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12 000 milliards de dollars volés dans les pays les plus pauvres de la planète : la conclusion étourdissante de l’enquête d’un économiste ayant compilé 45 ans de statistiques officielles

En croisant les statistiques officielles de 200 pays sur 45 ans, un économiste a calculé qu’environ 15% de la richesse mondiale aurait été volée.

 

après les calculs d’un économiste d’investigation qui a épluché 45 ans de statistiques officielles, les sommes détournées par l’ensemble des kleptocrates de la planète avoisineraient les 12 billions de dollars. Par kleptocrates, on entend les dirigeants de régimes qui s’enrichissent par le vol des ressources publiques, et pratiquent à grande échelle la corruption et le blanchiment d’argent pour dissimuler l’origine de leur richesse.

L’argent est dissimulé offshore

Ce serait donc 150 nations, pauvres pour la plupart, qui auraient été pillées et dont l’argent aurait été dissimulé offshore, selon le Daily Beast – d’une somme énorme, 12 000 milliards de dollars.

Un vol qui expliquerait en grande partie pourquoi un grand nombre de personnes vivent dans une immense pauvreté alors même que dans leur pays le PIB par habitant est supérieur à la moyenne mondiale. C’est le cas, par exemple, de la Guinée équatoriale dont le niveau de vie est catastrophique alors même que son PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat est en théorie plutôt bon.

15% de la richesse mondiale serait passée dans la clandestinité

Alors même que ce pays est le troisième producteur de pétrole de l’Afrique subsaharienne, en 2014,son indice de développement humain (IDH) le classe en 138ème position sur 188 pays… Ces 12 000 milliards de dollars, qui représentent les deux tiers du PIB annuel des Etats-Unis, ont été prélevés sur les économies des pays pauvres depuis les années 1970. Si l’on ajoute l’évasion fiscale et les activités criminelles comme le trafic de drogue, le nombre avoisinerait les 36 billions de dollars. En 2014, la valeur nette de la planète Terre était estimée à environ 240 000 milliards de dollars, ce qui signifie que 15% de la richesse mondiale serait passée dans la clandestinité.

Il suffit de croiser les données pour résoudre l’énigme

Ces 12 000 milliards de dollars proviennent de la comparaison des données statistiques du FMI et de la Banque mondiale, complétées par des chiffres de l’ONU et de la CIA. Statistiques que personne jusqu’à présent ne s’était donné la peine d’analyser.

Jim Henry, ex-avocat, ancien économiste en chef chez McKinsey&Co et qui se définit aujourd’hui comme économiste d’investigation, a décrypté 45 ans de statistiques officielles du monde entier, publiées par 200 pays. Son approche est simple : « Il suffit de regarder les données et de résoudre l’énigme » de l’inadéquation entre les différentes sources officielles, explique-t-il. De sa maison près de la pointe de Long Island aux Etats-Unis, Jim Henry a laborieusement construit des feuilles de calcul pour mettre à jour les fuites de capitaux. L’homme a également été consultant sur le scandale des Panama Papers, a publié certaines de ses conclusions lors d’une réunion de la Tax Justice Network, à Londres, et a partagé ses informations avec le Daily Beast.

Ils achètent de luxueuses maisons et des yachts

Les kleptocrates ne sont pas les seuls à piller les richesses de leur pays. Une partie est aussi prélevée par des hommes d’affaires qui placent leurs avoirs dans des paradis fiscaux. Non par crainte d’une trop forte taxation (les impôts sont faibles dans la plupart de ces pays), mais par peur de se les voir confisqués. L’argent des kleptocrates et de ces hommes d’affaires peu scrupuleux atterrit en Suisse, aux Etats-Unis et dans des protectorats britanniques comme les Bermudes et les îles Caïmans. Beaucoup de ces kleptocrates utilisent des sociétés fictives pour stocker leurs avoirs dans des actifs improductifs – des maisons de luxe, des appartements de luxe dans les grandes villes du monde, des yachts, etc.

Réformer les banques pour empêcher les kleptocrates de dormir

Jim Henry fait remarquer que les services bancaires suisses ont les coûts les plus élevés au monde car leurs clients sont indifférents aux prix. Ils sont prêts à payer cher pour avoir l’assurance que leur fortune ne leur sera pas confisquée s’ils sont contraints à s’exiler. Une part croissante de ces fortunes s’entasse également dans des ports francs sous la forme de lingots d’or, de bijoux, de tableaux, de sculptures. L’achat d’art par les kleptocrates aurait contribué à la hausse rapide des prix de l’art au cours des dernières décennies.

Pour Jim Henry, il devient urgent d’entreprendre « une large réforme des banques, de sorte que les kleptocrates ne dorment pas bien la nuit« .

atlantico.fr

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