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Notre Président a constaté que son attiéké et son alloco avaient augmenté, il a pris des mesures. Vous avez constaté que Yacou posait un problème à la Maca? Le problème a été réglé et ses complices avec désormais !

Or donc, notre esprit animiste est plus fort que tout en cette période de grande mobilisation pécuniaire. La nature et ses habitants nous accompagnent. Microbes, éperviers, pluie, tout y passe. Vous étiez contre la vie chère ?

Notre Président a constaté que son attiéké et son alloco avaient augmenté, il a pris des mesures. Vous avez constaté que Yacou posait un problème à la Maca? Le problème a été réglé et ses complices avec désormais !

Un problème avec les douanes, la saleté, le permis de conduire, l’emploi, la santé ? Téléchargés ! Désormais tout change, et un service unique d’utilité et de service public devrait sortir bientôt, #225estmieux, afin de soulager votre existence de contribuable et de citoyen. On a hérité aussi. Un nouveau nom, de nouveaux habits.

Ivoirité, ivoirien nouveau, on innove !

Non pas que notre logiciel soit différent, mais on évolue dans un monde tellement connecté, virtuel, merveilleux,  qu’il suffit de croire aux promesses et en se concentrant ça va venir ! Avant c’était avant. Et c’était pas bien. Aujourd’hui est « mié », c’est nouveau !

Et comme #ChezlesIvoiriens on aime les nouveautés et les gadgets, on achète le concept ! Demain, on ne peut pas vous dire, mais essayez déjà le « maintenant ».

Vous étiez inquiet sur l’impunité et l’inertie sur les Microbes, à défaut des moustiques ? Et pof, on a même repris le nom d’une opération extérieure française, et l’Epervier est arrivé pour embarquer 248 « microbes » mi-enfants, mi désœuvrés, 200% violents et découpeurs. Incroyable !

Donc pour la corruption et nos autres maux, continuez à demander ça devrait venir.

A bien y regarder, les choses « complesses » deviennent simples finalement, toujours un besoin de « dialogue direct » et de la volonté.

Mais on ne peut s’empêcher de réfléchir un peu tout de même face à ce nouvel élan d’écoute et d’osmose nationale sur au moins deux questions un peu frar :

  • Quelle est notre conception de la gouvernance, des institutions et de la démocratie ? Devons nous fonctionner comme dans les années 1960 en situation de pensée et de parti unique ?
  • A quoi sert un Gouvernement qui couterait 200 millions de FCFA par mois, si le Président demeure celui qui doit dire, faire, écouter, rectifier et décider ?

Mimocratie

En matière de démocratie tout a été dit, et surtout son contraire.

ethniesL’esprit politicien dirige depuis longtemps une évolution du monopartisme vers un multi voire hyperpartisme qui finalement, en 26 ans (une génération), s’est mué en deux parti et demi. Le FPI pèse désormais officiellement 9% face aux 46% de 2010.

Certes Laurent Gbagbo, président déchu est à la Haye, certes Simone Gbagbo est en prison en Côte d’Ivoire avec une première condamnation et un second procès qui débutera bientôt, certes le FPI est divisé, mais il est a penser que son poids, réunifié ou non, approche davantage les 20/25% composé de militants de quatre tendances, syndicales, enseignantes, socialistes et régionalistes, sur Abidjan, le Sud Ouest, une partie du Sud Est et le pays Agni.

Bien sûr, Les suiveurs de Gombo ont basculé de l’autre côté, jurant la main sur le cœur que « Jamais Ô grand jamais » ils n’étaient avec Gbagbo tendance Monsieur ou tendance Madame et que « Jamais Ô grand Jamais » ils ne déjeunaient à leur table pour mieux se moquer de leurs manières. Pour les businessmen n’ayant pas négocié leur retour avec Hamed Bakayoko (ministre de l’Intérieur de la Sécurité), la disgrâce et la “bienmalacquité” n’ont toujours pas trouvé leur médicament, Charles Kader Gohoré peut en témoigner dans sa dernière tentative foot balistique

Combine raison

Dans un contexte normal, les prochaines élections législatives seront donc un marqueur stratégique de la vie politique ivoirienne pour au moins deux raisons.

Tout d’abord on connaîtra la vraie sociologie et le vrai poids politiques de chacun des deux partis et demi et peut-être le FPI redeviendra-t’il un 3ème parti à part entière. Nous assisterons à une recomposition, avec la création d’un nouveau parti et des alliances. Le Lider et d’autres dissidences de chapelles pouvant réitérer un front anti ADO. L’enjeu réel est de prendre de l’avance pour la présidentielle, dans un contexte de décentralisation, de fronde sociale et de recomposition de l’échiquier politique.

Le temps de positionner de nouveaux partis ou des fusions et peser dans la tranche du 5-10% pour jouer les incontournables, face à un PDCI et un RDR qui aurons à gérer une fusion impossible, une après-chef et le bal des ego et des aigreurs.

Le second intérêt sera de qualifier notre belle démocratie suivant l’agenda réel qui sera adopté pour ces législatives et plus précisément.  Alors que le PDCI bat déjà campagne et mobilise depuis des semaines partout en Côte d’Ivoire sans forcément le dire, alors que des prises de positions latérales se font ici et là, nous aurons bientôt la réponse du menu électoral. Le référendum se fera-t’il avant ou après ?

La réunification du PDCI se fera-t’elle avant ou après ? Combien de valises seront en jeu pour convaincre les uns et les autres ?

Un congrès du PDCI viendra-t’-il consacrer ce que pensent ses membres de son PCA ? Déjà de nouveaux porte-paroles déclarent dans un quotidien de la place « le coup d’état de 99 n’a pas effrité notre ferveur ».

Face à ces combinaisons possibles, la lecture de notre intention démocratique, sera évidente.

Alors nous saurons si Guillaume Soro restera au RDR ou constituera son Parti politique transverse, si le PDCI se divisera à nouveau avant de se réunifier dans quarante ans, et si les petits partis convergeront vers un parti medium dans l’hypothèse où le FPI se recompose. D’un triangle nécessaire pour emporter l’échéance ultime dans quatre ans, nous saurons si nous allons vers un carré ou non.  Le taux de participation sera alors essentiel.

Aucune élection ne s’est jouée depuis 2010 à plus de 50 voir 46% et la dernière, quand bien même affichée à 54%, se situerait entre 34 et 36% en réalité.

Les réservoirs de voix se font à l’intérieur et donc avec un ancrage de proximité solide et durable, en complément de positions tactiques dans le grand Abidjan. Le plateau ne pesant rien, juste un symbole. Le FPI semble vouloir arrêter la politique de la chaise vide qui n’a jamais réussit à aucun parti dans toutes les combinaisons déjà tentées.

Peut-être que LA question de fond pourra enfin être débattue. Loin des extrêmes débordements habituels, orduriers, sans arguments et lassants que les extrêmes de chaque camp, en mode pensée unique et répétition, nous servent depuis.

A bien y regarder, et à quelques modalités économiques près, ce sont les mêmes, il n’y a qu’eux qui ne le voient pas. Manipulés et lobotomisés. Quand la greffe prendra, une conscience politique émergera et les cartes seront redistribuées. Le premier parti politique qui formera des esprits libres et critiques, contribuera à la remise en cause des apprentis politiciens qui mangent notre démocratie.

Les idées étant plus importantes que les personnes dans tout débat et notre volonté de cesser tout recours à la violence notre destin commun. Nous avons été la honte du continent.

L’Histoire se répète

Si, en l’absence du contexte qui prévalait en 2010 et du statut, disons spécial de l’ONUCI dans la surveillance et la publication des résultats, une situation semblable se présentait «  en 2020 », quelle serait notre réaction et à quel niveau notre résilience et notre apprentissage sur nous-même se situerait-t ’-il ? 

lhistoire se repèteAfin que l’Histoire ne se répète pas, et parce que les outils institutionnels ne peuvent fonctionner que si on ne les détournent pas de leur objet initial, et parce que les futurs débats sur notre constitution approchent et que la dernière décision avant les élections était tout sauf juridique (relative au sujet de l’article 35 et du fait que le Président de la République ne puisse être président d’un Parti), la question se pose aussi en matière d’institution. Sont-elles fortes comme l’appelait de ses vœux le Président Obama, président de la Première Démocratie du Monde (après l’Inde…) et qui ne viendra donc pas visiter notre beau pays nouveau ?

En 2010, la reprise du second tour était évidemment la seule décision sage et juste à opérer, quelles que soient le niveau de tricherie, et Bédié, bien avant le camp Gbagbo et Ouattara aurait dû l’activer, grand perdant, à double titre de ces élections pitoyables après les calamiteuses de 2000.

Le déni de démocratie s’est situé certes avec notre façon de faire des commissions électorales et un conseil constitutionnel aux ordres, toujours.

En amont de la CPE et Laurent Gbagbo lui même le confiera plus tard, comme il l’a fait à Guillaume Soro, à certains de ses proches et au premier ministre kenyan, son camp avait bel et bien perdu et devait passer la main. Et rien, rien ne pouvait justifier le recours à la violence, le braquage des banques régionales, l’emploi de mercenaires, et la mise en danger des populations. Rien, aucun des 3000 morts officiels incluant ceux de Duekoue, ne pouvait l’y autoriser. Le sang a coulé et on l’a vite oublié, pas tous. Pas tous.

Le dossier de la réconciliation a été bâclé et n’ira nul part. C’est inqualifiable mais c’est ainsi. Il appartient à la fraternité ivoirienne de faire le travail, sans l’Etat, sans les spectateurs passifs de cette plaie nationale. Famille par famille, voisin par voisin, ennemi par ennemi.

Le Woody serait sorti par le haut avec une capacité évidente de reprendre la main 5 ans plus tard, combattant et opposant dans l’âme et jamais aussi bon que dans l’adversité.

Un second second tour, aurait tout changé, même si les résultats n’auraient guère évolués et notamment sur les résultats du FPI, bien au contraire. Tout le monde le sait.

Les baoulé ont écouté le Sphinx et son appel à « voter le mossi », la volonté de changement était plus forte, malgré la main-mise sur le pouvoir coûte que coûte.

La fragilité de l’équilibre actuel du RHDP tient précisément son origine à ce niveau et moment là. Ne pas l’intégrer est une faute politique.

Certes les 86% de participation du premier tour nous honore, un record du monde, qui représentait cependant davantage une envie de changer et quitter cette violence et ces dérapages incontrôlés dans lesquels nous tentions de survivre à n’importe quel prix.

Qu’en sera-t’il demain ? Quelle sera la motivation des votes ? Pour quel projet ? N’aura-t’on pas tout essayé avec pour dessein de passer à un autre chapitre de notre histoire : celui de progresser tous ensemble et bâtir une nation ou alors de décider de passer à une fédération de quatre région ?

Gouvernement, ça ment !

gouvernement

Nous ne sommes plus en période de crise ou de post-crise comme aime à dire les institutions internationales et les grands donateurs.

On salue notre croissance nationale et nos champions en devenir et il semble qu’on nous promette 30% du PND2 en terre parisienne.

Nous pouvons donc opter pour une composition gouvernementale en rupture avec le schéma mis en place depuis 1999 et que chaque parti puisse préparer, comme la démocratie le réclame, les futures échéances législatives.

Une équipe de 36 ministres et deux gouvernements,(un présidentiel et un sous la responsabilité du Premier Ministre) peut donc désormais opter pour des critères, sommes toutes modernes pour nous autres ivoiriens nouveaux.

Les critères sont connus et les référents de l’émergence sont tous passés par le même chemin. Les modèles, Singapour par exemple, allant jusqu’à faire un appel à candidature pour choisir le premier Ministre. Ils l’ont dit ici même lors d’un Forum consacré à l’Emergence : Pas d’Emergence sans une administration professionnelle.

Notre ambition étant de rejoindre le top 50 du doing Business, les leviers sont donc bien connus ; administration, corruption, foncier et justice. Et la fiscalité ?

Car c’est bien connu on ne pas fait pas du neuf avec du vieux. Et des vieux ministres, il y en a, et nous au pays, on sait s’occuper de nos doyens, qui ont souffert toutes leurs vies, ont travaillé d’arrache pied et qui méritent de dépenser leur retraite que nos impôts et l’Etat leur a permis de se constituer depuis 17 ans.  Tout de même, pensons un peu à honorer ce sacrifice qui dure depuis si longtemps.

Imaginez une cérémonie, nationale, historique, à la manière de la Flamme de la Paix à Bouaké, qui viendrait mettre un terme à cette transition de notre histoire et nous faire basculer dans le nouveau chapitre de nos vies en n’oubliant pas de bien remercier ces commis de l’Etat en leur offrant des fonctions honorifiques de choix.

Plus besoin de remercier tel parti de nous avoir envoyer un fils de sa région. Les critères  redevenant, ceux de la compétence,  l’intérêt général, la conduite du changement, le leadership, les talents de communicant, et surtout, une capacité d’exécution sur le terrain, en écho avec la vision présidentielle et en lien avec les réalités quotidiennes nationales et communales.

Des ministres courageux, à la probité irréprochable, au travail, sans sirènes, sans privilèges que celui de mouiller le maillot national, et surtout, des ministres qui nous épatent, nous rendent fiers et nous fassent vibrer par leur aura, leur humilité, leur connaissance, et nous élèvent avec eux, au sens propre, comme au sens figuré.

Wake up !

Et puis notre PRADO a besoin de cohérence et de support, la période est difficile et 2016 tout aussi importante que 2010, davantage peut-être car finalement, tout se joue cette année.

Une manière aussi, de montrer à nos pairs, à nos anciens, aux compagnons, que, comme sous FHB, les talents ivoiriens se mettent au service de l’Etat de Côte d’Ivoire.

Une manière de passer à notre 3ème République. Un fait historique marquant des institutions fortes et acceptant pour les générations futures de baliser les tentatives que nous ne souhaitons plus connaître et nous prémunir de toute attaque à notre crédo : une paix durable, un comportement.

Le remaniement prochain, étant tout a fait indiqué pour lancer cette nouvelle étape achevant la réconciliation nationale, des citoyens entre eux mais aussi des citoyens et des contribuables avec l’Etat et son administration et vice et versa.

En somme, un gouvernement nouveau, pour un pays nouveau et des Ivoiriens nouveaux. Esthétique pure. Esquisse maîtrisée, Edifice retrouvé, ellipse totale !

DRIINNNNNNNNG !!!!!!!!!

Mince, encore ce satané réveil qui n’a pas fonctionné, et qui se déclenche en retard !!! Et ces rêves qui n’en finissent pas…encore en retard comme toujours ! Le temps de prendre une douche rapide et m’entasser dans mon gbaka en priant fort d’arriver au bureau en vie.

On parlait de quoi déjà ?

Hyacinthe Kouamé

lessentiel.ci

 

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