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A la lecture du comité d’experts  chargé d’élaborer le projet de constitution, j’ai tout de suite pensé à la liste des membres du jury d’une soutenance de thèse  en droit ou en science politique. L’impétrant serait vraiment heureux car, avouons- le, la liste est constituée de têtes bien faites.
Le problème, c’est qu’il s’agit  de la constitution, l’affaire de tous les ivoiriens. Le diplôme ne décrète pas la sagesse publique. La sophocratie n’est pas la démocratie. Et les historiens, les sociologues, les économistes, les ethnologues, les anthropologues.. n’ont-ils pas  de mots à dire ? Et les jeunes, plus de la moitié de la population ? Et le monde agricole, paysan ? Et les travailleurs ? Et les politiques ? Et les journalistes ? Certes, le communiqué précise que certains membres du corps social seront consultés. C’est bien. Seulement, on sait, depuis Mao, que les conseils, on les demande n’ont pas pour les suivre, mais pour s’éclairer. De ce qui précède,  ces consultations prennent valeur d’avis dépourvus de toute valeur juridique.
En Côte d’ivoire, nous avons un rapport difficile avec la Démocratie et le Suffrage Universel. Pour preuve, d’abord, on a  instauré le suffrage censitaire en fixant à vingt millions le droit d’être candidat à l’élection présidentielle. Le pauvre devient, politiquement, un incapable. En sus, si tu n’as pas plus de quarante ans tu ne peux pas devenir Chef de l’Etat. Oui, la jeunesse est une négation politique. Vive la gérontocratie.  Maintenant, si tu n’es pas juriste tu ne peux pas participer au projet d’élaboration de la constitution. Un pas vers le suffrage capacitaire ?
A l’observation, si nous voulons être un pays émergent, il nous faut revoir notre lecture de la notion  de « Démocratie ».
Geoffroy-julien Kouao
Juriste et analyste politique.

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