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Le triomphe sur soi-même condition de la bonne gouvernance démocratique.

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Le triomphe sur soi-même condition de la bonne gouvernance démocratique.

La leçon ultime de Barack Obama. 2ème Partie

En vérité, ce fut parce que Nelson Mandela triompha de lui-même dans le combat interne de la vertu qui oppose, in foro interno, chaque Homme à lui-même, qu’il put triompher de l’Apartheid dans le combat externe, temporel  en résistant aux diverses tentations qui s’enracinent dans la finitude humaine et auxquelles nous cédons tous parce que, comme le dit l’Apôtre, « Tout homme a son prix pour lequel

Dr Alexis Dieth Professeur de philosophie
Dr Alexis Dieth
Professeur de philosophie

il se vend et s’achète ». La victoire de l’homme sur lui-même dans  le combat interne de la vertu  assure, en chacun,  la prépondérance  de la volonté de l’homme nouménal (Homo noumenon) qui est sans prix sur celle de l’homme phénoménal (Homo phenomenon) qui se vend pour de l’argent et pour des privilèges. Elle fait l’homme politique qui se conçoit en humilité comme représentant temporaire de la Nation, serviteur de la Patrie et symbole de valeurs qui transcendent infiniment sa personne particulière. Elle fait naître en chacun le citoyen qui se sait et se sent coresponsable de l’Autre dans la Cité. Elle créé le dirigeant politique, le chef d’Etat, qui se sait responsable suprême du bien-être de la cité et qui fait passer l’intérêt général de la société globale et les intérêts particuliers de la diversité sociale avant les siens propres.Ce triomphe de l’homme sur lui-même dans le combat interne de la vertu donne naissance au sentiment moral qui permet à chacun d’éprouver de l’aversion pour les actions détestables et de faire des universaux  les mobiles de  sa volonté individuelle, les principes subjectifs de ses actions.

 On comprend alors que c’est par cette victoire interne de chacun sur sa propre servitude intérieure que les principes républicains et démocratiques d’Egalité, de Liberté et de Fraternité peuvent devenir des convictions subjectives pour le simple citoyen aussi bien que pour l’homme politique. Elle transforme ces principes en maxime d’une gouvernance républicaine démocratique et libérale.
 Cette victoire intérieure de l’homme sur lui-même dans le combat interne est la condition de la victoire sur les ennemis externes des nations. La cohorte des maux apocalyptiques temporels qui frappent les cités humaines naît de la défaite intérieure de leurs dirigeants et de leurs membres dans le face à face quotidien de chacun avec  soi-même. Le sous-développement économique et social, la prévarication politique, l’arbitraire du pouvoir dans les figures du despotisme, de la dictature et de l’autocratie, l’oppression, la négation des droits d’autrui,  résultent de cette défaite intérieure des hommes dans le combat interne de la vertu. Le mauvais usage de la liberté interne engendre nécessairement une existence temporelle  hétéronome dans laquelle la liberté externe est soumise à l’emprise des déterminismes externes.
Les dirigeants politiques  qui jettent par-dessus bord les principes de la bonne gouvernance au profit des tentations du pouvoir, des fastes et des privilèges ont cédé à la loi des membres et s’en sont rendu esclaves. La dérive oligarchique des compagnons de lutte de Mandela, la gloutonnerie multiforme meurtrière des dictateurs et des despotes africains, le scandale des « Subprimes » et des« Panama papers », résultat de l’avidité, sont les manifestations temporelles, les conséquences externes de la dépravation de la volonté qui procède toujours de la défaite de l’homme dans le combat interne de la vertu. L’aménagement des conditions externes, les réformes de l’économie et de l’Etat qui permettraient d’assurer le bonheur humain dans l’histoire, doivent être soutenus  par des aménagements qui permettent aux dirigeants et aux membres des cités humaines de faire de la vertu un habitus. Il faut produire, chez les dirigeants des cités et les citoyens, l’habitus de la vertu par l’imitation des modèles exemplaires et par la pratique répétée du triomphe sur-soi-même. Après Nelson Mandela, la présidence de Barack Hussein Obama est à l’intention des Africains, l’image typique du triomphe du dirigeant politique et du citoyen sur soi-même dans le combat de la vertu, condition interne d’une gouvernance démocratique exemplaire.
Les sketchs et l’humour par lesquels Barack Hussein Obama qui se moque de lui-même clôt son dernier discours aux correspondants de presse, complètent dans une intention pédagogique en direction de l’Afrique sub-saharienne pourrait-on dire, le message d’humilité d’un Chef d’Etat qui se savait serviteur et subordonné de la Nation et de la Patrie. Les plaisanteries et les sketchs de fin de mandat du Président Noir de la Nation la plus puissante du monde, qui a accompli avec sérieux son devoir de chef d’Etat sans se prendre au sérieux, et sans céder au péché d’orgueil complètent cette parole forte prononcé lors de son voyage en Afrique sub-saharienne en Juillet 2009 : L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts. Elle a besoin d’institutions démocratiques fortes. Le fait que les peuples d’Afrique sub-saharienne aient été sensibles au spectacle Obama du 2 mai 2016 après avoir été remués par ses paroles prononcées à Accra en 2009 signifie que le modèle de gouvernance démocratique illustré par Back Obama après Nelson Mandela est celui que l’Afrique Noire attend de toutes ses fibres. Le développement endogène dépend de la  bonne gouvernance démocratique d’un Chef d’Etat qui sert en toute humilité le peuple et ses intérêts souverains en dépassant son ego. Il dépend, de la même manière, de la participation et de la coresponsabilité des citoyens unis par un sentiment d’appartenance commune dans une société civile solidaire
Dr Alexis Dieth
Professeur de philosophie

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