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Adjamé-Mosquée : Illettrés et vendeurs de livres.

Bousculades de toutes parts, injures, klaxons de voitures, cris assourdissants de vendeurs. Bienvenue  à Adjamé. Commune marchande située en plein cœur d’Abidjan. Une sorte de centre commercial géant à ciel ouvert. Où se croisent, gare routière, marché et autres commerces.

Ce mardi 24 mai 2016, il fait beau temps. Ni soleil ardent, ni pluie. Les commerçants rivalisent d’ardeur pour  écouler leurs marchandises, le long de la voie principale qui part du “Carrefour de la mosquée” au “Marché forum”.  On y trouve de tout. Des objets de décoration, des articles de bureau, des appareils électroménagers, des vêtements. Au milieu de cette foire, notre attention est attirée par des vendeurs de livres. Il y en a partout.

Leurs livres sont exposés sur des étagères en bois ou à même le sol sur des cartons. Dans le jargon ivoirien on appel ce type de commerce : « Librairie-par-terre ». Des romans africains, français, des livres scolaires au programme ou des annales. Tout y est.

Sur certaines étables, il vous faut avoir une idée précise du livre que vous voulez acheter.  Car la plupart de ses « libraires de rue » ne savent pas lire.

« J’ai fait l’école coranique et donc ne sait lire qu’en Arabe. Pour vendre mes livres, je me réfère aux images qui sont sur la page de couverture. Ainsi j’arrive à attribuer un titre à chacun», explique Ahmed Oumar, installé à proximité d’un supermarché bien fréquenté de la commune.

A quelques pas de son étable, Mousa Bissim. Il est libraire depuis 2008. Ce jeune homme à peine sorti de l’adolescence tient à  partager son expérience.

« J‘ai arrêté les études en classe de CEI. Mais pour être sincère, je ne sais pas lire », avoue-t-il avant d’ajouter : « Chaque fois qu’un parent d’élève me tend une liste de fourniture, je demande à mes voisins qui ont un peu plus d’expérience ».  

Lessentiel vendeur de livre Adjamé 3

Pour bien mener son activité, Moussa a décidé de suivre des cours d’alphabétisation. Il y a à peine deux semaines, qu’il s’est inscrit en cours du soir. « Je paraîtrai moins ridicule devant mes clients», lance-t-il en riant.

Souleymane Touré un autre vendeur  trentenaire, a trouvé l’astuce pour ne pas dépendre des autres et assurer ses ventes.  « Quand j’achète des livres, je demande aux gens de m’expliquer les histoires qui y sont racontées. Ainsi j’arrive à faire un résumé à mes clients et à les convaincre d’acheter. Certains s’étonnent quand ils découvrent que je ne suis pas allé à l’école »,explique-t-il  fièrement.

Des concurrents pour les librairies classiques

La question de l’approvisionnement des livres est presque taboue. « Les romans viennent en gros et on va les chercher à Abobo-gare. Je ne peux rien vous dire de plus », la suite sur lessentiel.ci

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