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Par exemple, une fille est surnommée un « fichier ». Et pour lui faire des avances, il faut se « connecter » à elle

À Abidjan, les maquis et bars rivalisent autant par les services que par le type de musique distillée par leurs Disc-Jokers. Dans cette bataille pour attirer les clients, une nouvelle mode a vu le jour : les noms. Ils vont des plus simples au plus originaux. À ce propos, certains ont choisi d’exploiter des nouveaux sentiers : ceux de l’univers de la technologie.

Facebook. Twitter. Google. Selfie. Skype. Bluetooth. Wifi. Playstore… Non, vous n’êtes pas dans une boutique high-tech. Ce sont des noms de maquis, bars et boites de nuit de la capitale économique ivoirienne. Ces espaces de réjouissance ont choisi de porter des noms de réseaux sociaux ou d’applications numériques. Yopougon, Adjamé, 2-Plateaux, Abobo… On les retrouve partout. Découverte.

Première escale : Yopougon ou « la cité de la joie ». La plus grande commune de Côte d’Ivoire. Il est 19 heures. Nous arrivons au « PlayStore ». Un maquis situé au Quartier Sideci, non loin du Palais de Justice. L’espace est noir de monde, même s’il est nouveau dans l’univers des maquis et point chaud de la commune [ndlr : Il a ouvert le 13 mai 2016]. Le PlayStore est « la coqueluche du moment », selon les passants et les riverains. Avec un espace plein air, une terrasse et un salon-bar.

« Quand nous montions ce projet, le propriétaire et moi cherchions un nom facile à prononcer et qui pourrait accrocher. C’est ainsi que nous avons choisi PlayStore qui est une la plateforme de téléchargement d’Android », explique en rigolant « Blanc Marius », le manager.

Le PlayStore veut faire la différence. «Les Ivoiriens aime le confort. C’est pourquoi nous faisons tout ce qu’il faut pour contenter notre clientèle. Déjà dans les jours à venir nous allons nous doter d’une connexion internet pour que les clients surfent tout en consommant », confie le manager.

Au « carrefour Lubafrique » à Niangon, toujours à Yopougon, nous découvrons le Facebook. Meubles et décoration bleus. Aux couleurs du réseau social dont il porte le nom. « C’est un lieu de rencontre entre amis », revendique le manager.

google BarLe célèbre Twitter de Niangon-Coprim ou encore le Wifi au quartier Toits-rouges, en face de la brigade de gendarmerie complètent la liste (non exhaustive) des bars « connectés » que nous découvrons à Yopougon.

Direction Angré. Dans la commune de Cocody. Ici, nous retrouvons le Bluetooth ou le Selfie Lounge-Bar. « Le Selfie est l’action de se prendre soi-même en photo. Les jeunes aiment ça. C’est pourquoi le bar s’appelle le Selfie. On a voulu que les jeunes s’identifie à ce bar, [et] que ça leur plaise », indique le gérant.

Ces espaces « connectés » ont en commun d’être des genres de réseaux sociaux autour de la musique et de l’alcool. « Ici, on veut attirer le grand nombre. C’est pour cela que le coût des boissons n’est pas très élevé », explique le manager du Skype. Son maquis à ciel ouvert est situé dans la commune d’Adjamé près de la Gare-Nord.

Bien qu’ouverts à tous (un peu comme les réseaux sociaux), la cible principale de ces lieux de réjouissance reste les jeunes. La stratégie pour les attirer : la proximité. Ils sont tous situés sur les grands axes ou à des carrefours de grandes fréquentations.

[su_box title= »Encadré : « Fichiers » à télécharger. »]Dans ces maquis et bars, il n’y a pas que le nom qui soit connecté. Le vocabulaire l’est aussi. Par exemple, une fille est surnommée un « fichier ». Et pour lui faire des avances, il faut se « connecter » à elle tout seul ou par un(e) ami(e) qui vous fait le « branchement ». Si tout se passe bien, vous la « téléchargez » chez vous à la maison ou dans un hôtel où vous pourrez la « valider ». Mais, attention, il faudra penser à vous protéger pour ne pas prendre des « virus ». Mais la fille peut refuser vos avances. Elle vous dira : “Cliquez sur quitter”. ça veut dire, laissez tomber. Lisette Anoh[/su_box]

Lisette Anoh

lessentiel.ci

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