, j’ai longtemps rêvé voir la Constitution ivoirienne symboliser enfin le socle de la Nation qui réconcilie tous les Ivoiriens en réglant tous les problèmes électoraux et les problèmes fonciers.
Pour moi, il ne devrait pas avoir de débat possible tendant à justifier ou pas la nécessité d’une révision constitutionnelle ou d’une nouvelle Constitution en Côte d’Ivoire. La Constitution de 2000 est mauvaise. Elle est la racine du mal national qui a plongé la Nation des Pères fondateurs dans le chaos militaro-politique, conséquence aujourd’hui d’une course acharnée à la Réconciliation et à la Cohésion nationale. Il faut aux Ivoiriens une nouvelle Constitution. Et cette Constitution doit être la chose commune à tous les Ivoiriens. Le symbole d’une Nation forte que rien désormais ne devrait diviser. Cette Constitution doit emprunter au Président de la République son slogan des premiers jours de mandat, après la grave crise post électorale: « la Côte d’Ivoire rassemblée ».
La nouvelle Constitution ivoirienne doit être forgée dans le temps et enlever tout argument électoraliste aux partis politiques qui doivent concourir aux suffrages des électeurs à chances égales, au regard de nouvelles dispositions constitutionnelles. Cette Constitution fixera les périodes des élections, le nombre de représentants élus du peuple. Les député appelés « Représentants du Peuple » devront être désignés au scrutin proportionnel, par tout le Peuple de Côte d’Ivoire, sur une liste unique de candidats présentés par les partis politiques, selon un ordre préétabli respectant le nombre de régions consolidées par la Constitution. À mon avis, c’est à ce prix, que la Réconciliation entre les Ivoiriens sera une réalité quotidienne et personne ne se sentira exclu d’un système électoral consensuel. Cela réduira sûrement le coûts des élections en Côte d’Ivoire.
La nouvelle Constitution ivoirienne doit déterminer définitivement le nombre de Régions et de Communes nécessaire à la Nation pour son développement harmonieux par une constitutionnalité de la politique nationale de décentralisation. Imaginons cette Constitution qui déterminant les règles de gestion des Communes et des Régions ivoiriennes, fixe les moyens, les compétences et les exigences de bonne gouvernance afin d’éviter aux élus locaux de se tourner régulièrement vers le gouvernement pour faire réparer une pompe hydraulique à motricité humaine ou pour faire électrifier un village de 12000 habitants.
Il faut aux Ivoiriens une nouvelle Constitution qui fixera des règles nationales pour disposer des terres arables du pays afin que devant la Loi, tous les Ivoiriens soient effectivement égaux pour que cessent les conflits fonciers artificiellement maintenus depuis plus de cinquante ans.
Le débat constitutionnel ne doit pas être une foire aux empoignades politiques au détriment du Peuple qui a besoin de paix, de sécurité et de bien-être social. Armons-nous de courage et donnons à la paix en Côte d’Ivoire sa dernière chance.
Fraternellement.

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